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Les contenants compostables, une fausse bonne idée ?

 
26 avril 2021 | Par Delphine Jung
Crédit photo: Bistro Tendresse

Éco Entreprises Québec (ÉEQ) s’est penché sur la pertinence de proposer des contenants compostables et biodégradables aux clients des restaurants qui survivent grâce aux ventes à emporter. Verdict du rapport : les centres de tri ne sont pas en mesure de traiter ces déchets.

Ce serait donc une fausse bonne idée de proposer des contenants compostables et biodégradables, alors que la pandémie a fait exploser l’offre de repas à emporter et donc d’emballages jetables. En voulant bien faire, les restaurateurs engorgent même les centres de tri qui ne sont pas équipés pour traiter ces déchets.

« Les emballages de plastiques compostables et biodégradables sont très difficiles à différencier d’autres plastiques lors du tri par le citoyen et dans les installations de compostage industriel, d’autant plus que ces nouveaux matériaux ne se dégradent souvent pas assez rapidement ou complètement », souligne Marie-Hélène Gravel, chargée de projet chez SOLINOV et co-autrice du rapport, dans un communiqué de presse.

Rien d’étonnant pour Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets. « Il y a peu, voire pas de sites de compostage qui vont pouvoir traiter ces contenants. Ils seront retirés, car catégorisés comme étant des contaminants. »

« Une autodéclaration environnementale »

Même si la mention « biodégradable » ou « compostable » figure sur ces contenants, ce n’est pas une garantie qu’ils le soient réellement. Selon ÉEQ, ces mentions sur les emballages sont « une autodéclaration environnementale, c’est-à-dire qu’elle n’est pas vérifiée par une tierce partie indépendante (sauf si l’emballage est certifié) »

« On peut ainsi se questionner sur la réelle biodégradabilité et compostabilité d’un emballage identifié comme tel par son fabricant », explique-t-on à ÉEQ. D’ailleurs, le ruban Möbius parfois visible sur des contenants ne garantit pas plus leur capacité d’être recyclés.

Pour Karel Ménard, le meilleur choix écolo que pourraient faire les restaurateurs serait d’adopter le carton. « Mais je comprends qu’une soupe dans un carton, ce ne soit pas évident à envisager, concède-t-il. Dans le meilleur des mondes, on donnerait aux clients des contenants réutilisables, avec un système de consignes. Mais cela implique que les gens doivent retourner au restaurant rendre les contenants. Les gens ne veulent pas se déplacer, ils ne veulent pas faire ce genre d’efforts... »

Mots-clés: Produits et accessoires
Développement durable
Restauration
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