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Les cafés et espaces de travail chamboulés par la pandémie

 
22 octobre 2021 | Par Sophie Poisson
Crédit photo: Insiders – Café & Cowork

« Pendant la pandémie, on a ciblé les enjeux liés à notre double licence, en tant qu’espace de bureau et en tant que restaurant, explique Mario Cabrera, copropriétaire du Insiders – Café & Cowork, situé à Montréal. On a décidé qu’on ne voulait plus agir comme restaurant parce qu’on aurait été obligé de fermer complètement. On a donc retiré toute la nourriture de notre menu. On peut encore vendre des boissons à emporter, mais pour rester sur place, on facture à l’heure. » Il a alors investi dans les nouvelles technologies : par exemple, les clients se scannent pour entrer et sortir de l’établissement - c’est sans contact, rapide et cela permet de contrôler le nombre de présences.

Mario Cabrera considère qu’avec la pandémie il a perdu au moins 60 % de sa clientèle. Insiders – Café & Cowork ouvre donc une heure plus tard le matin et est fermé la fin de semaine. Avec la rentrée universitaire, le chiffre remonte progressivement chaque semaine et il pourrait conduire à la réouverture le samedi. « J’ai envie que les travailleurs comprennent qu’il y a des avantages et des désavantages à travailler à 100 % à la maison ou à 100 % au bureau, et qu’une fois par semaine, par exemple, il faut casser la routine et expérimenter un espace de travail », insiste le copropriétaire.

Selon lui, son établissement répondait à un besoin avant et pendant la pandémie, et va donc perdurer. « Il y a des gens qui viennent au café et qui deviennent très bavards, alors qu’avant, s’ils parlaient un peu, ils se mettaient rapidement au travail, soutient Mario Cabrera. On ressent vraiment un besoin de socialiser, et d’après moi il n’y a pas assez d’endroits où ils peuvent le faire. Certains nous ont même dit "Heureusement que je vous ai découvert parce que sinon je ferais une dépression chez moi !". » Les clients restent ainsi plus longtemps par rapport à avant : 6 heures au lieu de 4.

La Finca café & bureau

Un café avant tout

La Finca café & bureau à Montréal a quant à elle dû s’adapter à une nouvelle clientèle. « Avant la pandémie, elle était composée à 75 % de travailleurs du quartier, 20 % de touristes et 5 % de résidents, raconte la copropriétaire, Marie-Laurence Guindon. Du jour au lendemain, on s’est retrouvées uniquement avec les résidents. Ça a été un coup dur, mais ils ont davantage pris l’habitude de sortir pour s’acheter un café. Depuis cet été, on voit le retour des touristes, majoritairement canadiens, et au compte-goutte, les travailleurs du quartier. » Ses plus grosses journées qui étaient auparavant les jeudis et vendredis sont devenues les samedis et dimanches.

Alors que l’établissement roulait à moins de 30 % de sa capacité, les copropriétaires ont délaissé leurs trois espaces de travail qui occupaient environ 30 % de l’établissement pour les transformer en marché local. « On voulait desservir notre nouvelle clientèle, et on a voulu offrir une alternative aux files d’attente interminables dans les épiceries... On proposait donc des œufs, du lait ou encore des fruits et légumes. Il n’y aura pas de retour en arrière parce que ce nouveau modèle d’affaires est plus rentable pour nous et amène une dynamique différente qu’on aime », souligne Marie-Laurence Guindon. Elle a aujourd’hui un taux d’achalandage similaire à celui de juillet 2019, tout en ayant réduit les heures d’ouverture de deux heures par jour. Pour marquer ce changement, l’établissement s’appelle aujourd’hui La Finca café & marché local.

En ce qui concerne l’offre du café, le menu des boissons est inchangé mais celui des repas a été réduit. S’il commence à s’étoffer, il restera limité, car l’établissement mise sur une cuisine faite maison et il fait face au manque de main-d’œuvre. Quant au marché local, il adapte ses produits à la demande. Par exemple, les fruits et légumes sont progressivement retirés des tablettes depuis qu’un supermarché Avril a ouvert à proximité. L’engouement des clients porte principalement sur les produits La Finca, comme le granola et le beurre d’arachides. « On a aussi élargi notre offre en proposant des produits d’autres fournisseurs comme des smoothies prêts-à-boire ou encore des kombuchas, annonce la copropriétaire. Ça fonctionne très bien parce que ce sont des choses que les gens nous demandaient depuis longtemps mais qu’on n’avait pas la capacité de produire. »

L’Appart Anticafé

Un concept pour son café

De nouveaux cafés et espaces de bureau font toutefois leur apparition, dont L’Appart Anticafé qui a ouvert au printemps 2021 à Lévis. « La pandémie était un super bon timing : le nombre de télétravailleurs a explosé et les gens ont vraiment besoin de réconfort, insiste le propriétaire, Éric Turner. L’espace a été pensé pour être chaleureux, notamment avec un foyer, des plantes et des chaussons en laine. La nourriture est faite maison, avec des bagels et des pâtés chinois végétariens. Un chien et un chat sont aussi sur place. »

« Anticafé » vient du mot « antiquaire », car le concept prévoit que l’ameublement se vende puis soit remplacé. Amateur de vintage, kitsch et rétro, le propriétaire a ainsi déniché plusieurs bonnes occasions dans le passé. Mais depuis la pandémie, l’engouement pour ces meubles les rend plus coûteux et difficiles à trouver. Éric Turner s’est en plus attaché à l’atmosphère qu’il a créée et a donc préféré ouvrir un espace boutique, où il vend notamment des chandelles qu’il fabrique lui-même - une activité amusante et source de revenu supplémentaire.

« Presque tous les commerces sont fermés les lundis, mais pour être travailleur autonome depuis dix ans, je sais que c’est une grosse journée. Au début, je fermais le dimanche, mais comme je suis dans le Vieux-Lévis, il y avait beaucoup de monde qui venait cogner à la porte. Pendant un mois ou deux, j’ai fait des tests : le vendredi est la journée la plus tranquille car certains travailleurs prennent carrément congé ou finissent à midi. Le dimanche est ainsi devenu l’une des meilleures journées de la semaine », fait savoir le propriétaire, qui est pour le moment seul à opérer le café.

Sa cible principale : les travailleurs et étudiants, qui disposent entre autres du wifi haute vitesse, d’une imprimante et d’un bureau privé. Positionné sur un coin de rue, avec terrasse et jardin, L’Appart Anticafé devient les soirs et fins de semaine un lieu de rencontres pour les habitants du quartier. Éric Turner organise donc des événements, comme des concerts, pour rejoindre également cette clientèle. Il est lui aussi confiant que le retour au travail n’impactera pas ses activités, car le télétravail devrait faire partie de la nouvelle réalité.

Mots-clés: Québec (province)
Service à la clientèle
Restauration
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