Fraude alimentaire : Les professionnels informés mais désarmés

22 novembre 2018

Au Canada, les acteurs de l’industrie agroalimentaire estiment avoir une très bonne connaissance de la définition de la fraude alimentaire, mais seulement 43 % d’entre eux affirment avoir "plutôt" ou "tout à fait confiance" dans leurs habilités à reconnaître un cas de fraude. Ces constats ressortent d’une étude pancanadienne inédite sur la fraude alimentaire, réalisée par le CIRANO en collaboration avec l’INAF (Université Laval) et le CRIBIQ auprès de 400 entreprises représentatives de l’industrie agroalimentaire et qui vient d’être rendue publique.

« Notre étude permet de mieux connaître les perceptions et les préoccupations des entreprises de la chaîne agroalimentaire envers la fraude, mais aussi de documenter les pratiques utilisées par les différents acteurs en prévention et en détection de la fraude », explique dans un communiqué Nathalie de Marcellis-Warin, coauteure de l’étude, présidente-directrice générale du CIRANO et professeure à Polytechnique Montréal.

Voici les principaux résultats :

Définition de la fraude et connaissance des réglementations

Globalement, les acteurs de la chaîne alimentaire se perçoivent tout de même comme assez réglementés et semblent plutôt conscients de leurs responsabilités envers le consommateur final :

  • Les différents actes constituant les cas de fraude sont reconnus à plus de 90 % ;
  • 34 % des répondants affirment avoir une connaissance "faible" à "très faible" de la réglementation fédérale encadrant la fraude alimentaire ;
  • 40 % des répondants ont une connaissance "faible" à "très faible" de leur réglementation provinciale.

Perception du risque de fraude

Le Canada est perçu comme étant plus à l’abri que le reste du monde. Il y a toutefois une certaine conscience des conséquences de la fraude au sein de l’industrie agroalimentaire au Canada. Le sentiment de sécurité est toutefois hétérogène :

  • 33 % de tous les acteurs de la chaîne agroalimentaire au Canada considèrent que leur entreprise est à l’abri de la fraude alimentaire. Un résultat qui grimpe à 42 % au sein des producteurs canadiens ;
  • 35 % de tous les acteurs de la chaîne agroalimentaire au Canada estiment qu’il est "probable" ou "tout à fait probable" qu’ils aient déjà été victimes de fraude par le passé. Chez les distributeurs du Canada, cela grimpe à 48 %.

Pratiques de prévention mises en place par l’industrie

On constate clairement que les pratiques de prévention sont bien connues : 68 % des entreprises au Canada rapportent en avoir une connaissance moyenne à très élevée.

Les pratiques de détection sont, elles, moins connues et moins mises en place alors qu’elles sont perçues comme étant efficaces : 77 % des entreprises ne font jamais ou rarement des analyses pour détecter la fraude.

En termes de mesures de prévention, les systèmes de traçabilité de la chaîne d’approvisionnement semblent être la pratique de choix retenue par les entreprises pour prévenir la fraude (72 %).

En conclusion, Nathalie de Marcellis-Warin soutient que « les résultats de cette étude, couplées aux cas de plus en plus fréquents de fraude, mettent en lumière la nécessité de communiquer davantage sur la fraude alimentaire. D’ailleurs, cette nécessité est également plébiscitée par les acteurs de la chaîne agroalimentaire eux-mêmes qui considèrent que la fraude est un enjeu qui n’est encore pas suffisamment abordé, surtout à l’externe de l’entreprise, c’est-à-dire par l’industrie agroalimentaire elle-même mais aussi par le gouvernement et par l’opinion publique. »

(D’après communiqué)

Vous pouvez dès maintenant accéder à la liste complète des résultats
cirano.qc.ca

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