Loveline Bédard : « Il faut faire rêver la relève ! »

13 mai 2019 - Par Pierre-Alain Belpaire

Le 7 mai dernier, le Palais des Congrès de Montréal accueillait la 15e édition des Grands prix de la relève en restauration, tourisme et hôtellerie, organisés par l’AQFORTH (Association québécoise de la formation en restauration, tourisme et hôtellerie). Partenaire de l’événement, HRImag vous propose de découvrir, durant toute cette semaine, les portraits de quelques-uns des lauréats.

« Ce que ça prend pour percer dans l’univers de la restauration ? De la persévérance. Et ça tombe bien : affronter les épreuves, ça ne me fait pas peur ! » Des épreuves, Loveline Bédard, couronnée dans la catégorie Gestion d’un établissement de restauration, en a déjà surmonté plusieurs. Née en Haïti et adoptée durant l’enfance, la demoiselle a également vaincu une tumeur au cerveau. « Disons que ce sont des événements qui forgent ton caractère et te donnent une plus grande force, souffle-t-elle, philosophe. C’est sans doute cela qui me pousse à être travaillante, à ne jamais lâcher prise et à tout mettre en œuvre pour passer à travers les périodes plus compliquées. »

Intéressée dès son plus jeune âge par l’entrepreneuriat, Loveline Bédard découvre, grâce à sa mère, l’industrie de la restauration et de l’alimentation. Nullement freinée par l’image souvent peu reluisante de ces métiers, elle décide de s’inscrire au programme conjoint offert par le Collège Montmorency et l’ITHQ, qu’elle devrait achever en 2022. La lauréate rêve, comme bien d’autres, d’ouvrir un jour, seule ou en partenariat, son propre restaurant. « J’aimerais lancer un nouveau concept de restaurant à déjeuners, quelque chose qui n’existe pas encore sur le marché, glisse-t-elle. Et par la suite, si tout va bien, ouvrir un autre restaurant, plutôt pour les soirées, qui offrirait une carte inspirée des cuisines du monde. »

À 20 ans à peine, Loveline Bédard pose sur « son » industrie un regard empli de sagesse. Elle estime ainsi que, pour juguler la pénurie d’étudiants inscrits dans les écoles hôtelières de la province, il faudra avant tout changer l’image des professions auxquelles ces formations donnent accès. « Plutôt que d’insister sur les mauvais côtés, il faut faire rêver la relève, lance-t-elle. Il faudrait également insister davantage sur les stages, qui permettent de voir, sur le terrain, ce qui nous attend. » Même si elle sait parfaitement que, dans l’actuel contexte de rareté de la main-d’œuvre, elle aurait pu trouver un emploi sans forcément suivre une longue formation, la souriante jeune femme estime qu’elle se serait privée d’indispensables outils. « Si autant de restaurants ferment, c’est peut-être parce que certains n’ont pas trouvé important d’obtenir un diplôme ou d’apprendre les bases du métier, avance-t-elle, lucide. Moi, je veux tout connaître de ce milieu : la théorie, les secrets de la cuisine, les notions de gestion… C’est cette envie d’apprendre et de m’améliorer qui me pousse à me lever chaque matin. »

La modeste Loveline Bédard assure avoir été surprise de remporter l’un des Grands prix de la relève. Nous, on devine rapidement, en l’écoutant parler, ce qui a convaincu les membres du jury.

(Sur la photo du haut, de gauche à droite : François Vallerand, de la Fondation ARQ, Manon Boucher, sous-ministre du Tourisme, Loveline Bédard et Jérôme Forget, président de l’AQFORTH .Crédit photo : Sophie Grenier Photographe / AQFORTH)

Pour suivre l’AQFORTH :

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