Hotelia 2016 : Matthieu Saunier, chef plein de ressources

26 septembre 2016 - Par Pierre-Alain Belpaire

Quelque 150 professionnels de l’hôtellerie et du tourisme étaient réunis, le 15 septembre dernier, dans le flambant neuf hôtel William Gray à l’occasion de la deuxième cérémonie des Prix Hotelia. La soirée, organisée par l’Association des Hôtels du Grand Montréal (AHGM), avait pour objectif de récompenser six initiatives hôtelières et les établissements ou membres du personnel qui les ont prises. Du 20 au 28 septembre, HRImag dresse le portrait des six lauréats.

« De Martigues. Juste à côté de Marseille. » L’accent est prononcé, chantant. Et ne trompe guère sur les origines provençales de Matthieu Saunier. « J’ai beau être arrivé au Québec voici dix ans, ça me suit partout, ça me trahit tout le temps… »

En une seule décennie, le jeune chef exécutif de l’Hôtel InterContinental aura pourtant réussi à s’intégrer de la plus belle des manières et à laisser son empreinte dans l’industrie montréalaise. En lui remettant le Prix Hotelia, catégorie Coup de Cœur RH, l’Association des Hôtels du Grand Montréal a tenu à saluer « son style de gestion participatif, son dynamisme et son investissement ». « C’est sans doute la meilleure manière de définir Matthieu », glisse Sophie Tripier, directrice des ressources humaines au sein de l’InterContinental. « Il travaille, il parle, il agit, il crée : il est toujours à 1 000 %. »

S’il a débuté au sein de l’établissement comme aide-cuisinier, Matthieu Saunier a rapidement gravi les échelons. Parvenu au sommet, le jeune homme dirige aujourd’hui une équipe composée de 35 personnes. « Il a une relation très particulière, très personnelle avec chacun d’entre eux », poursuit Sophie Tripier. « Ils échangent et discutent beaucoup. Il y a une réelle proximité entre les membres de l’équipe. » « La solution à un problème réside bien souvent dans une simple discussion franche », estime le chef exécutif. « C’est la raison pour laquelle j’insiste autant pour que les éventuels conflits soient abordés en interne. Et dans la majorité des cas, ça passe mieux. Cela fait maintenant six ans que je suis à ce poste et j’ai toujours agi ainsi. Ce style ne convient pas à tous mais en général, ça aide à désamorcer des bombes. »

Pour accueillir les « meilleurs » dans son équipe, le chef trie lui-même les CV et candidatures. Et met un point d’honneur à ouvrir, chaque année, les portes de sa cuisine à au moins cinq stagiaires. « C’est comme cela qu’on apprend : en étant sur le terrain, en essayant, en osant, en commettant de petites erreurs. Guider les jeunes les amène à s’épanouir. Et lorsque l’un d’eux se plante, on en discute. Sans le réprimander mais en le poussant à s’améliorer. »

Matthieu Saunier recevant son prix des mains de Mathieu Laveau, président-fondateur d'Hotelleriejobs.com

Matthieu Saunier insiste fortement sur l’importance d’instaurer un climat de confiance. Pour y parvenir, il ne se contente pas de parler. Il agit également. Beaucoup même. « Et sans toujours nous tenir au courant », précise, sourire en coin, la responsable des RH.

Plusieurs employés des cuisines de l’Hôtel InterContinental ont ainsi eu le plaisir de voir débarquer leur progéniture sur leur lieu de travail. Le chef a en effet décidé, à quelques reprises, d’inviter les enfants du personnel afin de leur montrer quel était le quotidien de leurs parents. Affublés d’un uniforme personnalisé, les cuisiniers en herbe ont pu tester leurs talents en pâtisserie et emporter fièrement chez eux le résultat de leur labeur. « Dans un établissement comme le nôtre, on ne peut évidemment pas se permettre ce genre d’activités en plein rush », précise celui qui est lui-même papa depuis quelques mois. « Dès que l’horaire le permettra, je pense organiser à nouveau cette journée. »

Matthieu Saunier délaisse parfois son royaume et franchit les frontières de « son » territoire. Pour mettre en place un jardin sur le toit. Pour organiser un système de compostage. Pour dessiner les plans du 5e étage de l’hôtel, prochainement rénové. « Il ne faut rien exagérer », rougit le chef. « En dehors de ma cuisine, je ne dirige pas, je participe, je donne mon avis. Tous ces sujets m’intéressent et aident à bâtir un esprit de groupe. J’avoue avoir besoin de mettre mon nez un peu partout, de me tenir au courant de ce qui se prépare. » Au point de ne pouvoir imaginer travailler dans un établissement qui l’obligerait à rester sagement derrière ses fourneaux. « J’aime bien trop ma liberté. »

(Crédit photos : AHGM - Virtuo)

Pour suivre l’Hôtel InterContinental Montréal :

À lire aussi !




PROPOSEZ UNE
NOUVELLE !


© HRI 2012-2019
Tous droits réservés.

HRImag est un média francophone (site Web et magazine papier) qui offre de l'information de pointe sur l'industrie des HRI (hôtels, restaurants et institutions.