Multiplication des foires alimentaires : « L’évolution naturelle de la restauration »

 
15 janvier 2020 | Par Marie-Ève Garon

Les habitudes des consommateurs en termes de restauration ont évolué au cours des dernières années. De nouvelles façons de faire sont apparues, qui correspondent non seulement aux préférences actuelles des clients, mais également à une éthique de consommation plus responsable. La création d’espaces gourmands communs tels que les foires alimentaires permet à une clientèle avisée (ou non) d’avoir accès à des produits frais et à un savoir-faire de qualité et de vivre une expérience globale pour le moins optimisée.

Déjà très populaires sur la scène internationale, les foires alimentaires (food hall), qui tendraient à séduire les clients avec des valeurs d’authenticité et de transparence, proposent un concept qui commencent sérieusement à prendre forme au Québec. Pour Christian Latour, professeur en techniques de gestion de services alimentaires au Collège Mérici et président du Groupe Sherpa International, la raison de cet engouement s’avère très simple : « C’est une excellente idée ! L’évolution des besoins des consommateurs fait en sorte qu’aujourd’hui on veut avoir le plus grand choix possible. Et il y a quelqu’un qui a compris qu’on pouvait regrouper une offre alimentaire extrêmement variée, à un coût raisonnable, sous un même toit. »

Un modèle d’affaires florissant

À l’automne 2020, la Capitale-Nationale se dotera d’un hall gastronomique avec Le District Gourmet pour un investissement chiffré à 24 millions $. Du côté de Montréal, après les ouvertures récentes du Central et du Time Out Market, le Cathcart Restaurants et Biergarten ouvrira ses portes, à la Place Ville Marie, le 23 janvier prochain.

« Dans le cadre du Projet Nouveau Centre, avec un investissement de plus de 1 milliard $ de la part d’Ivanhoé Cambridge dans ses propriétés phares du centre-ville, on a voulu effectuer non seulement la revitalisation de l’Esplanade, mais également repenser entièrement l’offre alimentaire de la galerie marchande de la Place Ville Marie », mentionne Katherine Roux-Groleau, porte-parole d’Ivanhoé Cambridge. Pour ce faire, le leader de l’immobilier a fait appel au groupe A5 Hospitality (à titre de gestionnaire) afin de redonner un espace de vie aux travailleurs et aux résidents du centre-ville. « On vient répondre à un besoin et créer un nouveau dynamisme », ajoute la porte-parole.

L’espace revampé, qui se veut à la fois une aire gastronomique et un lieu de rassemblement, abritera Le Biergarten, situé sous le pavillon de verre, ainsi que trois restaurants avec service (Akio, Pizza Del Fornaio et la brasserie Mirabel), neuf comptoirs et deux cafés, totalisant près de 1 000 places assises. « Je crois que cette nouvelle approche concernant les aires de restauration va simplement ramener les gens au centre-ville et leur donner une raison de plus d’y passer la journée, note Alexandre Besnard, membre fondateur du groupe A5 Hospitality et créateur du Cathcart. De plus, on bénéficie également d’un important bassin de clients captifs. Avec tout cet investissement, ça devient clairement des destinations. » Le Cathcart a par ailleurs été conçu dans une optique écoresponsable : les contenants seront recyclables et compostables et la clientèle aura à sa disposition des stations de recharge en eau gratuites. Des pourparlers sont également en cours afin que les pertes de nourritures soient redistribuées dans des organismes à but non-lucratif.

Donnant-donnant

Christian Latour croit que ce type d’espace s’avère profitable tant pour le consommateur que pour le commerçant. « Ce concept de prêt-à-manger va assurément se multiplier dans les prochaines années. Ça fait partie de l’évolution naturelle des choses en restauration. Par contre, il faut s’attendre à voir des restaurants de quartier fermer. On est un marché à maturité, où il y a trop de restaurants et pas assez de clients ! » L’enseignant estime qu’une ville comme Québec a, dans une certaine mesure, la capacité d’absorber ces regroupements de restaurateurs, mais l’emplacement demeure le nerf de la guerre. « La configuration des villes, la facilité d’accès au site et la concentration de population sont des éléments à prendre en considération. Pour ces raisons, je crois que c’est un concept qu’on va voir se développer davantage à Montréal. » Il ajoute que le nombre et le choix des restaurants doivent également être soumis à une minutieuse évaluation selon la réalité du marché visé.

Les foires alimentaires semblent de toute évidence avoir de bonnes chances de trouver preneurs. Reste à voir comment les villes absorberont ces nouvelles aires gastronomiques. « Le mode de vie privilégié par les consommateurs tend vers ce type de restauration-là et toutes les tendances démographiques démontrent une densification urbaine en croissance », mentionne Alexandre Besnard. « En termes de main-d’œuvre, c’est aussi un modèle d’affaires qui a énormément de potentiel, conclut Christian Latour. Dans le contexte actuel, tout le monde est gagnant ! »

(Photo fournie par Le Cathcart)

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