Fonds de secours aux travailleurs : « On a été plus rapides que Justin Trudeau ! »

 
5 novembre 2020 | Par Laurence-Michèle Dufour

En mars dernier, lorsqu’est annoncée la fermeture des salles à manger, Kaitlin Doucette, alors sommelière au restaurant Foxy à Montréal, pense aussitôt aux nombreux travailleurs de la restauration plus vulnérables qui seront durement frappés par cette situation. « Sans vouloir diminuer les problèmes des serveurs et autres acteurs plus établis de l’industrie, j’ai surtout pensé à certains plongeurs et bussboy par exemple, explique la fondatrice. Ces gens, parfois plus marginaux, n’ont pas toujours le support de leur famille ou un coussin financier. Certains travaillent même sans papiers. »

Inspirée par l’organisme Restaurant Workers Coalition de New York, la jeune femme souhaite donner un petit coup de pouce à sa communauté. Elle lance un appel sur son compte Instagram pour sonder les gens susceptibles de lui prêter main-forte dans cette aventure. Elle est aussitôt inondée de messages de volontaires. C’est ainsi que voit le jour le Fonds de secours aux travailleurs de la restauration de Montréal (mtlrwrf). L’organisme à but non lucratif se donne pour objectif principal de fournir un financement direct et quelques conseils juridiques aux travailleurs dans le besoin.

« Lors de la première vague, on a été plus rapide que Justin Trudeau, rigole Kaitlin Doucette. Nos premiers chèques sont sortis alors que le gouvernement tentait de gérer toutes les demandes. On offrait surtout des petites sommes, entre 100 et 300 dollars : de quoi faire une épicerie, acheter des médicaments ou simplement avoir un peu d’aide pour payer le loyer. La demande sera toujours plus grande que nous. On n’est pas une agence gouvernementale et on n’essaie pas de l’être. »

Ainsi, plus de 200 000 dollars ont été remis à près de 1 000 travailleurs de la restauration dans le besoin depuis le début de la crise sanitaire. Cette dernière a mis au jour la fragilité de l’industrie de la restauration, mais Kaitlin Doucette considère que l’accent est surtout mis sur les propriétaires et leurs entreprises et que l’on parle bien peu des travailleurs.

L’organisme créé dans l’urgence pour répondre aux difficultés financières engendrées par la pandémie devrait lui survivre. « Ultimement, un de nos buts serait de changer la mentalité envers l’univers de la restauration. Certains s’imaginent que c’est un milieu glamour, avec les chefs célèbres. Mais c’est aussi une industrie très dure et vulnérable qui, parfois sans s’en rendre compte, exploite ses employés. »

Pour suivre Le Fonds de secours aux travailleurs de la restauration de Montréal :

Mots-clés: 06 Montréal
Humanitaire / Communautaire
Restauration

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