Mayrand : Les leçons d’un printemps, les chantier de demain

 
10 juillet 2020 | Par Pierre-Alain Belpaire

Pour Mayrand, l’année 2020 s’annonçait mouvementée et riche en rebondissements. Et même si six mois à peine se sont écoulés, la prédiction se réalise. Pleinement.

Au cœur de l’automne dernier, le détaillant annonçait l’ouverture prochaine de deux nouvelles succursales, à Brossard (prévue en avril) et à Laval (en mai). Mais la tempête COVID est passée par là, forçant les responsables de l’entreprise à revoir leurs plans et leur calendrier. « La crise a causé de beaux problèmes et amené de belles solutions », souffle, philosophe, Mario Bélanger, président et chef de la direction de Mayrand.

En pleine pandémie, alors que l’industrie de la restauration tourne au ralenti, la compagnie voit ses ventes augmenter et la fréquentation de son nouveau site Web exploser. L’ouverture de Brossard est rapidement repoussée à plus tard, les autres projets sont mis sur la glace : il faut, au plus vite, satisfaire ces nouveaux clients. « C’était fou, assure le dirigeant. On avait jusqu’à 20 employés pour faire du picking, des préparations de commandes. » Cette nouvelle clientèle (« Qui ne nous connaissait pas, qu’on connaissait très peu ») se compose de foodies, curieux et passionnés, et de familles nombreuses adeptes des gros volumes et des petits prix. Elle vient de la région métropolitaine mais aussi de Trois-Rivières, de Québec, … Pour « Monsieur et Madame Tout-le-Monde », magasiner chez Mayrand, c’est comme se retrouver au cœur d’une chasse au trésor, illustre Mario Bélanger. « Notre offre est initialement pensée pour le secteur de la restauration », rappelle-t-il. Plus de 700 sortes de fruits et légumes, 800 variétés de fromages (« De la meule complète au paquet de quelques centaines de grammes »), des viandes et charcuteries de première qualité : au cœur du confinement, ce menu, sensé attirer et convaincre les cuisiniers et gestionnaires professionnels, a fait mouche auprès des gourmets et des chefs de familles.

Oreille attentive

Alors que l’heure est à la relance, pas question, assure le président, de se concentrer désormais sur ces nouveaux acheteurs, au détriment des restaurateurs. L’homme est convaincu qu’il pourra trouver un équilibre entre ces deux cibles, aux budgets et aux besoins diamétralement opposés. « Les particuliers, c’est une clientèle qui planifie, qui vient une fois aux deux semaines ; les professionnels, eux, ils achètent comme de vrais snipers, ils ciblent très vite ce dont ils ont besoin. Ils ne font pas un parcours d’achat, ils viennent aux deux ou trois jours, à des heures différentes du "grand public". »

Présent dans le paysage alimentaire depuis plus d’un siècle (l’enseigne a été fondée en 1914), Mayrand a, au fil des décennies, noué des liens très forts avec les professionnels de la restauration. L’entreprise entend dès lors tout mettre en œuvre pour aider et soutenir ces acteurs en ces temps compliqués et particuliers. En plus d’avantages financiers, amenés notamment par la carte de membre, elle reste à leur disposition pour leur offrir de précieux conseils et leur prêter une oreille attentive. « On leur parle, on les appelle quand ils nous écrivent, assure Sophie Schwartz, vice-présidente marketing, ventes et stratégie numérique. En plus de répondre aux questions sur nos produits, on les aide à gérer, à fractionner leurs achats, à diminuer les risques et les erreurs côté budget … »

Pour plus d’efficacité, les responsables annonçaient également, en mai dernier, la fusion de Mayrand et de sa petite sœur, Alimplus, spécialisée dans la distribution et la livraison. La nouvelle entité a été officiellement baptisée Mayrand Plus. « On a tout simplement regroupé ces deux bannières, pour recentrer nos services et simplifier la vie de nos clients », résume Mario Bélanger.

Anjou, Brossard et les « autres »

Hausse des ventes, conquête d’un nouveau public, fusion : le premier semestre 2020 a été particulièrement mouvementé pour le pionnier de l’approvisionnement. Et les prochaines semaines ne devraient guère être plus calmes. Ce 15 juillet, une nouvelle succursale ouvrira ses portes au Mail Champlain, à Brossard, qui devrait permettre de mieux desservir la rive-sud (et notamment ses nombreux restaurateurs). « Un projet sur lequel on travaille depuis la fin 2018 », glisse, fièrement, le chef de la direction.

Dans ces 50 000 pieds carrés, ouverts sept jours sur sept, Mayrand proposera un « concept très similaire » à celui développé dans le point de vente d’Anjou. « Mais on veut tout de même se servir de Brossard pour introduire certaines nouveautés », précise Sophie Schwartz. Si Anjou mettait ainsi à l’honneur les saveurs et couleurs italiennes, les installations de Brossard comporteront des murs complets de produits et de spécialités asiatiques. « On va apprendre, on va tester, avant de peut-être amener cela dans d’autres magasins. »

« D’autres magasins… » Car oui, la dynamique compagnie n’est pas rassasiée. Elle a faim. Très faim. Freinée dans son élan par une inattendue pandémie, elle entend très vite reprendre sa marche en avant. Le projet de s’installer sur la rive-nord, à Laval, devrait aboutir « à la fin de l’été », annonce Mario Bélanger. Et une quatrième succursale, posée cette fois à Saint-Jérôme, devrait être inaugurée début 2021. « Et ensuite ? On réfléchit à d’autres sites, on fait des approches ailleurs au Québec, on veut développer la compagnie », confie le président, qui espère pouvoir ouvrir d’autres adresses « dans les deux à quatre prochaines années », se refusant toutefois d’en dire plus pour le moment.

Chantiers, défis, solutions

Avant de plancher sur ces projets au long cours, les équipes de Mayrand entendent se concentrer sur cet après-COVID riche en enseignements. Elles répètent vouloir prendre leur temps pour tirer les leçons d’un printemps exceptionnel, digérer les prochaines ouvertures et analyser les besoins et désirs de leurs clients, qu’ils soient professionnels ou particuliers. « On veut que notre croissance soit sécuritaire, contrôlée, mais aussi plaisante pour tout le monde », indique Mario Bélanger.

Si les chiffres des derniers mois ont été (très) bons, si les projets futurs ne manquent pas, les défis, eux, restent nombreux. Ainsi, bien que tous les postes aient rapidement été comblés du côté de Brossard, l’embauche s’avère plus délicate à Anjou et même très difficile sur le futur site de Laval. « À nous de trouver des solutions, lance le grand patron. Mais on va y arriver... »

(Photo fournie par Mayrand)

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