Musique et affaires : la parfaite harmonie

30 août 2016 - Par Pierre-Alain Belpaire

Nigel Rodgers aime le silence. Ce grisonnant Londonien est entré en guerre contre la musique d’ambiance, « aussi nocive que le tabagisme passif ». À grand renfort de lettres, tracts et manifestations, cet écrivain et les quelque 2000 membres de son association, Pipedown, font pression sur différents grands noms de l’économie britannique pour que cesse la diffusion de musique dans les échoppes et enseignes. Et après 24 ans de lutte, Nigel Rodgers vient de remporter une historique victoire. La célèbre chaîne Marks & Spencer a en effet annoncé qu’elle capitulait et cessait de diffuser mélodies et chansons dans ses populaires boutiques. Satisfaite, Pipedown ne compte pas en rester là et espère réduire au silence de nombreuses autres marques.

« À ma connaissance, ce mouvement n’existe pas au Québec ni au Canada », sourit, soulagé, Giuseppe Bocchino. « Ce serait plutôt l’inverse : lorsque s’installent ici des marques internationales ou des propriétaires étrangers qui ne diffusent pas de musique, ils vont bien souvent s’adapter et opter rapidement pour un fond sonore », observe le gestionnaire adjoint, responsable de la création d’affaires et des relations avec les fournisseurs au sein de la SOCAN, la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique.

Véritable identité

Car le consommateur canadien semble avoir l’oreille musicale. D’après un sondage effectué l’an dernier par la firme Léger [3], 28 % des Canadiens ont une réaction négative en franchissant les portes d’un restaurant ne diffusant pas de musique. Un chiffre qui explose (47 %) lorsqu’on consulte uniquement la génération des 18-34 ans.

La majorité des répondants affirment être susceptibles de profiter davantage d’un repas ou d’une boisson et de rester plus longtemps dans un établissement lorsqu’ils y entendent de la musique ou que des artistes s’y produisent. Et plus des deux tiers des Canadiens estiment que l’ambiance sonore influence leur décision de retourner dans un restaurant ou de le recommander à leurs proches.

« L’avantage de diffuser de la musique est difficilement quantifiable mais il est indéniable », indique Giuseppe Bocchino. « La musique contribue à l’image, à l’identité d’un restaurant. Ainsi, un restaurant « ethnique » qui ne diffuserait pas de musique « ethnique » commettrait sans doute une erreur. Quand le public choisit un restaurant, il cherche un concept, une image. La musique participe à cette identité, donne de la valeur à l’endroit. »
« Montez le son : la musique alimente le commerce », étude SOCAN / sondage Léger

Adaptez-vous, qu’ils disaient...

Volume, style, tempo, … : pour coller au mieux au branding de l’établissement, la musique diffusée doit être minutieusement étudiée. « Mais l’idée que cela passe forcément par de coûteuses et lourdes dépenses est fausse. Dans bien des cas, investir un minimum dans la qualité du son et la modernité des outils suffira », précise l’expert de la SOCAN [4]. « Il faut par contre connaître sa clientèle et s’aligner sur ses attentes et ses goûts. »

Durant un important festival de jazz par exemple, pourquoi ne pas délaisser la musique contemporaine que vous diffusez habituellement et opter pour quelques notes de saxophone ou de clarinette qui satisferont à coup sûr les amateurs présents dans votre établissement ? « Une fois encore, la règle est simple : écoutez votre clientèle et adaptez-vous... »

Pour suivre la SOCAN :

(Crédit photo : SOCAN et Pixabay)

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