Le marché hôtelier canadien

20 octobre 2016 - Par François Pageau

Le marché hôtelier canadien semble assez bien se porter, selon le rapport de mi-année 2016 produit par Horwath HTL. Les « taux d’occupation », « tarif moyen » et « REVPAR » ont progressé dans plusieurs provinces canadiennes. Le Québec se démarque notamment par sa forte position, déjà enviable mais stable, face aux trois indicateurs observés. Tout porte à croire que l’année 2016 se terminera sur la même lancée que 2015.

L’année 2015 a été très bonne, et 2016 s’annonce très bonne aussi. — F. Pageau


Malgré une demande intérieure faible et un rang inférieur occupé par le pays comme destination touristique, l’industrie hôtelière canadienne a fait bonne figure ces dernières années. Depuis 2009, on enregistre une hausse du taux d’occupation et du tarif moyen journalier, notamment en raison de la reprise économique combinée à une certaine stagnation de l’offre.

Les résultats cumulatifs de juin 2016 laissent envisager des résultats similaires à 2015. Le Canada enregistre un déficit touristique annuel (dépenses des Canadiens à l’étranger vs dépenses des étrangers au Canada) de l’ordre de 18 milliards par an depuis 2012. Actuellement, l’industrie dépend en grande partie de la demande locale (voyages de Canadiens au Canada) qui représente 80 % du marché, tandis que les dépenses des voyageurs internationaux comptent pour 20 % du marché. La clientèle américaine représente 75 % de ce 20 % de voyageurs internationaux. Les Canadiens et Américains cumulent donc 95 % de la demande touristique au Canada.

Au Canada, le tourisme a été profondément touché par la crise économique de 2008 et 2009, les fluctuations des taux de change canadiens-américains, la mise en application de la Western Hemisphere Travel Initiative (ou Initiative relative aux voyages dans l’hémisphère occidental, soit la nécessité pour les voyageurs d’utiliser un passeport ou des documents officiels pour voyager aux États-Unis), le virus du SRAS en 2003 et, plus récemment, la chute du prix du baril de pétrole et des économies albertaine et de Terre-Neuve-et-Labrador.

La partie « exportée » de l’industrie hôtelière canadienne représente seulement 20 % du marché en argent neuf injecté dans l’économie canadienne, tandis que, à hauteur de 80 % du chiffre d’affaires de cette industrie, la demande locale représente simplement un transfert de richesse interne au Canada. — F. Pageau

Taux d’occupation

Selon les résultats cumulatifs, le taux d’occupation moyen en juin 2016 s’est accru à l’Île-du-Prince-Édouard, en Nouvelle-Écosse, en Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick, en Ontario, au Manitoba et au Québec par rapport à l’année précédente à la même date. L’occupation oscille entre 48 % et 66 %, selon la province.

L’occupation des hôtels situés dans les sept plus grandes villes canadiennes (Toronto, Montréal, Vancouver, Calgary, Ottawa, Québec et Halifax) varie entre 56 % et 74 % en date de juin 2016. Tandis que les taux d’occupation ont été stables à Montréal et Ottawa comparativement aux résultats cumulatifs de la même période en 2015, des hausses ont été observées à Toronto, Vancouver, Québec et Halifax.

Le marché hôtelier québécois s’en tire assez bien jusqu’à maintenant en 2016, affichant un taux d’occupation moyen d’environ 63 %, soit une hausse de 1 % par rapport à 2015. — F. Pageau
La récession de 2008-2009 a ralenti plusieurs projets de construction d’hôtels, ce qui a fait stagner et même décroître l’offre, le tout favorisant la hausse des taux d’occupation — F. Pageau
Dans le grand Montréal, notamment, la fermeture temporaire de l’hôtel Fairmont Le Reine Élizabeth (actuellement en rénovation) a sans doute favorisé les bons taux d’occupation de l’ensemble des hôtels. À l’inverse, le retour imminent de cet important hôtel sur le marché (500 chambres en 2017) influencera sans doute ce nouvel équilibre. Au final, le renouvellement de l’offre n’est qu’une bonne nouvelle, car il permet de maintenir et de faire progresser la demande à moyen terme. — F. Pageau

Tarif moyen journalier
Les tarifs moyens journaliers estimés dans les provinces canadiennes ont varié de 113 $ à 160 $ durant les six premiers mois de 2016. Il en résulte un tarif moyen journalier de 142 $ pour l’industrie canadienne dans son ensemble, soit une hausse d’environ 3 % par rapport à 2015. Les hausses les plus importantes ont été observées en Colombie-Britannique, à l’Île-du-Prince-Édouard, en Nouvelle-Écosse et en Ontario. Au Québec, on a enregistré une hausse de 3 % et au Nouveau-Brunswick, de 1 %.

Les sept plus grandes villes canadiennes en importance ont obtenu des tarifs moyens journaliers qui varient de 130 $ à 165 $. Tout comme en matière de taux d’occupation, quatre d’entre elles (Québec, Montréal, Ottawa et Halifax) ont affiché une hausse de 2 % à 5 % de leur tarif moyen journalier, et deux autres ont enregistré des hausses de 6 % (Toronto) et de 8 % (Vancouver). Calgary a quant à elle enregistré des baisses de son taux d’occupation et de son tarif moyen journalier.

REVPAR (REVENUES PER AVAILABLE ROOM)
Selon les provinces, le REVPAR a varié de 60 $ à 105 $ durant les six premiers mois de 2016, pour composer un REVPAR canadien de 87 $. Cette estimation représente une hausse de 2,4 % par rapport à la même période de 2015. De manière cohérente avec les hausses et baisses du taux d’occupation et du tarif moyen enregistrées pour chacune des provinces canadiennes, on constate des croissances fortes du REVPAR à l’Île-du-Prince-Édouard, en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse et en Ontario par rapport à l’année précédente à la même date. Notamment en raison de la hausse du tarif dans ces provinces, le REVPAR s’est accru de 2 % à 4 % au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Le marché hôtelier québécois s’en tire très bien à l’égard du REVPAR jusqu’à juin 2016, affichant une hausse de 4 % supérieure à la hausse moyenne du REVPAR canadien de 2 %. — F. Pageau


Concernant les sept grandes villes canadiennes en importance, les REVPAR respectifs sont de 80 $ à 130 $, pour les six premiers mois de 2016. Toutes les villes d’importance, sauf Calgary, ont vu leur REVPAR augmenter. Il s’est accru de 2,5 % à 13,0 %, selon les villes, notamment de plus de 10 % à Toronto, Vancouver et Halifax.

Depuis janvier 2016 (jusqu’en juin), l’industrie hôtelière canadienne maintient un rythme similaire à celui de 2015. Si le taux d’occupation semble relativement stable, le tarif moyen journalier a réalisé une hausse de 3 % à cette période (le REVPAR aussi). L’année 2016 devrait donc être une année forte pour l’industrie canadienne, même si trois provinces souffrent de baisses en raison de la crise du pétrole..

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