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L’Hôtel Uville récompensé pour son expérience-client

 
22 décembre 2022 | Par Sophie Poisson
Crédit photo: Hôtel Uville

L’Hôtel Uville à Montréal a été récompensé lors des Prix Hotelia de l’Association hôtelière du Grand Montréal pour l’expérience-client qu’il offre avec son hôtel-musée créé sur le Montréal des années 60 et 70. Chaque étage a été conçu comme un chapitre et chaque chambre comme l’une des 33 pages qui raconte une tranche d’histoire, par exemple l’Expo 67,la culture anglophone de Leonard Cohen à Mordecai Richler ou encore le jazz.

« On cherchait un concept avec lequel on pouvait communiquer une histoire qui raconte qui nous sommes aujourd’hui, explique Daniel Gallant, vice-président du groupe hôtelier Epik Collection dont fait partie l’Hôtel Uville. On a puisé dans les années 60 et 70 parce que ce sont deux décennies qui ont beaucoup façonnées la métropole. C’était une époque de croissance et de grands changements, surtout sociaux, et elle n’avait jamais été racontée de ce point de vue. »

Le concept convient d’autant plus à la métropole qu’elle était décrite comme étant une plaque tournante. « Les grands changements sociaux au Canada, on les sentait ici en premier, c’était donc beaucoup plus simple de le développer ici. Son histoire est tellement riche et colorée que ça donne un produit exceptionnel », insiste celui qui est aussi l’instigateur de l’Hôtel Uville. L’établissement se situe dans le Vieux-Montréal, à côté du Musée Pointe-à-Callière et face à la Place d’Youville.

Le terme hôtel-musée

Le plus grand défi a été le temps, car tout s’est fait en neuf mois. Le bâtiment accueillait auparavant des bureaux, donc la construction liée à la reconversion s’est faite facilement, tout comme la recherche d’éléments du décor grâce à l’embauche de designers. L’historien Roger La Roche et la scénariste Karine Lanoie-Brien ont également participé à la création du concept et ont permis de lui donner l’appellation d’hôtel-musée.

« Le désavantage, quand on se dit musée et que l’on veut bien faire notre travail, c’est que cela inclut des centaines d’heures de recherche. Pour l’équipe qui s’en est occupée, le dernier mois, c’était presque 24 heures par jour pour que tout soit parfait dès l’ouverture », souffle le vice-président.

Quelque 400 photos d’archives se retrouvent dans l’hôtel. Epik Collection a donc travaillé étroitement avec les archives du Canada et celles municipales. Et c’est sans oublier l’Office national du film du Canada, car il a fallu sélectionner environ 200 clips pour les projeter sur les télévisions des chambres. Un livre d’une centaine de pages a également été publié par Roger La Roche, incluant des itinéraires touristiques en lien avec les thèmes de chaque chambre. Au total, un investissement de 13 M$ a été nécessaire.

« Souvent, les gens disent “Ouvrir un hôtel-musée avec un thème aussi pointu et dispendieux, c’est risqué”, rapporte Daniel Gallant. Moi, je dis le contraire : “Ouvrir un hôtel classique qui offre ce que l’on peut retrouver un peu ailleurs, je trouve ça risqué". Surtout aujourd’hui parce que les voyageurs ont beaucoup de choix. Si on offre quelque chose qui ne peut être vécu que dans notre hôtel, on élimine une partie de la compétition ! »

Des étages à visiter

« En temps normal, quand on arrive dans un établissement, on tombe dans le transactionnel assez rapidement alors qu’à l’Hôtel Uville, c’est différent, les conversations tournent plus sur le thème », affirme l’instigateur. Au moment de leur arrivée, les clients choisissent une carte de chambre en fonction du thème qui les intéresse : l’architecture, la mode, la gastronomie ou la croissance.

Les années 60-70 se retrouvent dans les chambres, tout en répondant aux attentes d’aujourd’hui. « Il y a des éléments qui rappellent ces années-là, mais ils sont quand même accessibles au niveau technologique. Par exemple, les tourne-disques peuvent tant fonctionner avec des vinyles de l’époque qu’avec un cellulaire, via le Bluetooth. »

Chaque étage représente une période de l’histoire : le quatrième étage évoque ce qui s’est passé avant les années 60, le troisième parle des années 60 et des grands changements sociaux, le deuxième est consacré aux années 70 et aux grands changements culturels, le rez-de-chaussée est dédié à ce qui reste de ces années, encore aujourd’hui. « Même si les clients ont leur chambre au deuxième, ils vont visiter les autres étages parce qu’ils sont très colorés, avec des photos et des écriteaux. Au rez-de-chaussée, on a aussi un restaurant-bar, le U67, où l’on joue de la musique des années 60-70 et sert des desserts de l’époque. »

Quant aux employés, ils ont une expérience et/ou une formation en hôtellerie ainsi qu’un profil d’animateur. À leur embauche, ils reçoivent une formation tant sur la technologie que sur les éléments de compréhension de l’hôtel. Ils sont aussi amenés à rencontrer Roger La Roche et à faire des tournées en ville.

Le nouveau concept hôtelier d’Epik Collection est en train d’être construit sur la rue Saint-Jacques, dans le Vieux-Montréal, et portera le nom de SonoLux, en référence au son et à la lumière. « Il offrira une expérience-client transformative : tous les six mois, un nouveau thème sera développé par un commissaire. Il décidera ce qui sera projeté dans l’hôtel, où cela se fera et avec quel son. C’est comme un festival d’art, mais notre défi est qu’il sera ouvert toutes les heures de la journée, tous les jours de la semaine, toutes les semaines de l’année. » Son inauguration est prévue au plus tard au printemps 2024.

À lire aussi : Un pan de l’histoire de Montréal entre les murs de l’Hôtel Uville

Mots-clés: 06 Montréal
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