Louis Lessard

Personnalité touristique de l’année 2007

10 août 2007 - Par Caroline Rodgers

C’est lors d’un voyage de 10 000 kilomètres à vélo au Canada et aux États-Unis que Louis Lessard, alors âgé de 22 ans, a eu l’idée de démarrer la base de plein air qui allait un jour devenir l’Auberge Le Baluchon. « Au début, c’était juste un club de plein air, un trip d’étudiants », se souvient celui qui, 25 ans plus tard, vient de mériter le titre de personnalité touristique de l’année 2007 aux Grands Prix du tourisme québécois. Une belle récompense pour tous les efforts mis à développer une entreprise qu’il a voulue en accord avec ses valeurs profondes : le respect de l’environnement et de l’être humain… Aujourd’hui le « trip d’étudiant » s’est transformé en un centre de villégiature et d’éco-tourisme situé au coeur d’un vaste domaine où quatre auberges et un spa santé s’intègrent avec équilibre à la forêt, à la rivière et aux plaines qui les entourent.

Natif de St-Paulin, en Mauricie, et provenant d’une famille nombreuse, Louis Lessard a toujours aimé être bien entouré. C’est d’ailleurs sa plus grande force, selon lui : cette capacité à s’entourer des bonnes personnes pour travailler avec une philosophie d’entreprise qui permet de conjuguer la mission et les valeurs avec le plaisir de ce qu’on fait. « La passion est la chose la plus importante : si tu n’es pas passionné par ton emploi, tu perds ton temps, et si tu fais des affaires juste pour de l’argent, tu perds aussi ton temps. Tu perds ta vie à la gagner », croit-il. Il a donc voulu que le milieu de travail offert au Baluchon permette à chacun d’être soi-même et de s’exprimer, car, en tourisme, la plus grande ressource, ce sont les employés, croit l’homme d’affaires. Le style de gestion qu’il a imprégné au Baluchon en témoigne.

Afin que l’harmonie règne, un « comité de bonne entente » a été mis sur pied pour permettre à tous les employés de participer à l’élaboration d’une convention concernant leurs conditions de travail. Par ailleurs, l’entreprise est divisée en six unités de gestion autonomes qui ont chacune leur façon de faire. À l’intérieur de ces unités, un groupe formé de superviseurs et d’employés désignés par leurs pairs, appelé groupe de référence, permet d’organiser le travail et de décider des gestes à poser pour offrir un meilleur service à la clientèle. Ce service est la clé du succès du Baluchon, selon Louis Lessard. « Il y a beaucoup d’endroits magnifiques au Québec, beaucoup de beaux établissements, mais ce qui fait la différence ici, c’est l’attention particulière que l’on porte aux personnes, la façon d’accueillir les gens et d’être à leur service. »

Car un grand principe directeur est au centre de toutes les décisions de Louis Lessard : la volonté de conjuguer l’écologie et le social avec l’économie. La protection de l’environnement, pour Louis Lessard, c’est plus que de grandes théories et de beaux principes. C’est accomplir un geste à la fois, chez soi : « Agir localement et penser globalement ». À l’instar de l’organisme Canards Illimités qui l’a inspiré à ses débuts, il est convaincu que la meilleure façon de protéger un territoire est de lui donner une vocation.

Sa passion pour la nature et les gens se reflète aussi bien évidemment dans ses moments de loisirs. Grand amoureux des sports de plein air, il aime pratiquer le vélo, le ski, le kayak et la raquette en famille ou avec des amis. L’activité, c’est le prétexte pour socialiser. Rien n’est plus agréable pour le sportif que de se retrouver avec les autres en train de préparer un bon repas à l’extérieur après une activité de plein air. Une chose très simple et très importante à ses yeux : il faut savoir s’amuser.

Un comité de bonne entente a été mis sur pied pour permettre à tous les employés de participer à l’élaboration d’une convention concernant leurs conditions de travail.

Concernant le titre de personnalité touristique de l’année récemment acquis, il reste humble. « C’est une grande surprise, car lorsqu’on travaille dans son petit patelin, on n’est pas toujours conscient que les gens nous observent. » Une reconnaissance qu’il faut apprendre à apprivoiser, selon lui. « On a du chemin à faire comme peuple pour assumer la reconnaissance. On a du mal à reconnaître les autres et à accepter d’être reconnu. C’est dans ce sens que la reconnaissance peut nous mettre mal à l’aise l’espace d’un moment. Mais, après coup, quand je me suis retrouvé seul, j’ai pensé : “Wow, c’est fantastique !” »

Pour l’avenir, Louis Lessard caresse de nombreux projets. Il travaille actuellement à un important plan directeur de développement pour son entreprise afin qu’elle progresse en continuant de concilier économie, écologie et social. Un projet d’éco-café en collaboration avec l’organisme Équiterre est entre autres dans les cartons. « Maintenant que nous avons l’expérience, il faut s’en servir pour avancer, car l’avenir du Baluchon est dans les prochaines années. Il ne faut pas s’arrêter. » Et c’est ce qu’on lui souhaite. |

Dans cette édition

Roy’s
Économie d’énergie : Une cuisine efficace en vaut deux
Sudoku-thème Salicorne, numéro de juin-juillet 2007
Jouons au restaurant
Vague de vins de vedettes
Que dit-on de votre entreprise sur Internet ?
La vente suggestive
L’optimisation des revenus d’hôtels
22, v’là les taxes !
Garder la tête froide



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