Malnutrition dans nos hôpitaux : un problème grave mais remédiable d’après l’APTS

7 octobre 2015 - Par Ginette Poulin

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (qui représente près de 1 400 diététistes-nutritionnistes et techniciennes en diététique dans la province), réclame un véritable changement de culture pour que la nutrition soit pleinement intégrée aux soins apportés aux patients qui séjournent dans nos hôpitaux, et ce, dès leur admission.

Selon l’APTS, les soins nutritionnels, qui sont des éléments clés du processus de rétablissement d’un patient, sont rarement considérés comme une priorité par l’ensemble du personnel médical. En effet, une récente étude effectuée par le Groupe de travail canadien sur la malnutrition démontre que 45 % des patients admis dans les services de chirurgie et de médecine des hôpitaux du Canada souffrent de malnutrition. Comme ces derniers ne seraient pas recensés à leur arrivée, leur état se détériorerait lors de leur séjour, ce qui entraînerait des coûts supplémentaires pouvant aller jusqu’à 2 000 $ par personne puisqu’ils devront demeurer à l’hôpital plus longtemps.

« Avec les compressions budgétaires qui s’abattent actuellement sur les établissements québécois, on s’éloigne d’une solution pour éliminer cette incohérence, déplore la présidente de l’APTS, Carolle Dubé. Il faut faire du dépistage, intervenir auprès des patients et des autres professionnels qui les traitent pour favoriser une alimentation adéquate et assurer un suivi. La voix des professionnels de la nutrition n’est pas entendue alors que leurs recommandations permettraient de réaliser des économies en favorisant un rétablissement plus rapide. »

En décembre 2013, l’APTS avait dénoncé l’insuffisance du montant alloué pour nourrir un patient hospitalisé, mais rien n’a été mis en place pour enrayer le problème ; l’alliance réitère donc la demande qu’elle avait adressée au ministère de la Santé et des Services sociaux pour faire reconnaître les bienfaits d’une alimentation de qualité en milieu hospitalier et en centre d’hébergement. « Le fait que l’expertise des diététistes-nutritionnistes et des techniciennes en diététique qui travaillent au sein du réseau public de santé et de services sociaux ne soit pas suffisamment reconnue et valorisée coûte cher inutilement », conclut Mme Dubé.

Photo : Sarah Gilbert (cafemama) via flickr.com

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