Le guide agroalimentaire des produits d’ici

13 juin 2015 - Par Sophie Suraniti

L’agroalimentaire est un secteur complexe, mouvant et capital puisqu’il nous nourrit chaque jour et nourrit l’économie ! Malgré les difficultés auxquelles il doit faire face (climat, concurrence, crises sanitaires, manque de relève, « grignotage » des terres), le Québec tire son épingle du jeu.

FRUITS ET LÉGUMES

Contexte

Ce sont des produits frais, donc fragiles, soumis aux conditions climatiques, aux fluctuations de l’offre et de la demande – avec de gros compétiteurs comme la Californie. La culture en champ et en serre devrait offrir de plus en plus de variétés locales, à condition toutefois de trouver des moyens pour notamment réduire les dépenses énergétiques (les serres sont gourmandes en éclairage et en chauffage) et poursuivre les investissements dans les équipements et les projets de recherche.

Les « plus » Québec

L’évolution des méthodes de culture (en champ, sous abri/en tunnel, hors-sol), des performances sur les semis, de nouvelles variétés de cultivars et de nouvelles méthodes d’entreposage permettent d’étirer le calendrier des récoltes. Les grandes superficies en culture maraîchère (comme les fraises, les laitues ou les tomates) côtoient des plus petites, souvent biologiques, qui mettent l’accent sur des particularités régionales (par exemple les asperges ou les gourganes) et visent des marchés de niche. Certains producteurs, les plus importants, possèdent des installations dans des régions chaudes (Floride, Amérique du Sud).


Quelques exemples


Les listes d’exemples offertes dans cet article ne sont pas exhaustives, de nombreuses autres entreprises se distinguent dans plusieurs régions du Québec. Nous n’en présentons ici qu’une courte sélection.


PRODUITS DE LA CUEILLETTE

Le Québec plonge depuis une bonne dizaine d’années dans ses propres ressources naturelles notamment forestières, côtières et marines, catégorisées de « sauvages ». L’intérêt pour apprendre à mieux les identifier, les reconnaître afin de pouvoir les utiliser à bon escient et avec respect a suivi le mouvement. Parallèlement à la mise en place de réseaux de cueilleurs professionnels à travers toute la province (champignons, plantes, petits fruits) se manifeste une volonté de domestiquer ces ressources sauvages, à savoir repérer les caractéristiques d’une espèce, comme un champignon, pour pouvoir ensuite le cultiver.


Quelques exemples

PRODUITS CÉRÉALIERS

Contexte

C’est principalement dans l’Ouest que l’on retrouve la culture du blé. Toutefois, le Québec est tout de même une province canadienne où l’on cultive du blé panifiable et du blé fourrager, les plus grandes productions étant, dans l’ordre, celles du maïs-grain, du soya, de l’avoine et de l’orge¹.

Les « plus » Québec

Des microproductions de cultures céréalières ou pseudo-céréalières issues de variétés anciennes délaissées pour des raisons de rendement (comme l’épeautre, le khorasan plus connu sous sa marque de commerce kamut, ainsi que des pseudo-céréales comme l’amarante et le sarrasin) apparaissent. Certaines visent particulièrement le marché de l’alimentation sans gluten, en plein essor. Le Québec se démarque pour sa production de blé panifiable biologique (et la présence de minoteries artisanales). Développement de mélanges de grains ou de farines sur mesure pour les clients.


Quelques exemples

PRODUITS LAITIERS

Contexte

Le secteur, qui repose sur un système de gestion de l’offre depuis 1970 (quotas de production sur le lait de vache), est très concentré. Trois multinationales transforment plus de 80 % du lait (Agropur, Saputo et Parmalat), le reste se partageant entre une trentaine de moyennes entreprises et une cinquantaine de fromageries artisanales, à la fois productrices et transformatrices, mais très actives puisqu’à elles seules elles produisent 250 variétés de fromages ! Si l’on comptabilise tous les types de fromages – lait de vache (cheddar et mozzarella compris) + lait de brebis + lait de chèvre –, c’est donc un plateau de plus de 500 fromages que le Québec fabrique, soit un peu plus de la moitié de tous ceux produits au pays.

Les « plus » Québec

Beaucoup de fromages fins s’illustrent en remportant des prix dans le cadre de concours nationaux et internationaux. Certains artisans fromagers font preuve de créativité en utilisant des laits de spécialité comme celui de bufflonne ou en mélangeant plusieurs types de lait dans leurs recettes. Depuis quelques années, le lait de brebis et le lait de chèvre ont la cote, sans doute parce qu’ils ne sont pas soumis à des quotas laitiers. Le Québec se démarque au sein du Canada pour sa production biologique de lait et aussi sa consommation de beurre (qui y sont plus élevées que dans les autres provinces) et produit beaucoup de yogourts (d’importants investissements ont été faits dans les usines, les géants de l’industrie se livrant une « bataille » depuis 2010).

Photo : Guilde québécoise des artisans fromagers


Quelques exemples

VIANDES ET SUBSTITUTS

Contexte

Avec les fortes hausses de prix – notamment celui du boeuf qui a bondi d’environ 20 % en quelques mois –, les crises sanitaires qui touchent certaines filières comme les grippes porcine et aviaire, ainsi que les nouvelles tendances de consommation (l’essor du végétarisme), le secteur des viandes a plutôt la vie dure. Les substituts comme les produits de la mer, les œufs de spécialité, le tofu et les légumineuses devraient davantage se démarquer, d’autant plus que le Québec s’avère culturellement plus ouvert à ce genre de solutions de rechange alimentaires.

Les « plus » Québec

Le Québec compte plusieurs élevages spécialisés, particulièrement dans la volaille (caille, pigeon, pintade…), le veau, ou encore le gibier (bison, cerf rouge, wapiti…), dont beaucoup ont fait le choix de méthodes d’élevage naturelles ou biologiques. La culture de légumineuses comme les fèves edamames et les lentilles devrait se développer pour la conquête de marchés très ciblés (notamment celui du « sans gluten »). Enfin, une très timide production de noix nordiques a fait son apparition.


Quelques exemples

PRODUITS DE LA MER

Dans ce secteur, la demande se révèle généralement bien supérieure à l’offre et dépend fortement des conditions météorologiques (un grand froid qui dure longtemps retarde le calendrier des pêches). Les produits partent donc très vite ! Toutefois, certaines entreprises québécoises aquacoles sont aujourd’hui capables de fournir à l’année, grâce aux projets de recherche et développement qui portent leurs fruits et surtout à leur pugnacité !


Quelques exemples

PRODUITS TRANSFORMÉS

Contexte

Près de 70 % de la production agricole du Québec part dans les usines et les installations pour être transformée par plus de 2 000 entreprises actives dans différents secteurs (boissons, boulangeries, confiseries, conserves, produits laitiers, produits de viande, surgelés, etc.).

Les « plus » Québec

Les transformateurs alimentaires se fournissent-ils à 100 % au sein de la province ? Certainement pas. Par contre, le Québec fournit beaucoup de maïs sucré, de petits pois, de haricots et de concombres destinés aux produits surgelés ou en conserve. Tout comme beaucoup de pommes de terre québécoises se retrouvent transformées en croustilles ou en grignotines. Sans compter que certains produits taxés d’« ethniques » sont fabriqués ici, comme les pains pita de l’entreprise Palmyra fabriqués à Montréal !


Quelques exemples

PRODUITS ACÉRICOLES ET APICOLES

Le Québec domine toujours la production mondiale acéricole, même si celle-ci fait régulièrement l’objet de critiques quant à son système de production et de mise en marché. Toutefois, ici et là, on voit poindre de petits producteurs misant sur des récoltes certifiées biologiques avec cette volonté d’en faire un produit d’exception. D’autres sirops de spécialité comme celui de bouleau ou de merisier existent, mais demeurent encore sous-exploités ou méconnus. Quant à l’apiculture québécoise, elle fait actuellement face à deux grandes problématiques : la mortalité des abeilles causée entre autres par une catégorie de pesticides (les néonicotinoïdes) et la concurrence étrangère, comme celle de la Chine, qui casse les prix.


Quelques exemples

Dans cette édition

Protectionnisme 101 !
Trésors nationaux
Produits d’ici : pensés, fabriqués, cultivés et distribués chez nous !
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