Partage des pourboires : La charge de Pierre-Yves McSween

4 juin 2018 - Par Pierre-Alain Belpaire

Dans une chronique publiée la semaine dernière sur lapresse.ca, le célèbre et médiatique comptable Pierre-Yves McSween s’est penché sur l’épineuse question du partage des pourboires, « qui représente un dossier fiscal complexe ». À ses yeux, la récente sortie de certains professionnels sur le sujet manque de transparence et serait motivée par l’envie de réduire les coûts fixes. « En diminuant ou en faisant stagner le salaire de base des employés de cuisine, on partage le risque d’affaires avec ceux-ci. L’employé ne déclare pas 100 % de ses pourboires, cela permet à ce dernier et à son employeur de payer moins de charges sociales (par exemple : RRQ). Ainsi, on réduit le risque d’affaires du restaurateur. On transfère des serveurs aux employés de cuisine une partie du risque de fluctuation des revenus. »

« En partageant différemment les pourboires de façon officielle d’un établissement à l’autre, on complexifierait le travail des autorités fiscales, poursuit-il. Avec une telle façon de distribuer les revenus, Revenu Québec ne pourrait plus appliquer la règle du 8 %, il faudrait analyser chaque commerce individuellement, cela complexifierait les procédés analytiques et les enquêtes. »

Assurant ne pas vouloir « cracher sur les restaurateurs », Pierre-Yves McSween estime que « le débat public sur ce sujet manque de nuances sur la fraude fiscale de l’industrie : c’est l’angle mort de la sortie publique des restaurateurs ».

La chronique n’a évidemment pas manqué de faire réagir l’Association des restaurateurs du Québec. Président du CA de l’ARQ, Vincent Arsenault souligne que « Pierre-Yves McSween a une bien mauvaise opinion des gestionnaires de la restauration ». « Il y a des pommes pourries dans tous les domaines d’activités et il est malheureux que ses propos soient présentés sans nuance en mettant tout le monde dans le même panier. (...) Le plus déplorable est qu’il laisse planer le doute que la demande de notre industrie d’accorder aux employeurs de la restauration le droit de mettre en place une politique de partage des pourboires dans leur établissement, s’ils le souhaitent, est une façon d’éviter de payer des charges sociales allant en plus jusqu’à affirmer que cela "complexifierait le travail des autorités fiscales". »

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