L’irradiation des aliments

(1ère partie)

23 janvier 2006 - Par Catherine Baril Dt.P.

L’irradiation des aliments a été inventée au milieu des années 1940, reléguée aux oubliettes au cours des années 1960 et est revenue en force dans les années 1980. Le Canada compte donc plus de 40 années d’expérience dans ce domaine. Il s’agit d’une méthode controversée faisant appel à la technologie nucléaire dont le but premier est de tuer les bactéries présentes dans les aliments afin de réduire le risque de maladies d’origine alimentaire.

Qu’est-ce que l’irradiation des aliments ?

Le procédé consiste à exposer les aliments à un niveau contrôlé d’énergie dite « ionisante ». Au Canada, on doit respecter le règlement de la Loi sur les aliments et drogues qui est en vigueur depuis 1989. Ce règlement précise la source, l’intensité et la dose maximale d’énergie qui peuvent être appliquées aux aliments. Jusqu’à maintenant, seuls certains aliments ont été approuvés en vue de leur irradiation et de leur vente au Canada : oignons, pommes de terre, blé, farine, farine de blé entier, épices entières ou moulues et assaisonnements
déshydratés. Santé Canada propose de modifier le règlement afin d’allonger la liste. Les ajouts proposés sont : le boeuf haché frais et congelé, la volaille fraîche ou congelée, les crevettes fraîches, congelées, préparées, séchées et préemballées et les mangues. Avant que ce procédé soit autorisé sur ces aliments, Santé Canada doit mener une étude prouvant l’innocuité de ce traitement.

Au Canada, l’irradiation des aliments n’est pas obligatoire,
mais simplement un procédé autorisé pour certains aliments. Les aliments irradiés représentent moins de 0,1 % de toutes les denrées alimentaires.
Les aliments préemballés qui ont fait l’objet d’une irradiation complète doivent, d’ailleurs, porter obligatoirement le symbole international de l’irradiation (ci-haut).

Comment fonctionne le procédé ?

Au Canada, ce sont les rayons gamma produits par le cobalt 60 qui sont utilisés pour l’irradiation des aliments. Les murs de l’irradiateur sont en ciment de plus de 1,5 mètre et absorbent les rayons émis. L’aliment que l’on veut irradier entre dans l’irradiateur, contourne la source de rayons, soit le cobalt 60, et ressort. Les aliments irradiés ne deviennent pas radioactifs, car il n’y a pas de contact direct avec le cobalt 60. Les aliments ne font qu’absorber l’énergie émise par ce dernier.

Pourquoi irradier les aliments ?

On utilise l’irradiation pour tuer les micro-organismes sans trop élever la température des aliments.

Les objectifs de ce procédé sont :

  • de prévenir les intoxications alimentaires en diminuant la
    quantité de bactéries nocives ainsi que les parasites qui provoquent des maladies d’origine alimentaire
  • de prévenir la détérioration des aliments
  • d’augmenter la durée de conservation des aliments

Par contre, il est à noter que plus de 90 % des toxi-infections alimentaires ont pour origine la contamination croisée à la maison ou au restaurant. Donc, bien que l’aliment soit irradié, si l’on ne tient pas compte des mesures d’hygiène et de salubrité lors de la manipulation,
on peut contaminer l’aliment. L’effet de la prévention des intoxications par l’irradiation aurait peu d’incidence sur le nombre total d’intoxications alimentaires.

Dans la prochaine partie, nous aborderons les avantages et inconvénients de l’irradiation ainsi que l’opinion des consommateurs
en cette matière.

À suivre...

Dans cette édition

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C’est l’année sans fumée !
Dis-moi d’où tu viens, je te dirai si je te sers...
Lady’s First - Zurich
Pour donner pleinement satisfaction à ceux que l’on sert...
Jérôme Ferrer
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