« Il n’y a pas meilleure expression du terroir que la pomme qui donnera le cidre »

1er mai 2019 - Par Marie-Ève Garon

La troisième édition de la Semaine du cidre bat actuellement son plein dans les différentes régions du Québec. Ce breuvage local, qui gagne un peu plus de popularité chaque année, notamment auprès des 20-40 ans, est à l’honneur à travers une centaine d’activités thématiques dans les cidreries, mais aussi dans certains bars et restaurants de la province. Malgré les embûches liées à ce secteur d’activité, les producteurs ne cessent d’innover afin de faire connaître et de démocratiser ce produit de notre terroir québécois.

« Le principal défi est le financement initial, mentionne Christian Hébert, propriétaire du Domaine Hébert à Deschambault-Grondines. Il faut amasser une mise de fonds importante et aller chercher tous les outils nécessaires pour que le projet puisse voir le jour. Après, il s’agit de voir les gens qui nous entourent comme des partenaires. Ce ne sont plus des banquiers ou des fonctionnaires, ce sont nos partenaires car on va travailler avec eux et ils vont tous travailler avec nous. Ils veulent faire partis de notre histoire, de notre produit et non simplement renouveler notre prêt. » L’entrepreneur croit aussi que la formation, les stages et les voyages, visant à connaître ce qui se fait ailleurs, sont primordiaux dans le processus de développement des produits et de la marque.

Un marché en pleine expansion

Après une formation à l’ITA de Ste-Hyacinthe, un stage à Napa, en Californie, et une expérience de travail en Champagne, Christian Hébert démarre, en 2010, son entreprise. Ses cidres mousseux sont élaborés en s’inspirant de la méthode traditionnelle champenoise. Avec son épouse Karen Morin, ils créent un modèle d’agriculture familiale où chaque décision est prise en fonction de leurs propres valeurs.

Pour Christian Hébert, la vague de popularité que connaît actuellement le cidre n’en serait qu’à ses débuts. « C’est une tendance qui est là pour rester. Les parts de marché à conquérir sont énormes. À l’heure actuelle, on est le secteur le mieux positionné en termes d’expansion. » Cet engouement n’est pas étranger au fait que le cidre corresponde aux attentes des nouvelles générations en matière de produits de consommation : 100 % local, faible empreinte carbone en ce qui a trait à sa production, application restreinte de pesticides (pommes destinées à la transformation)… « Il n’y a pas meilleure expression du terroir que la pomme qui donnera le cidre. C’est un produit qui s’est beaucoup raffiné dans les dernières années. »

D’ici quelques semaines, le cidre du Domaine Hébert fera son entrée au Mousso, à Montréal, puis, un peu plus tard dans l’année, dans l’ensemble du réseau des Rôtisseries Saint-Hubert. Le nectar de pommes gagne ainsi du terrain dans le secteur de la restauration où, selon Christian Hébert, tout reste encore à faire. « Récemment, aux Lauriers de la Gastronomie québécoise, nous étions étonnés de voir à quel point les jeunes et les nouveaux chefs s’intéressent à ce produit. Ce qui fait que le secteur des cidres est devenu, à notre grande surprise, très populaire dans ce genre de rassemblement. » L’agriculteur précise qu’en outre, la grande majorité des cidriculteurs ne font pas affaire avec une agence, ce qui représente une occasion en or pour le restaurateur d’ajouter le cidre à sa carte. « Ça peut être vraiment rentable, tant pour le producteur que pour le restaurateur. Et c’est un excellent moyen de rejoindre et de fidéliser la clientèle de moins de 40 ans. »

Dès l’automne, le Domaine Hébert commencera également à approvisionner les navires de croisière de passage dans la belle province. « C’est une ouverture du Québec sur le monde. »

(Crédit photo : Facebook / Domaine Hébert)

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