Harcèlement : « Un véritable fléau dans la restauration »

27 octobre 2017 - Par Pierre-Alain Belpaire

Dans la foulée de ce qu’on peut désormais appeler l’« Affaire Harvey Weinstein », un nombre croissant de femmes (et d’hommes !) osent désormais dénoncer les comportements indélicats subis sur leur lieu de travail, les harcèlements survenus sur la voie publique, les agressions trop longtemps passées sous silence. Aux quatre coins du globe, les langues se délient. Sur Twitter et Facebook, des milliers d’internautes ont utilisé, au cours des dernières heures, le mot-dièse #MeToo pour raconter les tristes épisodes vécus et ouvrir les yeux de ceux qui nieraient encore le phénomène ou tenteraient d’en minimiser l’ampleur.

Ce mardi, une jeune femme installée à Trois-Rivières a contacté notre rédaction. Celle qui durant toute la conversation se fera appeler Marie travaille depuis sept ans dans l’univers de la restauration. « J’ai fréquenté quelques établissements de tailles différentes, de style différents, avec une mentalité différente, mais avec malheureusement une même constante : les remarques déplacées, les réflexions à caractère sexuel, les blagues cochonnes,… Vous savez, cette attitude de "mononc" »… Si ça m’est arrivé souvent ? Des dizaines, des centaines de fois ! Le harcèlement, c’est un véritable fléau dans ce milieu. J’ai travaillé dans d’autres endroits auparavant, dans d’autres industries : je n’avais jamais connu ça. »

Marie estime être une « forte tête » et confie ne jamais s’être laissée faire. « Parfois, je ricane, souvent, je réplique. Mais à un moment donné, vous vous rendez compte que ces remarques, ces jokes, sont trop fréquentes et, surtout, qu’elles sont toujours plus osées, plus poussées, plus violentes. »

Une seule fois, la demoiselle sera sortie de ses gonds. La raison ? Une main posée sur ses fesses accompagnée d’un puissant éclat de rire. « C’était le geste de trop. J’aurais pu le gifler, j’aurais pu porter plainte ou faire un scandale, j’ai préféré mettre les choses au point avec ce pauvre type. Il s’est excusé. Je crois qu’il était sincère. J’espère qu’il a compris. Je ne le saurai jamais : j’ai quitté ce restaurant quelques semaines plus tard. »

Aujourd’hui, la jeune femme travaille dans des cuisines où règne une ambiance conviviale. « Presque familiale, précise Marie. Une petite équipe, moitié hommes, moitié femmes. Pour l’heure, je n’ai rien entendu, rien subi. Peut-être que le simple fait d’être en présence de plusieurs dames freine les ardeurs de ces messieurs… »




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