L’Alliance pour les fruits et les légumes demande au fédéral d’agir pour protéger leur industrie

10 octobre 2014 - Par Ginette Poulin

Les sociétés canadiennes qui exportent aux États-Unis profitent actuellement des mêmes droits que les fournisseurs américains en ce qui a trait à la récupération des paiements lorsqu’un acheteur refuse de payer ou déclare faillite sans avoir payé ses factures. Par contre, les États-Unis ont récemment indiqué que ce statut spécial allait bientôt être révoqué si le gouvernement canadien ne mettait pas en œuvre un programme de protection-paiement réciproque au pays. Une telle mesure de la part des Américains provoquerait d’importantes répercussions sur l’industrie des fruits et légumes frais, tant sur le prix de vente des produits, que sur la pérennité des emplois.

« Si nous ne profitons plus de la réciprocité, les consommateurs devront payer plus cher pour des marchandises de qualité inférieure, et la variété qui leur sera offerte sera réduite, indique Mike Reed, président de l’association BC Hot House, qui regroupe les producteurs de fruits et légumes de la Colombie-Britannique. Puisque la demande internationale de ces aliments ne cesse d’augmenter, c’est une menace bien réelle, surtout que plus de la moitié des importations de fruits et légumes frais au Canada nous vient des États-Unis, ce qui représente plus de 3,5 milliards de dollars par année. »

« Les exportateurs du Canada en prendront tout un coup, car ils devront alors respecter des exigences de garantie coûteuses pour profiter du même niveau de protection qu’auparavant, ajoute Jim Di Menna de l’entreprise Red Sun Farms. Le secteur canadien ne peut se permettre d’assumer des frais supplémentaires, surtout que les trois quarts des 10 000 producteurs de fruits et légumes du Canada sont de petites entreprises dont les ventes sont inférieures à 85 000 $ par année. »

Selon l’Alliance pour les fruits et les légumes, les expéditeurs américains augmentent déjà leurs prix de 5 à 15 % pour leurs importations au pays, histoire d’atténuer les risques. Tout ce que le secteur canadien demande au gouvernement, c’est de garder l’engagement qu’il avait pris en 2011 en vertu du Conseil de coopération en matière de réglementation Canada-États-Unis dans le but de protéger les fournisseurs de fruits et légumes contre les acheteurs qui ne respectent pas leurs obligations de paiement. L’Alliance considère que peu de choses ont été accomplies depuis pour respecter cet engagement et les Américains sont en train de perdre patience.

Rappelons qu’au Canada, le secteur des fruits et légumes frais et sa chaîne d’approvisionnement regroupent 147 900 travailleurs et représentent plus de 11 milliards de dollars du PIB réel.

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