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Liratoutâge, un remède gratuit contre la solitude des aînés

 
12 avril 2021 | Par Laurence-Michèle Dufour
Crédit photo: Sabine van Erp/Pixabay

Créé en 2008, Liratoutâge est le fruit d’une idée « un peu folle », aux dires de sa créatrice Godelieve De Koninck, qui lui traverse l’esprit alors qu’elle entreprend une série de visites pour loger sa mère. Elle constate alors que les activités pour les résidents fragilisés par une perte d’autonomie physique ou cognitive se font plutôt rares dans les différents centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et résidences privées pour aînés (RPA). L’orthopédagogue à la retraite entreprend donc d’offrir des séances de lecture à voix haute aux personnes vivant dans ces milieux d’hébergement.

« Ce qui passionne le plus madame De Koninck, c’est la lecture, elle s’est donc dit que c’est ce qu’elle pouvait le mieux communiquer aux gens. Une lecture adaptée pour ceux qui ne sont plus en mesure de le faire par eux-mêmes et qui permet de contrer l’isolement », raconte Charles-David Duchesne, conseiller pour l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ), et récemment embauché à titre de coordonnateur pour le projet.

Devant une demande sans cesse grandissante, la fondatrice doit s’adjoindre de nouveaux bénévoles qu’elle doit former pour visiter un plus grand nombre de milieux. Le choix des textes est ainsi adapté en fonction des intérêts et des capacités des personnes à qui le lecteur s’adresse. « Le bénévole devient un peu l’expert de son public, précise Charles-David Duchesne. Il connaît leur histoire, il peut ainsi s’adapter à leur univers, à ce qu’ils ont envie de découvrir et de se faire lire. Ça peut aller du poème à la lecture de contes, de légendes, des articles de journaux ou des paroles de chansons, qu’ils chanteront en chœur en suite. La lecture devient un prétexte à l’échange. »

Lorsqu’à l’hiver 2019, tout juste avant que ne frappe la pandémie, l’AREQ propose à Godelieve De Koninck son soutien pour ce service - qu’elle porte seule depuis douze ans déjà -, elle y voit l’occasion de le déployer à travers la province. Rassemblant déjà quelque 60 bénévoles se promenant dans tout autant de CHSLD et de RPA des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, Liratoutâge reçoit l’aide financière du programme « Québec ami des aînés » suite à une demande de l’AREQ.

« Le momentum était plus ou moins bon parce qu’on s’adresse à une clientèle plus vulnérable, en plus d’offrir des services dans des lieux qui sont désormais impénétrables avec la pandémie, raconte le coordonnateur. Les bénévoles sont aussi majoritairement retraités, donc eux aussi souvent plus vulnérables. »

« Faire mieux pour nos aînés »

La crise a interrompu la plupart des activités ou en a forcé la tenue en mode virtuel, en plus de mettre en lumière le sort des aînés. Même si elle a été un frein au déploiement de l’organisme, la situation exceptionnelle permet d’établir une meilleure organisation pour les activités futures et offre en quelque sorte une belle vitrine pour la cause. Un article récemment paru dans La Presse a d’ailleurs permis le recrutement de quelque 300 nouveaux bénévoles à travers la province.

« C’est assez extraordinaire, ça démontre à quel point on a réalisé collectivement qu’on pouvait faire mieux pour nos aînés et pour les aînés qu’on va devenir nous aussi demain », se réjouit le coordonnateur. Au cours des prochaines semaines, ces nouveaux lecteurs seront formés afin d’être parés pour la reprise.

« Il faut également trouver des milieux où on pourra offrir le service pour ne pas qu’il y ait débalancement entre l’offre et la demande », précise Charles-David Duchesne, qui a également fait appel à la Fédération québécoise du loisir en institution (FQLI). L’organisme subventionné par le ministère de l’Éducation fait la promotion du loisir comme moyen d’atteindre des objectifs thérapeutiques et comme outil permettant d’améliorer la qualité de vie des clientèles et des milieux.

L’obtention du service pour les résidences tant privées que publiques est gratuite. Pour y accéder, un formulaire en ligne est disponible sur le site web de l’organisme. « Une fois la connexion établie entre le centre et le bénévole, une certaine autonomie est développée, et on demeure évidemment présent pour épauler ou intervenir au besoin. S’il y a plus de besoins, la résidence peut nous le mentionner et on ajustera... »

Pour suivre Liratoutâge :

Mots-clés: Québec (province)
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