Les restaurateurs veulent se faire entendre

4 décembre 2012

C’est que le temps file, et la date du 21 décembre approche à grands pas. Non pas que les restaurateurs craignent la fin du monde, mais plutôt d’avoir à payer la nouvelle taxe sur les alcools de façon rétroactive à cette date.

Lundi dernier [4], une centaine de restaurateurs de Montréal se sont réunis sur les marches de la Place des arts pour manifester contre la mesure annoncée le 20 novembre par le ministre Marceau. Voir l’article de La Presse à ce sujet.

Mardi, c’est quelques dizaines de restaurateurs qui se sont présentés à l’Assemblée nationale. Lors de la période de questions, le député libéral André Drolet [5], un ancien restaurateur, y a pris la parole pour adresser quelques questions au ministre des Finances et de l’Économie. Soulignant le fait que l’application de la nouvelle taxe est inéquitable et injuste, notamment du fait que, contrairement à ce qui est exigé des restaurateurs, la SAQ bénéficie d’un délai de trois semaines. Le ministre Marceau est resté sur ses positions, affirmant haut et fort que la taxe n’était pas rétroactive, mais simplement soumise au régime de préperception en vigueur depuis 2004 et que, conséquemment, elle serait payée par les consommateurs.

Monsieur Marceau a enfin accepté de recevoir une délégation de restaurateurs suite à cet échange en chambre. Lors de la rencontre, il a réaffirmé, comme il l’avait fait lors de la période de questions, que la hausse de la taxe spécifique sur l’alcool serait maintenue mais qu’un assouplissement serait envisageable. Le ministre s’est dit ouvert à la discussion et a proposé une nouvelle rencontre très rapidement.

Le restaurateur Jérôme Ferrer, membre du conseil d’administration de l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ) présent pour l’occasion, a pour sa part fait valoir que bien d’autres frais seraient engendrés par cette loi. Par exemple, les milliers de menus, napperons, affiches et promotions qui devront être réimprimés avec une nouvelle tarification et, à l’aube de la période des fêtes fertile en réceptions dont les prix ont déjà été entendus avec les clients, des contrats qui verront la marge de profit réduite. « Il faut ne pas comprendre notre industrie pour avoir mis en place cette loi », affirme-t-il.

« Depuis quatre ans, nous travaillons avec le gouvernement en tant que partenaire pour la mise en place du Projet Restaurant qui lui a permis de récupérer des sommes importantes grâce aux MEV » a rajouté Jean Lefebvre, vice-président Affaires gouvernementales pour le Conseil des chaînes de restaurants du Québec (CCRQ). « Voyons voir maintenant si nous sommes toujours considérés comme des partenaires ».

Dans une province où le taux de survie des entreprises du secteur de l’hébergement et de la restauration est d’environ 15 % après neuf années d’exploitation [6], l’industrie des HRI n’avait pas besoin de cette nouvelle tuile du gouvernement.

  • Pour visionner le point de presse du député André Drolet, cliquez ici.
  • Pour signer la pétition contre la hausse rétroactive de la taxe spécifique sur l’alcool qui circule sur Internet, cliquez ici.

Sur la photo en tête d’article, Jérôme Ferrer s’adresse aux médias lors du point de presse du député André Drolet.

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