Formation en hôtellerie et restauration : Les inscriptions en chute libre

2 octobre 2018 - Par Pierre-Alain Belpaire

Voici un an et demi, dans le dossier « Cherche étudiants désespérément » paru dans notre magazine Été 2017, la rédaction du HRImag tirait la sonnette d’alarme et s’inquiétait du déclin du nombre d’inscriptions enregistrées dans les établissements québécois offrant des programmes touchant à l’hôtellerie ou à la restauration.

Des données exclusives transmises par le Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur nous apprennent aujourd’hui que la courbe ne s’est pas inversée au cours des deux dernières années académiques. Bien au contraire ! Les DEC en gestion d’un établissement de restauration et en techniques de gestion hôtelière ont ainsi connu, entre la rentrée de 2012 et celle de 2017, une diminution de près de 20 % de leur nombre d’élèves (respectivement 18,7 % et 19,5 %). Les formations professionnelles en cuisine ont connu cinq années de déclin consécutives. Du côté des AEC (attestations d’études collégiales), le constat est catastrophique : en cinq ans, le total d’inscrits a chuté de 73 %. Un simple coup d’œil au tableau ci-dessous permet de constater l’ampleur des dégâts et de noter que les années « positives » (en vert) sont bien peu nombreuses.

« C’est dramatique, oui, mais ce n’est malheureusement pas surprenant, réagit Luc Gagné, enseignant en gestion d’établissement de restauration au Cégep de Saint-Jérôme. C’est la faute à l’industrie si on connaît de telles baisses ! Les diplômes ne sont pas reconnus, pas exigés. » « Ce que les chiffres ne disent pas, c’est que le plus difficile, ce n’est pas de recruter les étudiants, c’est de les garder, enchaîne Luc Gélinas, professeur au Collège Laflèche. On rencontre actuellement d’immenses problèmes de rétention. Comment faire pour garder à nos côtés, durant trois ans, un jeune qui sait qu’il pourrait trouver du travail demain matin ? »

Soulignant, malgré tout, les efforts des employeurs (« Toujours plus nombreux à améliorer les conditions de travail offertes », note Luc Gagné) et des associations professionnelles (« Qui ont osé se positionner davantage, interpeller et agir », souligne Luc Gélinas), les deux enseignants rappellent qu’il faudra, de toute urgence, redorer l’image, fortement écornée, des métiers de la restauration et de l’hôtellerie.

« Ce ne sont pourtant pas les passionnés qui manquent, rappelle le représentant du Cégep de Saint-Jérôme. Des jeunes qui rêvent d’apprendre, de se lancer, qui ont la fibre entrepreneuriale, qui ne sont pas découragés par le nombre d’heures de travail, qui veulent faire carrière, il y en a, je vous l’assure ! »

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