Le Caesar, cocktail emblématique du Canada, fête son demi-siècle

2 mai 2019 - Par Pierre-Alain Belpaire

Aussi sérieuse que festive, la prochaine et très officielle Journée nationale du Caesar, saluée le 16 mai, aura cette année une saveur très particulière. Le célèbre cocktail fête en effet son demi-siècle. Né à Calgary en 1969 dans l’esprit créatif de Walter Chell, le fameux breuvage est l’heureuse conséquence de son envie, ressentie lors d’un passage en cuisine, d’associer la sauce vongole qu’il apprécie tant et le Bloody Mary.

« Les ingrédients du Bloody Mary, ce sont le citron, la sauce Worcestershire, le sel de céleri, la vodka, la tomate et un brin de céleri, rappelle la mixologue Fanny Gauthier. Quand Walter Chell décide de le revisiter, il imagine un givrage au sel de céleri et, surtout, il intègre le goût des palourdes au jus de tomates. C’est brillant ! » Ce qui ne devait être qu’un « cocktail du jour » est un succès immédiat. Les clients sont séduits par l’originalité du cocktail mais aussi par sa légèreté. Invité à baptiser sa liquide invention, Walter Chell aurait alors décidé de « rendre à César ce qui lui appartient ». La légende est en marche.

Le Caesar gagne en popularité et traverse assez rapidement le Canada. Les secrets de sa réussite sont nombreux, estime Fanny Gauthier. « N’importe qui est capable de faire un Caesar et tout le monde – ou presque – aime ça », résume-t-elle. L’utilisation de vodka, « alcool incolore, inodore et donc passe-partout », et une liste d’ingrédients disponibles « dans tout bon dépanneur » ont notamment aidé à sa fulgurante popularité. « Surtout, là où le Bloody Mary peut apparaître très costaud, très épais, le Caesar a ce côté léger qui permet d’en consommer un ou deux à l’apéro sans se remplir l’estomac ou d’en prendre plus tard en soirée, poursuit la mixologue. On peut aussi aisément le réinterpréter, en remplaçant par exemple le sel de céleri par des épices à steak ou à barbecue, ou le décliner en sans-alcool. »

En 50 ans, le Caesar est entré dans les mœurs et est devenu un véritable emblème canadien au point d’être aujourd’hui le cocktail le plus consommé au pays. En 1999, une étude menée par Ipsos-Reid a conclu qu’il s’en consommait quelque 350 millions chaque année. « Bien sûr, on aura quelques variantes d’un coin à l’autre du pays, mais le goût, l’esprit, la philosophie, l’aspect restent les mêmes, explique Fanny Gauthier. Que tu sois à Kuujjuaq, à Rimouski, à Fairmont ou à Montréal, tu trouveras quelqu’un capable de te faire un Caesar. C’est ça le véritable secret et la beauté de ce cocktail ! »

Reste peut-être, défi ultime, à faire sortir le Caesar de nos frontières. « Bonne chance pour trouver du clamato ailleurs qu’ici, sourit la Française d’origine, qui se souvient parfaitement de sa première dégustation d’un Caesar en 2004, avant-même qu’elle ne s’installe sous nos latitudes. J’avais été séduite par sa légèreté et son côté versatile. Aujourd’hui, quand j’en prépare à des visiteurs étrangers, je ne dis tout d’abord pas ce qu’il contient : je sais que si j’annonce un nectar de palourdes, je vais avoir droit à des grimaces ! Mais dès qu’ils sont séduits par l’esthétique et par le goût, je leur explique. Pour quelqu’un qui visite le Canada, c’est un incontournable ! »

Cet anniversaire et la journée nationale du Caesar seront notamment célébrés le 16 mai prochain lors d’un 5 à 7 de dégustation au Bar Pamplemousse (1579, boulevard Saint Laurent, à Montréal). "Le Caesar : 50 ans, 50 histoires", ouvrage rempli de souvenirs, d’histoires et d’anecdotes entourant ce cocktail légendaire, peut être commandé en ligne à l’adresse boutiquecaesar.ca.

(Photo flickr Ruth Hartnup)

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