Port du masque : D’accord sur le principe, moins sur les modalités

 
14 juillet 2020

L’annonce ce lundi que le couvre-visage serait obligatoire dès samedi prochain dans les lieux publics fermés du Québec a provoqué une foule de réactions.

ARQ : « Le rôle de la police »

L’Association Restauration Québec a ainsi dénoncé le fardeau supplémentaire imposé aux restauratrices et restaurateurs « en les obligeant à remplir le rôle de la police pour s’assurer de l’application de la mesure, sous peine d’amendes ».

« L’ARQ ne remet pas le bien-fondé de cette mesure en question, mais bien l’énorme gestion qu’auront à faire propriétaires et employés avec la clientèle, quand on sait qu’une partie de celle-ci est réfractaire aux normes déjà exigées par la Santé publique. L’Association croit que, dès l’entrée en vigueur de la disposition, les sanctions devraient plutôt viser les clients récalcitrants au lieu du commerçant et être distribuées par les corps de police de la province », regrrette l’ARQ dans un communiqué.

FCEI : « Pas très équitable »

De son côté, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) « prend acte » de l’annonce du gouvernement Legault et constate qu’il est « minuit moins cinq avant qu’une deuxième vague de contagion de la COVID-19 ne survienne ». « Dans ce contexte, les entrepreneurs comprennent et respectent la décision du gouvernement qui demeure de loin préférable à une autre ronde de confinement. Toutefois, la santé publique est une responsabilité partagée. Demander à la petite entreprise d’être entièrement garante des actions des consommateurs, qui pourtant échappent à son contrôle raisonnable, et lui imposer des amendes ne semble pas très équitable », souligne Gopinath Jeyabalaratnam, analyste principal des politiques à la FCEI.

La FCEI dénonce les nombreuses questions et zones d’ombre subsistant dans ce dossier. « Qu’arrivera-t-il si le client refuse d’obtempérer et de se conformer à la directive ? Et dans un tel cas, serait-il juste d’imposer une amende au commerçant ? », s’interroge-t-elle ainsi.

« À ce jour, seulement 20 % des entreprises québécoises réalisent à nouveau leurs revenus habituels pour cette période de l’année. Beaucoup ne peuvent donc pas se permettre de perdre des clients et se chargeront de fournir l’équipement nécessaire à leurs propres coûts. D’autres, ne veulent tout simplement pas être obligés d’expulser un client ou de lui refuser un service, s’ils pensent que cela mènera à une altercation. L’expulsion physique d’une personne devrait uniquement relever du ressort des forces de l’ordre. Pour toutes ces raisons, nous demandons au gouvernement une période de carence avant d’imposer d’importantes amendes aux commerçants », a conclu Gopinath Jeyabalaratnam.

FCCQ : « Responsabiliser les individus »

Enfin, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) se dit « préoccupée par les pénalités que pourraient subir les entreprises » et aurait souhaité que la responsabilité soit « plus clairement partagée » entre clients et entrepreneurs.

« Bien que nous comprenons la décision, nous craignons néanmoins les possibles conséquences que ces responsabilités auront sur les entreprises. Il serait nécessaire de responsabiliser davantage les individus pour leurs actes, dans le respect des mesures », note Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ, pour qui « les commerçants ne devraient pas être les uniques responsables du comportement des individus ».

(Sur base de communiqués. Crédit photo : Quinn Kampschroer / Pixabay)

Mots-clés: Québec (province)
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