La santé et sécurité au travail pour le personnel du secteur hôtelier

La prévention constitue la base d’une saine gestion en SST

3 septembre 2015

Par Hélène Malouin, conseillère SST

La notion de santé et de sécurité au travail touche tout le monde et le secteur hôtelier n’y échappe pas. À cet effet, la Loi sur la santé et sécurité du travail (LSST) encadre bien les obligations et les responsabilités des employeurs et des travailleurs ; elle se veut d’ailleurs un guide indispensable pour la saine gestion de la SST. Bien que la CSST présente aujourd’hui un bilan amélioré du nombre de réclamations et de cas d’indemnisation, il reste quand même beaucoup de chemin à parcourir afin d’assainir et de sécuriser au maximum les milieux de travail.

LES RISQUES DU MÉTIER – PRÉPOSÉS À L’ENTRETIEN AUX CHAMBRES

En premier lieu, il est important de reconnaître que chaque milieu de travail présente ses risques particuliers. Si certains emplois sont de toute évidence plus à risque que d’autres, il n’en demeure pas moins qu’un accident est vite arrivé, et ce, peu importe l’environnement.

Lorsque l’on se penche sur le poste de préposé à l’entretien aux chambres dans un hôtel, on peut d’abord penser que les risques de blessures sont minimes. Erreur ! Il s’avère important de bien comprendre les tâches et d’identifier avant tout les facteurs de risques potentiels. Il sera plus facile par la suite de bien encadrer les procédures qui contribueront à la prévention des accidents du travail.

Malgré le fait que les tâches exécutées par les préposés aux chambres puissent sembler similaires d’un hôtel à l’autre, chaque établissement possède en réalité ses propres particularités et celles-ci peuvent parfois contribuer à augmenter ce qu’on appelle familièrement les risques du métier. Par exemple, l’entretien d’une salle de bains demandera une méthode de travail différente si l’on doit nettoyer une baignoire avec douche intégrée alors qu’une autre n’aura qu’une douche vitrée du plancher au plafond.

Les principaux facteurs de risques dans l’entretien d’une chambre d’hôtel :

  • Charges lourdes (matelas) ;
  • Postures inconfortables et contraignantes ;
  • Position du corps courbée, étirée, penchée, accroupie ;
  • Eau sur le plancher de la salle de bains (risque de chute) ;
  • Espace limité ;
  • Accessibilité ;
  • Temps d’exécution prédéterminé pour l’exécution des tâches ;
  • Infections potentielles (piqûres, coupures, égratignures, contact avec literie souillée).

Pour sécuriser au maximum le travail exécuté par les préposés, il est avant tout essentiel de considérer l’aménagement des lieux et de tenir compte des spécificités de l’hôtel. Cette première étape constituera l’élément de base pour établir de façon concrète les méthodes de travail à préconiser et ainsi pouvoir préciser les recommandations d’usage à faire aux préposés.

OUTILS DE TRAVAIL, MATÉRIEL ET ÉQUIPEMENTS

Dans le domaine de l’entretien ménager, on ne saura jamais assez insister sur l’importance de travailler avec du matériel approprié. La responsabilité de l’employeur est claire à ce sujet : il doit s’assurer de fournir les outils et les équipements nécessaires à la prestation de travail de ses employés. Dans le cas des préposés aux chambres, cela permettra non seulement d’obtenir de leur part une qualité d’entretien répondant aux hauts standards exigés par les hôteliers, mais aussi de leur assurer un environnement de travail sécuritaire et à l’abri des accidents malencontreux.

De façon générale, avant chaque quart de travail, il est important de s’assurer que chaque préposé puisse avoir avec lui :

  • Linges nettoyants de qualité (absorbants, sans charpie) et en quantité suffisante ;
  • Manches télescopiques (permettant d’atteindre des surfaces en hauteur) ;
  • Brosses munies de manches pour laver les cuvettes ;
  • Bouteilles de produits avec un bec verseur ou un vaporisateur ;
  • Produits de nettoyage efficaces et clairement identifiés pour les tâches à accomplir ;
  • Literie propre en quantité suffisante ;
  • Escabeau ou marchepied ;
  • Chariot approprié et suffisamment rempli ;
  • Aspirateur (le plus léger possible) ;

Équipements de protection individuelle (EPI) :

  • Gants de protection à la bonne pointure ;
  • Chaussures de travail confortables soutenant tout le pied et avec semelles antidérapantes ;
  • Genouillères ou tapis protecteur approprié pour les tâches qui le requièrent.

Local lingerie :

  • Prévoir des lingeries assez grandes pour pouvoir y circuler avec un chariot constitue également un atout précieux pour la sécurité d’un préposé aux chambres.
  • L’ordre doit y régner puisqu’un local encombré et en désordre augmente les risques de chocs et de chutes.

COMMUNICATION ET FORMATION … VOTRE PASSEPORT POUR LA RÉUSSITE

En santé et sécurité du travail, la communication entre l’employeur et les travailleurs est primordiale. Une fois que les lieux de travail auront été passés au peigne fin, les risques identifiés, les mesures de contrôle établies et des procédures sécuritaires mises en place, il reste la partie la plus importante à réaliser : la diffusion de l’information et la formation du personnel. Dès l’embauche, il faudra ainsi informer les employés des dangers que présente le milieu de travail, préciser les recommandations de l’employeur et les aviser de leur responsabilité à s’y conformer. Cette formation devrait faire état non seulement des risques présents dans le milieu, mais aussi de leurs conséquences. Lorsque l’on informe, par exemple, un employé de la manière sécuritaire de placer les draps en dessous d’un matelas, il faut avant tout s’assurer de bien démontrer la posture à adopter afin d’éviter les blessures au dos ou encore insister sur l’importance du port des gants et du risque de contamination en cas de contact avec de la literie souillée. Dans l’éventualité où on recommande l’utilisation d’un manche télescopique, on peut insister sur le fait d’éviter de subir un étirement musculaire tout comme on devra expliquer la procédure à suivre si un préposé retrouve une seringue souillée – ce qui constitue un risque potentiel pouvant avoir de graves conséquences. Il ne faut donc pas se contenter d’informer le personnel des risques inhérents à leurs tâches, mais aussi de les conscientiser sur les conséquences éventuelles pouvant en découler et s’assurer de leur participation à l’élimination, ou au moins au contrôle desdits dangers.

En résumé, le secteur hôtelier ne fait pas exception à la règle, et en ce qui concerne celui de la santé et sécurité au travail, il est soumis aux mêmes règles que tout autre milieu. Un milieu de travail sain passera donc par l’identification des risques, l’instauration de méthodes de travail sécuritaires, et la diffusion de l’information et la formation du personnel. Voilà votre gage de succès pour assurer la santé et la sécurité des employés.

Dans cette édition

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