La Tablée des Chefs : Objectifs révisés, cuisiniers recherchés

6 juin 2018 - Par Pierre-Alain Belpaire

Pour les responsables de La Tablée des Chefs, les débuts de mois se suivent… et se ressemblent. Après que le gouvernement québécois eut annoncé, le 3 mai dernier, l’octroi d’une aide financière de 5 millions sur cinq ans, la bannière IGA a indiqué, ce 3 juin, qu’elle remettrait plus d’un million de dollars sur la même période à l’organisme créé en 2002. « Un investissement important d’un partenaire qui l’est tout autant », résume Jean-François Archambault, directeur général et fondateur de La Tablée des Chefs.

En acceptant, sourire aux lèvres, ces généreuses sommes, le dirigeant n’a pas manqué de se fixer de nouveaux objectifs, tout aussi volumineux. D’ici 2022, le nombre d’écoles participant au projet des Brigades Culinaires devrait ainsi doubler, passant de 100 à 200 établissements. « Puisque le Québec compte environ 400 écoles secondaires publiques, cela signifierait que la moitié d’entre elles rejoindraient ce programme. » Au terme des cinq prochaines années, la participation aux Brigades devrait également être proposée à quelque 5 000 élèves, contre 2 500 en 2017.

Si ces objectifs et délais peuvent sembler ambitieux, Jean-François Archambault et ses équipes abordent ce nouveau chapitre avec sérénité. « Passer de 100 à 200 écoles ne doit pas nous impressionner ou nous déstabiliser : durant les trois dernières années, nous avons augmenté de 25 établissements par an. On connaît cette cadence, on est parfaitement capables de l’intégrer, assure le directeur général. Pour sélectionner les prochaines écoles, nous allons discuter avec les commissions scolaires, en regardant toujours en priorité du côté des milieux défavorisés… »

Ambassadeurs et formateurs

Malgré la hausse du nombre d’établissements impliqués observée ces dernières années et celle annoncée d’ici 2022, le fondateur de La Tablée des Chefs refuse, pour l’heure, d’évoquer l’implantation des Brigades Culinaires dans l’ensemble des écoles de la province. « Notre objectif actuel, c’est le cap des 200, répète-t-il. Une fois qu’on l’aura atteint, on analysera, on réfléchira. Tant qu’il y aura de la demande, on pourra justifier une croissance. »

Au cours des prochains mois, Jean-François Archambault devra également franchir un double obstacle. Afin d’aller « encore plus loin » et pour conscientiser davantage de jeunes, il souhaite que les participants aux Brigades Culinaires deviennent de véritables ambassadeurs des saines habitudes alimentaires. « Grâce à eux, on devrait pouvoir toucher des dizaines de milliers de jeunes Québécois. À nous de les outiller, de les accompagner le mieux possible. »

Accueillir une centaine de nouvelles écoles dans l’aventure des Brigades implique, ensuite, de trouver rapidement une centaine de chefs et cuisiniers passionnés, motivés et, surtout, disponibles. « Convaincre les cuisiniers de s’occuper d’une brigade dans leur horaire de semaine déjà bien chargé, vous imaginez que ce n’est pas forcément simple… », souffle Jean-François Archambault. L’appel aux éventuels candidats est lancé.
 
 
« Nous sommes une bougie d’allumage »

Le succès des Brigades Culinaires n’est donc plus à démontrer. Les élèves, qu’ils soient novices, cuisiniers aguerris ou simples curieux, sont toujours plus nombreux à vouloir tenter l’expérience. Mais est-ce le rôle de l’école de s’occuper de l’éducation culinaire des plus jeunes ? « Il faut relativiser : on est là une fin d’après-midi par semaine, pendant 24 semaines. L’alimentation, c’est trois fois par jour, toutes les semaines, toute l’année, lance Jean-François Archambault. On souhaite évidemment que le travail et la prise de conscience se poursuivent une fois à la maison. On est une bougie d’allumage. Alors oui, à mes yeux, le rôle de l’école, c’est de faire de la place pour ce genre de programmes. Ça n’enlève rien à l’importance des parents et de la famille dans l’apprentissage d’une alimentation saine ! »
 
(Sur la photo : Jean-François Archambault et Carl Pichette, vice-président marketing de Sobeys Québec. Photo fournie par La Tablée des Chefs)
 
 
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