Hôtels Marineau : Quand un employé rachète la chaîne hôtelière...

16 février 2018 - Par Pierre-Alain Belpaire

La chaîne Les Hôtels Marineau, qui compte quatre établissements en Mauricie, a été officiellement rachetée le 9 février dernier. Si le montant de la transaction reste confidentiel, le nom du nouveau propriétaire de l’enseigne est, quant à lui, bien connu des employés. Le jeune acquéreur, Donald J. Desrochers, travaille en effet pour la compagnie depuis 2006.
 
 
HRImag : Donald Desrochers, comment se sent-on quand on rachète, à 32 ans à peine, une chaîne hôtelière ?

Pour être tout à fait sincère, je ne réalise pas encore complètement. Ça va me prendre quelques jours pour atterrir. Voire plusieurs semaines…

Comment se sont déroulés les derniers mois ?

Lorsqu’on a appris en mai 2016 que la compagnie était à vendre, je n’ai pas pensé tout de suite à la possibilité de la racheter. On parlait d’un prix de 7,9 millions de dollars. C’était une somme bien trop importante pour moi ! Ce n’est qu’en décembre 2016 que j’ai commencé à y réfléchir. Quelques mois plus tard, c’est devenu plus concret.

L’avez-vous achetée 7,9 millions $ ?

Le montant doit rester confidentiel.

Pourquoi avoir acquis les Hôtels Marineau ?

C’est une très belle compagnie, fondée en 1932, avec une belle histoire, de belles valeurs familiales. Cela fait 12 ans que j’y travaille. Je connais les employés, je connais les quatre établissements, placés à des endroits stratégiques. Cette entreprise a un incroyable potentiel.

Comment ont réagi les employés, vos anciens collègues ?

Ils étaient extrêmement soulagés que ce soit quelqu’un du groupe qui reprenne les hôtels, quelqu’un de la région. Il y a sans doute aussi une certaine fierté de voir un employé, un des leurs, arriver au sommet de la compagnie. On restera des hôteliers, des restaurateurs : je ne veux pas révolutionner ce groupe, je veux simplement faire encore mieux ce qu’on faisait déjà très bien. Ce message-là les a sans doute aussi rassurés.

André Marineau, petit-fils du fondateur, a indiqué dans la presse que « l’unique raison » qui a poussé sa famille à vendre était le manque de main-d’œuvre. Malgré vos ambitions et votre motivation, vous devrez également franchir cet obstacle. Comment allez-vous vous y prendre ?

Je ne vais pas vous mentir : de nos jours, trouver de la main-d’œuvre est un incroyable défi. Mais quand je compare avec d’autres hôtels, je pense que notre situation n’est pas catastrophique. Le taux de roulement est assez faible, l’ancienneté plutôt élevée, les employés nous sont fidèles… : nous sommes chanceux dans notre malchance.

Mais comment allez-vous attirer la relève ?

Ça passe par l’amélioration de l’ambiance de travail. Oui, le salaire reste important, évidemment, mais aujourd’hui, on doit aussi penser aux à-côtés, en offrant par exemple une certaine flexibilité aux employés.

Dès l’annonce du rachat, vous avez annoncé un plan de rénovations d’1,65 million $. En quoi consisteront ces travaux ?

Les quatre hôtels sont concernés. L’idée principale est de rénover les chambres, les corridors et les halls d’entrée, de moderniser tout en gardant le côté familial et humain qui nous caractérise. Je veux en profiter pour standardiser nos installations.

C’est-à-dire ?

Que vous vous trouviez à La Tuque ou à Shawinigan, je veux que les chambres soient identiques, que la manette soit toujours à la même place, que l’expérience soit semblable d’une place à l’autre.

Vous avez 32 ans. Vous êtes désormais propriétaire d’une chaîne hôtelière, en plus d’être chargé de cours au Collège Laflèche, trésorier de Tourisme-Mauricie et vice-président de l’Office des Foires et Congrès de Shawinigan. Quel est votre secret ?

Je ne dors pas beaucoup ! (rires) Plus sérieusement, je le fais parce que j’aime ce métier. C’est un superbe domaine. On m’a pris pour un fou quand j’ai annoncé mon intention de racheter les Hôtels Marineau. Mais c’était possible ! Ce qu’il faut retenir de cette histoire, ce n’est pas que Donald Desrochers a racheté une chaîne, c’est plutôt qu’un jeune issu de la classe moyenne a pu réaliser un rêve. Tu n’as pas besoin d’avoir un père millionnaire pour acheter des hôtels. Si tu y crois, tout est possible ! Je n’y serais cependant pas parvenu seul et je dois remercier tous ceux qui ont cru en moi.

Quel genre de propriétaire serez-vous ? Pas simple se retrouver « patron » d’anciens collègues…

Les directrices des hôtels me signalaient voici peu que les membres du personnel m’appelaient par mon prénom et blaguaient avec moi. Je leur ai répondu que ça pourrait continuer ainsi. Je ne veux pas imposer le respect, je veux le gagner. Je n’ai que 32 ans, je ne sais pas tout et j’ai encore beaucoup à apprendre.

Vous voilà à la tête de quatre hôtels. Pourriez-vous en acheter d’autres prochainement ?

J’aimerais ça ! Mais je vais tout d’abord commencer par payer ces quatre-là… Riotel a réussi à être associé à la Gaspésie : mon rêve le plus fou, ce serait qu’un jour, on pense immédiatement Marineau lorsqu’on évoque l’autoroute 55. Ce ne sera pas pour demain, évidemment, mais j’y crois !
 
 
(Crédit photo : Isabelle Beauce)

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