MURIRS : De la murale historique à la murale thérapeutique

19 mars 2018 - Par Katherine Boisvert

Éviter les fugues dans les CHSLD, diminuer l’anxiété des patients, stimuler des enfants dans un centre de réadaptation… Voilà à quoi se consacre l’organisme MURIRS lorsque ses artistes ne réalisent pas les murales historiques de la Ville de Sherbrooke.

Durant l’été, MURIRS se concentre sur les murales extérieures de la ville de Sherbrooke. « Mais comme la saison est courte au Québec, il a fallu développer des projets en parallèle », indique Serge Malenfant, président de l’organisme, précisant que les murales thérapeutiques peuvent représenter jusqu’à 75 % des projets hivernaux.

Fondé en 1999, l’organisme a débuté les projets à vocation thérapeutique en 2005 grâce à l’artiste Lara Poulin. « Au début, nos murales étaient uniquement décoratives, mais les gens se sont aperçus que ça avait un impact positif, se félicite le président de MURIRS. De la murale décorative à la murale thérapeutique, ça s’est donc développé par la force des choses… »

Différentes clientèles, différents besoins

Avant de réaliser un projet, l’équipe de MURIRS s’assoit avec les responsables ou les thérapeutes pour connaître leurs besoins. Au Centre de réadaptation de l’Estrie, MURIRS a ainsi créé des murales dans les corridors sous plusieurs thèmes : la rue, la ferme, le cirque. « Sur la surface des murs, il y a des parties métallisées. On conçoit des personnages que les enfants pourront habiller, par exemple », décrit Serge Malenfant.

Le projet a connu un tel succès que le Centre de réadaptation a à nouveau requis les services de MURIRS pour concevoir un escalier avec un sous-marin, un bateau de pirates, des poissons et une sirène. « Pour nous, le succès de ce projet-là a été visible et palpable, se félicite le président de MURIRS. On a clairement vu le plaisir des jeunes et de leurs parents. »

Au CHSLD de Coaticook, les murales ont notamment pour but de réduire les tentatives de fugues et les fixations des patients qui souffrent de troubles cognitifs. « On camoufle les portes de sortie ou les ascenseurs en armoire ou en bibliothèque, poursuit le président de MURIRS. Ça crée une certaine ambiance, et selon les intervenants, ça semble très bien fonctionner. »

Et les murales de MURIRS apportent un peu de gaieté aux couleurs généralement monotones des hôpitaux. « De notre point de vue, on trouve ça stimulant. Et il s’agit d’un travail particulièrement gratifiant pour les artistes de MURIRS, assure son président. On ressent vraiment l’énergie positive que l’on crée. »

Même si l’engouement pour les murales thérapeutiques est palpable, il reste que ce type de projet est encore peu fréquent en milieu institutionnel. Selon Serge Malenfant, même lorsque les responsables d’un établissement se montrent intéressés, il peut s’écouler plus d’un an avant qu’ils obtiennent les budgets et les autorisations nécessaires à la réalisation de leur projet.

Des murales thérapeutiques ont aussi été réalisées à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal et dans des CHSLD de Gatineau, Magog, Terrebonne et Montréal. Et gageons que les projets se multiplieront au cours des prochaines années.
 

(Crédit photo : MURIRS)
 
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