« Les restaurateurs québécois ont saisi tout le potentiel du cidre »

25 avril 2018 - Par Pierre-Alain Belpaire

Des hauts et des bas. Des bas et des hauts. L’histoire du cidre en terres québécoises ressemble à un parcours de montagnes russes. Illégale entre 1921 et 1970, la célèbre boisson a bénéficié d’un populaire retour en grâce au cours des années ’70. Les énormes volumes consommés durant cette décennie ont malheureusement rimé avec une baisse de la qualité du produit. Dans l’esprit de bien des baby-boomers, le cidre ne valait donc plus le détour : au début des années ’80, la consommation chute à nouveau. Mais l’arrivée de dynamiques artisans à la fin du siècle dernier et la mise sur le marché du cidre de glace ont permis de donner un nouvel essor à l’industrie cidricole.

De nos jours, un Québécois consomme en moyenne 0,4 litre de cidre par an. Si ce volume est encore deux fois plus faible que le sommet historique de 1974, il représente toutefois une nette augmentation par rapport aux résultats quasi-nuls enregistrés voici quelques années à peine. Le fossé séparant le cidre de la bière (83 litres par an) et même du vin (entre 21 et 23 litres) est pourtant encore aussi large que profond.

Mais entre le verre à moitié vide et celui à moitié plein, Marc-Antoine Lasnier, président des Producteurs de cidre du Québec, n’hésite guère. « Je suis un éternel optimiste, lâche-t-il. Les années difficiles sont derrière nous. Et ce retard sur le vin et la bière, on doit le voir comme une opportunité. »

« Donner les codes »

Pour « éduquer » le consommateur québécois et « réveiller les professionnels », les Producteurs ont donc mis sur pied l’an dernier une Semaine du Cidre, de retour pour une deuxième édition qui se tiendra du 30 avril au 6 mai prochains. Dans les cidreries, mais aussi divers bars et restaurants, ainsi que chez certains détaillants ou dans quelques succursales SAQ, les consommateurs pourront profiter de dégustations et en apprendre davantage sur le cidre lors d’ateliers et conférences.

« En règle générale, le Québécois aime le cidre. Le problème, c’est qu’il n’y connaît pas grand-chose, qu’il ne sait pas toujours quand, comment ni où en boire. À nous de lui donner les codes », intervient Marc-Antoine Lasnier.

Pour atteindre le grand-public, le directeur général de la cidrerie Milton compte notamment sur l’aide et l’engouement des professionnels des HRI. « Depuis quelques années, on sent que les restaurateurs s’intéressent énormément au cidre. À leurs yeux, les avantages sont nombreux : c’est un produit québécois, santé et qui présente un faible pourcentage d’alcool. Ils ont compris qu’il avait un sacré potentiel. Et ils nous ont ouvert leurs portes : la balle est dans notre camp. À nous d’agir ! »

À l’année longue

Pour poursuivre son ascension, l’industrie du cidre québécois ne pourra effectivement se reposer uniquement sur les restaurateurs et devra relever plusieurs défis. Outre une indispensable simplification administrative et réglementaire, elle devra notamment parvenir à conquérir les publics plus âgés et réussir à s’imposer 12 mois par an.

« En développant des cidres plus charnus, plus costauds, on devrait pouvoir s’inviter même au cœur de l’hiver, espère Marc-Antoine Lasnier. On commence à voir les premiers produits de ce genre, mais c’est encore très timide. À nous de redoubler d’efforts et d’inventivité. »
 
 
(Photo fournie par la Semaine du cidre du Québec)

Pour suivre les Producteurs de cidre du Québec :

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