L’ITHQ de retour du Genio 2019 : « Déçu du résultat, heureux de l’expérience »

 
5 décembre 2019 | Par Pierre-Alain Belpaire

La 6e édition du Smart Hospitality Challenge (ou Genio) s’est tenue voici quelques jours sur le campus d’Amsterdam de l’École hôtelière de La Haye. Des candidats provenant des quatre coins du globe et issus de 16 prestigieuses institutions scolaires se sont affrontés, rivalisant d’audace et d’inventivité. « Le cas à traiter cette année, qui nous a été communiqué au mois d’août, était très motivant, indique Jean-Thomas Henderson, professeur en gestion à l’ITHQ. Il s’agissait de travailler sur un concept d’hôtel "climat-positif". Le cas était des plus concrets puisque cet hôtel du groupe Yays ouvrira ses portes à Anvers, en Belgique, début 2021. »

Si le dynamique professeur cache difficilement son enthousiasme, ses deux étudiants de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec avouent, quant à eux, avoir été quelque peu déstabilisés à l’annonce du sujet à explorer. « Pour être tout à fait honnête, je n’étais pas certaine d’être intéressée par cette thématique, mais je me suis inscrite malgré tout, confie Isabelle Pilon-Leblond. Je me suis prise au jeu et aujourd’hui, je vois les choses différemment. J’ai même changé mon mode de vie… » Son coéquipier, Philippe Ou, concède ne pas être, à la base, « un gars très vert ». « C’était un sujet complexe et vague à la fois, très difficile, souffle-t-il. Il fallait en outre proposer un projet concret, pratique, viable, sans tomber dans le farfelu. » Pour ajouter encore à ces difficultés, l’équipe de l’ITHQ fut contrainte de se réorganiser à quelques heures du grand départ pour le Vieux-Continent, la troisième étudiante retenue étant incapable, pour raisons médicales, d’accompagner ses camarades.

Déconnexion totale

Durant plusieurs semaines, la petite troupe a donc réfléchi à la meilleure manière d’allier innovation et développement durable. En analysant les plans d’architectes, en échangeant avec Peter Heule, fondateur de Yays, en assistant, dans la capitale néerlandaise, à des conférences données par des experts, les représentants québécois ont, jusqu’à la dernière minute, adapté, repensé et amélioré leur proposition.

Pour se démarquer des autres équipes, qui allaient très certainement miser sur les applications, la domotique ou les panneaux solaires, les membres de l’ITHQ ont pris le chemin inverse et ont imaginé un concept d’hôtel et de chambres unplugged. « Le dossier de la pollution électromagnétique, l’electrosmog, on commence à peine à en parler, mais ce sera sans doute l’une des grandes tendances des prochaines années, explique Jean-Thomas Henderson. Les impacts de cette pollution sur la santé et le développement durable sont immenses. » Dans leur concept hôtelier, les Montréalais ont donc imaginé que chaque étage présente des degrés de connectivité différents. « Plus tu montais, plus tu entrais dans un sanctuaire déconnecté », résume l’enseignant.

Mais à vouloir ainsi innover et surprendre, les représentants de l’ITHQ ont peut-être voulu aller trop loin et semblent avoir proposé au jury un projet qui, aussi attrayant et intrigant soit-il, est apparu trop futuriste et quelque peu irréaliste. « Il nous était par exemple impossible de proposer des noms de compagnies qui pourraient réaliser ce chantier d’ici quelques mois à peine, confesse Jean-Thomas Henderson. Peter Heule nous a indiqué que notre concept était incroyable mais qu’il n’était pas adapté à son groupe, pas maintenant du moins. » « On a été trop visionnaire, trop innovant, regrette Isabelle. On a offert quelque chose au stade de l’expérimentation plutôt que de l’exploitation. »

Amsterdam, Lausanne, Montréal

Si le jury a salué l’audace des Québécois en leur attribuant une mention, ceux-ci ont terminé sixièmes sur 16 et n’ont donc pu rallier la finale, réservée aux cinq meilleures équipes. « Je suis déçu du résultat, mais heureux de l’expérience, assure Philippe. Sur le plan personnel, j’ai appris à mieux connaître mes faiblesses en faisant face à une grande adversité. » « Je reviens d’Amsterdam transformée, triste et fière à la fois, confirme sa partenaire. J’avais une certaine crainte de parler en public ; là-bas, j’ai performé devant environ 150 personnes. C’est une énorme victoire pour moi ! » « Dans les circonstances qu’on connaît, avec une candidate malade, je suis déjà très satisfait de cette 6e position », conclut le coach.

De retour au pays, les deux participants ont appris, en début de semaine, que leur institution souhaitait les voir participer, en mars prochain, à une autre compétition, tenue cette fois à Lausanne. « C’est une opportunité excitante », sourit Philippe Ou.

Ravie de l’expérience qu’elle a vécue aux Pays-Bas, Isabelle Pilon-Leblond s’est, pour sa part, mise à rêver d’organiser une compétition similaire dans ce coin-ci du globe. « C’est embryonnaire, c’est une idée… », s’empresse-t-elle de préciser. Mais connaissant sa capacité à planifier, à organiser et à innover, quelque chose nous dit qu’il nous faudra prochainement rajouter un nouvel événement à notre agenda...

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