Le poker fait fureur

12 août 2008

Bien rares sont les Québécois qui n’ont jamais entendu parler du fort engouement que connaît le poker partout dans le monde à l’heure actuelle. La vague du Texas Hold’em déferle sur la Belle Province. Cette variante du poker est à l’origine de la popularité grandissante du fameux jeu de cartes. Sa simplicité et le fait que les Séries mondiales de poker qui sont télédiffusées au Québec utilisent le Texas Hold’em ont amené une mode qui ne s’essouffle pas. Elle a connu un essor fulgurant depuis le lock-out de la Ligue nationale de hockey en 2004. Au lieu des matchs, les chaînes de télévision ont diffusé des parties de poker !

Depuis de nombreuses années, le poker se joue dans les bars ou ailleurs de façon légale... ou illégale, selon les points de vue. Une situation qui est tolérée depuis longtemps par les policiers. Le gouvernement et Loto-Québec ne statuant pas sur la question du poker dans les bars, trois organismes québécois ont décidé de fonder la Ligue de tournois de poker du Québec (LTPQ). Grâce à cette ligue, il est maintenant possible de jouer au poker dans les bars et restos-bars du Québec tout à fait gratuitement, pour le plus grand plaisir des amateurs et des propriétaires d’établissements. Aucun frais n’est exigé par les établissements pour jouer dans les tournois organisés. C’est seulement si le joueur souhaite voir ses points comptabilisés afin de se comparer avec les autres joueurs qu’il doit payer un montant de 10 $, un service offert à ses membres par l’Association des joueurs de tournois de poker du Québec.

Le lancement de la Ligue de tournois de poker du Québec ne pouvait arriver à un meilleur moment, selon les organisateurs, car l’industrie des bars et des restaurants a subi les contrecoups de l’entrée en vigueur de la Loi sur le tabac et peut ainsi tenter de reconquérir la clientèle perdue. Les établissements peuvent maintenant compter sur une clientèle masculine de 18 à 45 ans passionnée du poker et qui peut passer de nombreuses heures à jouer sur place.

La LTPQ propose aux gagnants des prix totalisant plus de 250 000 $ en plus d’offrir à ses meilleurs joueurs la chance de participer à des événements de poker internationaux. Un championnat télévisé couronnera le vainqueur de la Ligue en décembre prochain. Les finalistes du championnat seront sélectionnés parmi les meilleurs lors des quatre tournois d’étape regroupant les gagnants de toutes les régions du Québec pour chaque période de trois mois. Certains ont même la chance de participer à des tournois à Las Vegas et d’y rencontrer des célébrités telles que Guy Laliberté. La ligue a d’ailleurs organisé dernièrement un tournoi avec des personnalités québécoises et c’est Guy A. Lepage qui a remporté la partie. Le glamour fait décidément bon ménage avec le poker !

Les avantages pour un établissement

Renaud Poulin, président de la Corporation des bars, brasseries et tavernes du Québec, est d’avis que les établissements ont l’avantage avec l’arrivée de la ligue de pouvoir accueillir un meilleur achalandage aux heures plus creuses de la journée ou en début de semaine. De plus, une nouvelle clientèle a fait son apparition, souvent des gens qui ne fréquentaient pas le bar auparavant. « Dans mon bar, j’invite ceux qui participent aux tournois à revenir le samedi pour une autre activité et certains le font », explique M. Poulin. En général, les bars semblent satisfaits de l’activité que la ligue génère dans leur bar. Seulement deux établissements se sont retirés jusqu’à maintenant. Aujourd’hui, la ligue compte 13 000 membres joueurs et environ 130 établissements offrent des tournois. Des restaurateurs et des hôteliers se sont aussi joints à la ligue comme l’Hôtel Jonquière, à Saguenay, le Bar Resto Grill Le Clac, à Charlesbourg, le Resto Bar Friends, à Montréal, et l’Hôtel Forestel, à Val-d’Or.

La LTPQ
La Ligue des tournois de poker du Québec a été créée par le partenariat de trois organismes : la Corporation des bars, brasseries et tavernes du Québec (CPBBTQ), l’Association des joueurs de tournois de poker du Québec (AJTPQ) et Gestion Poker Tour. Cette dernière gère l’ensemble des activités de la ligue.

Les arguments des opposants au poker

La même crainte habite tous les intervenants gravitant autour de la thématique du jeu dans les universités et les centres de recherche : le jeu pathologique ou compulsif. Les études réalisées au cours de la dernière décennie démontrent, selon le Centre international d’étude sur le jeu et les comportements à risque chez les jeunes, que la popularité des jeux de hasard et d’argent est à la hausse chez les jeunes. Selon les plus récentes évaluations, 80 % des jeunes ont participé à une quelconque forme de jeu de hasard au cours des 12 mois précédant l’enquête. Par ailleurs, une enquête de Statistique Canada publiée en 2002 a révélé que le pourcentage de joueurs pathologiques au Canada était de 0,5 % de sa population adulte et que celui des joueurs à risque était de 1,5 %. Les joueurs problématiques représenteraient environ 1 % de la population.

M. Poulin, pour sa part, ne s’inquiète pas du tout au sujet du jeu compulsif. « La grande majorité des gens au Québec n’ont aucun problème avec le jeu. Si on ne peut pas perdre ou gagner, il n’y a pas de raison de devenir gambler. C’est sur Internet ou avec les loteries vidéos que c’est possible. » Il explique que, même si un joueur se rend à Las Vegas grâce à la ligue, il ne peut perdre plus que le prix d’entrée, qui est d’ailleurs acquitté par la ligue pour les joueurs les plus performants. Le jeu compulsif est donc improbable, selon lui, avec la LTPQ.

Comment devenir membre ?
Pour pouvoir offrir des tournois de poker avec la ligue dans son établissement, il est essentiel de faire partie de la CPBBTQ. Après avoir procédé à l’adhésion, vous recevrez de l’information sur la ligue ainsi que les règlements que vous devrez respecter. Actuellement, de nombreux établissements sont en attente d’être accrédités par la ligue.

Qu’est-ce qui est légal et illégal ?

Légalement, c’est Loto-Québec qui gère toutes les maisons de jeux, sauf les courses de chevaux et les bingos. C’est pour cette raison qu’organiser un tournoi de poker dans un bar est considéré comme illégal, selon l’article 201 du Code criminel du Canada. Dans cet article, on dit qu’il est illégal de tenir un maison de jeux ou de s’y trouver. Dans la définition d’une maison de jeux, on indique qu’il s’agit d’un local tenu pour fins de gains et fréquenté par des personnes pour se livrer au jeu. Est une maison de jeu illégale tout local où on tient une banque, où on reverse la totalité ou une partie des gains au tenancier, où on exige un droit d’entrée aux joueurs et où il est clair que les chances de gagner ne sont pas égales pour tous les participants. Tous ces cas de figure sont illégaux.

Les propriétaires de bars arguent que leurs tournois sont légaux étant donné que les joueurs ne jouent pas avec de l’argent sur la table. Dans le cas de la ligue, il n’y a pas du tout d’argent mis en jeu. « Ça devient illégal lorsqu’il y a un meneur de jeu qui garde une partie des profits ou qui charge un droit d’entrée », note Jean-Pierre Roy, de Loto-
Québec, dans un article publié sur www.poker-en-ligne.biz. Une disposition indique également que les tenanciers de bars ne devraient pas pouvoir faire de l’argent avec la vente d’alcool. M. Poulin nous a expliqué qu’une cause a statué que c’était légal si le tenancier n’oblige pas le joueur à prendre une consommation. Les bars qui tiennent des tournois à l’argent redistribuent la plupart du temps les frais d’inscription en bourses pour les joueurs, ce qui est tout de même considéré comme illégal, étant donné qu’ils font payer un prix d’entrée. La question de la légalité du poker semble donc incertaine et sujette à de nombreuses interprétations. Les établissements profitent en ce moment d’un flou juridique, qui subsistera jusqu’à ce que le gouvernement adopte une nouvelle loi à ce sujet ou qu’un jugement vienne clarifier la loi actuelle.

PETIT GLOSSAIRE DES TERMES UTILISÉS AU POKER

Buy-in : coût d’entrée
Se coucher : abandonner, se retirer, déposer ses cartes sur la table (fold)
Tapis : Totalité des jetons d’un joueur qu’on mise lorsqu’on a une main particulièrement forte
Petite mise à l’aveugle (small blind) : joueur à la gauche du brasseur qui joue une mise forcée déterminée à l’avance, mise qui augmente tout au long de la partie
Grosse mise à l’aveugle (big blind) : joueur à la gauche du joueur qui joue la petite mise à l’aveugle (une mise du double de la petite)
Brelan : 3 cartes de même valeur
Carré : 4 cartes de même valeur
Passer (check) : Attendre un peu avant de jouer son tour
Flop : Cartes retournées sur la table et accessibles à tous les joueurs pour compléter leur main
Flush : 5 cartes de même couleur
Full (main pleine) : brelan + paire
Paire : 2 cartes de même valeur
Quinte : 5 cartes d’une suite, mais pas de la même couleur
Quinte flush : 5 cartes d’une suite de la même couleur
Rivière : 5e et dernière carte retournée sur la table

Sources

Dans cette édition

Rituel de service de l’absinthe
Distributeurs automatiques et alimentation santé, est-ce possible ?
Vidéos de mixologie
Articles et photos sur les mixologues et leurs techniques
Cartes de cocktails de restaurants
Recettes de mixologie
Recettes de cocktails à l’absinthe
L’absinthe démystifiée
Tendances mixologie
Cocktails à base d’Absente, un spiritueux aux plantes d’absinthe
Le service de bar, tout un art...
Le restaurant Alinea
Faire la lumière sur les ampoules fluo-compactes
Inutiles, les évaluations de rendement ?
Les tables à salades ont la cote !
Graines et noix
Eau embouteillée ou eau du robinet ?
Claude Labonté
À plein gaz !



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