Honneur et plaisir pour le chef Mathieu Cloutier

24 mai 2018 - Par Alexandra Duchaine

Le chef propriétaire Mathieu Cloutier cumule les bonnes nouvelles : celui qui a été désigné, ce week-end, le meilleur de sa profession par la Société des chefs cuisiniers & pâtissiers du Québec sera l’un des juges d’une nouvelle émission culinaire qui sera diffusée à l’automne sur les ondes de V.

Chaque semaine, à Je suis chef, six nouveaux candidats devront accomplir des épreuves en cuisine. La moitié d’entre eux seront des chefs professionnels ; les autres, des passionnés de gastronomie, tout simplement. Mathieu Cloutier et acolytes, les juges Bob le chef, Danny Smiles, Kimberly Lallouz et Geneviève Everell, devront évaluer la qualité, l’originalité et la technique de certains plats sans savoir s’ils sont issus d’une main de maître ou d’initié. Leur but : sélectionner la meilleure création et démêler les « vrais » chefs des amateurs.

« C’est ce que j’aime du concept, le fait que n’importe qui y prouvera son talent, nous confie Mathieu Cloutier. Je sais que des médecins, des charpentiers-menuisiers viendront à l’émission et seront meilleurs que des chefs professionnels », prévoit-il. Le diplômé de l’ITHQ le reconnaît, la cuisine, c’est avant tout une question d’histoires, d’amour et de passion. Pas besoin d’aller à l’école pour faire de la bonne bouffe. Curiosité, inclination et pratique suffisent à l’apprentissage des techniques.

Trop souvent, aux yeux du propriétaire du restaurant montréalais le Kitchen Galerie, les chefs sont magnifiés, placés sur un piédestal. « On ne sauve pas des vies, on cuisine, rigole-t-il. Tout ce qu’on fait, c’est procurer du plaisir. Bien des gens à la maison peuvent faire comme nous ».

Si Mathieu Cloutier a accepté de participer à l’émission animée par Isabelle Racicot, c’est en partie parce qu’elle tourne autour de cette notion de plaisir. « Le candidat qui a apprêté le meilleur repas gagne 2000 dollars, rien de trop sérieux. On ne parle pas d’une émission de compétition où les enjeux sont grands et où le stress est palpable, on parle de courtes épreuves culinaires et d’identités à démasquer », résume le chef.

Celui qui contribuait à l’émission Ça va chauffer ! n’a jamais voulu faire carrière sur la scène gastronomique. Son parcours est celui d’un voyageur, d’un gourmand qui aime son métier, point final.

À la télévision, les chefs sont souvent dépeints comme des êtres sévères, sérieux et droits. « Il ne faut pas oublier qu’on est des bons vivants, des bons mangeurs qui aime le plaisir de la table, le partage, les soirées arrosées entre amis et je crois que c’est ce genre d’émission qui peut le rappeler », souhaite-t-il.

France, Australie, Hawaï, Royaume-Uni : Mathieu Cloutier a voyagé un peu partout dans le monde pour travailler dans les plus grands établissements. La télévision peut-elle lui apporter quelque chose ? Bien sûr : « Quand on est chef, on évolue souvent en vase clos, dans notre cuisine. Parfois, on se dit qu’on vient de créer une petite merveille. Puis on fait goûter et on entend : ‘Bin voyons, je fais la même chose à la maison !’. Le contraire peut aussi arriver ». Faire de la télé permet de comprendre les attentes et les connaissances de la clientèle, de se situer par rapport à elles.

Chose certaine, Mathieu Cloutier les connaît bien, les attentes de la clientèle. C’est du moins ce que considère ses collègues membres de la Société des chefs cuisiniers & pâtissiers du Québec, qui lui ont remis le titre honorifique de Chef national. « On ne reçoit un tel titre qu’une fois dans une vie. Quand les professionnels de ton milieu soulignent ton talent et ta démarche, c’est une méchante tape dans le dos, tout un encouragement à continuer ! », met en lumière le chef. Comme il est proche et loin à la fois, le petit Mathieu de Bolton-Est, nourri au pâté chinois...

(Crédit photo : Casa)




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