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Point de vue

Qu’attendez-vous ?

 
21 décembre 2018 | Par Pierre-Alain Belpaire, Robert Dion

Le phénomène « prêt-à-manger » ne date pas d’hier. Sur notre site et dans nos pages, notre rédaction vous a, à plusieurs reprises, parlé de tel chef désormais présent dans les rayons d’épicerie, de la multiplication des centres de production et de transformation ou encore de l’évolution des attentes et des habitudes du consommateur. Pourtant, comme le démontrait le sondage que nous avions mené fin 2017, une grande majorité des restaurateurs québécois n’ont pas – encore – saisi la balle au bond.

Mais pourquoi hésiter ? Le prêt-à-manger est une opportunité exceptionnelle et les technologies et outils modernes vous permettent d’en faire une arme, une force, un atout. Vous craignez d’offrir des mets peu appétissants, trop « industriels » ? Les produits à emporter mettent aujourd’hui en valeur des aliments bios et locaux et leurs présentations ont été nettement améliorées. Surfer sur la vague « prêt-à-manger » n’empêche pas d’être actuel. Bien au contraire !

Dans une société où la nourriture est partout, il vous appartient, chers restaurateurs, de reprendre votre place, d’aller rechercher ce client qui peut désormais trouver des plats de (très) grande qualité à chaque coin de rue, dans toutes les épiceries, dans n’importe quelle station-essence. À vous de le séduire. À vous de le reconquérir.

Il n’est pas trop tard, mais il est temps !

 
 
Personnalité HRI

Marie-Anick Le Bon - La bébite à quatre têtes

 
21 décembre 2018 | Par Alexandra Duchaine

« Une bébite à quatre têtes... » Voilà la périphrase inusitée que Marie-Anick Le Bon se plaît à employer lorsqu’elle évoque son restaurant, le Markina, situé à Saint-Bruno-de-Montarville, en Montérégie. « Une bébite », puisqu’il ne correspond en rien aux autres établissements qui peuplent les artères commerciales du Québec : on y offre à la fois des plats servis aux tables, des mets prêts-à-manger, ainsi que des repas prêts-à-cuisiner. « À quatre têtes », parce qu’il a été fondé par quatre femmes : une avocate, deux professionnelles du marketing et une experte en gestion hôtelière.

Marie-Anick est la dernière du lot. L’histoire est classique : son père, lui-même hôtelier, lui a transmis cette passion qui l’a amenée à entamer des études à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ). Quand elle était petite, elle allait le rejoindre pendant les vacances et courait de tous bords tous côtés avec lui, à même son lieu de travail. Impossible de faire autrement, car son métier très prenant occupait tout son temps. Il était toujours débordé, raconte l’ambitieuse. « J’ai tout fait pour ne pas l’imiter, mais voilà, c’était plus fort que moi : cette profession est inscrite dans mon ADN », note-telle en riant.

Pendant 25 ans, Marie-Anick fait carrière dans les équipes d’AccorHotels, de Germain et de Sofitel, entre l’Asie et le Québec, avant de revenir à ses anciennes amours : les classes de l’ITHQ. À une seconde reprise, elle y prend place, cette fois-ci bien à l’avant. Le plaisir qu’elle éprouve à enseigner ne comble toutefois pas sa fibre entrepreneuriale, qu’elle traîne en quelque sorte d’un emploi à l’autre, à la recherche du concept le plus novateur et prometteur qui soit. Un concept unique qui serait l’aboutissement de sa carrière. La cerise sur le sundae.

En 2010, l’avènement du prêt-à-cuisiner, une tendance culinaire en essor en Suède, parvient à ses oreilles. Elle entame alors une étude de marché internationale. En Finlande, aux Pays-Bas, en Allemagne, en France, au Canada, puis aux États-Unis, elle parcourt les commerces aux offres hybrides, qui mêlent restauration, produits déjà cuisinés ou boîtes d’ingrédients prêts-à-apprêter qui profitent de leur popularité. De cette quête d’inspiration naîtra, il y a bientôt deux ans, sa bestiole.

Le Markina est le premier restaurant de la province à proposer, sur place, du prêt-à-cuisiner. Cette approche correspond pleinement au mode de vie des familles québécoises, croit l’entrepreneure. « J’achetais moi-même du Goodfood et du Cook It en ligne. Avec trois adolescents à la maison aux occupations imprévisibles, c’était un vrai casse-tête, explique-t-elle. Je mettais des portions à la poubelle, ou encore les quantités étaient insuffisantes, et je me retrouvais à devoir exécuter deux recettes un même soir. » Comme bien d’autres, elle rêvait d’un endroit où elle pourrait s’approvisionner chaque jour, à la lumière de ses besoins ponctuels.

Mais pourquoi opter pour Saint-Bruno-de-Montarville, une agglomération située à moins de 30 minutes de voiture de Montréal, plutôt que pour la vaste métropole et son important bassin de consommateurs ? Parce que la formule du Markina, qui compte aussi un service traiteur, est un défi logistique à ne pas sous-estimer, croit Marie-Anick.

« Se lancer dans une plus petite municipalité pour se tester, avant d’atterrir dans un grand centre, c’est plus stratégique. La proximité avec la clientèle permet de s’ajuster à ses besoins et de corriger le tir rapidement lorsque c’est nécessaire », affirme-t-elle. La seule des quatre têtes qui est sur place dans l’établissement en plus d’y investir a dû, par exemple, réfléchir aux méthodes d’emballage. Dans le cas du prêt-à-manger, un système de consigne assurant la récupération des contenants en céramique est en place.

Discuter avec Marie-Anick Le Bon, entendre son rire contagieux et sans pareil, revient inévitablement à comprendre que cette entrepreneure visionnaire, stratégique et audacieuse a, elle aussi, quelque chose d’une « bébite »

 
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