Permis d’alcool : l’industrie respire enfin

14 juin 2017 - Par Pierre-Alain Belpaire

« Merci André ! » « Bravo messieurs ! » Des cris de joie et de fervents applaudissements pour accueillir un député et un ministre, ce n’est guère fréquent. Surtout lorsque l’audience est principalement composée de représentants de l’industrie de la restauration et des bars.

Ce mercredi, sous un soleil de plomb, c’est pourtant cette chaleureuse réception qui attendait, au cœur de la Grande-Allée, Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique, et le député de Jean Lesage, André Drolet. Les deux hommes avaient une annonce de poids à livrer, attendue depuis des lustres par les professionnels : l’allègement du fardeau administratif des titulaires de permis d’alcool.

Jusqu’ici, le règlement imposait aux tenanciers et propriétaires d’être titulaires d’autant de permis d’alcool qu’ils comptaient de pièces et terrasses dans leur établissement. Désormais, un seul permis par catégorie suffira. « De 22 000 permis, on devrait passer à environ 14 000 à l’échelle de la province, se réjouissait André Drolet. Près de 50 % des 11 740 titulaires de permis de restaurants et de bars sont concernés par ce changement important. » Le coût des permis est quant à lui revu à la baisse, passant de 617 $ à 563 $.

Par ailleurs, en cas d’infraction mineure ou de léger manquement, des sanctions financières seront préférées aux actuelles suspensions et révocations de permis. Une absence de timbre sur une bouteille – « Qui n’a jamais vécu ça ? », s’interrogeait le député libéral – amènera au paiement d’une amende plutôt qu’à une convocation devant la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ). Publiées ce mercredi matin dans la Gazette officielle, ces modifications devront être soumises à l’approbation du gouvernement Couillard dans 45 jours.

« Je suis fier de vous avoir simplifié la vie », soufflait André Drolet, lui-même restaurateur durant une large partie de sa carrière. « André, c’est un gars de votre gang, un passionné de la défense de votre industrie, rappelait d’ailleurs le ministre Coiteux. Votre industrie est importante, elle fait travailler du monde, mais elle a besoin d’oxygène. Et quand c’est le gouvernement qui lui retire de l’oxygène, c’est au gouvernement de se poser des questions. » Face aux micros et caméras, le ministre assurait que cette annonce n’était que la première d’une longue série. « C’est juste l’apéritif. C’est le début d’une nouvelle ère pour l’industrie de la restauration et des bars. » Sans vouloir donner davantage de détails, l’élu indiquait ainsi que la RACJ, notamment, serait prochainement réformée. « Soyez sans crainte, chers amis, le meilleur est à venir ! », confirmait André Drolet, sous une nouvelle salve d’applaudissements.

Voilà des années que l’Association des Restaurateurs du Québec attendait avec une grandissante impatience de telles mesures et de telles promesses. Lors de la présentation du budget provincial en mars dernier, François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’organisme, confiait même qu’ « au train où vont les choses, le dépoussiérage de la Loi sur les permis d’alcool et de la Loi sur les infractions en matière de boissons alcooliques mettra 50 ans à se concrétiser ». « Il faut croire que le train a accéléré, rebondissait-il ce mercredi, sourire en coin. Ce dossier, nous le suivons depuis le début des années 2000. Le travail acharné porte ses fruits, c’est heureux. Et le fait d’avoir en face de nous quelqu’un connaissant l’industrie, qui suit ce dossier, ça aide aussi. »

Alors que certains s’étonnaient qu’il ait fallu attendre autant d’années avant que de telles décisions ne soient prises, le ministre Coiteux bottait en touche. « Nous avons été élus en 2014. Faire bouger les choses demande un peu d’audace, un minimum de temps et un budget en équilibre. » François Meunier préférait, lui aussi, oublier les âpres années de bataille pour se concentrer sur le délicat goût de la victoire. « C’est un gain exceptionnel, on ne peut que se réjouir aujourd’hui. »

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