Fête des Mères : Un rendez-vous à réinventer, une opportunité à saisir

 
6 mai 2020 | Par Marie-Ève Garon

Le dimanche de la fête des Mères représente traditionnellement une opportunité d’affaires en or dans le secteur de la restauration. OpenTable estime d’ailleurs que le brunch dominical est, à cette occasion, le plus populaire de toute l’année. Cependant, dans le contexte actuel de pandémie, les gestionnaires d’établissement ont dû faire preuve de créativité et de rigueur pour offrir à leurs clients un menu attrayant et adapté aux circonstances. Bon nombre d’enseignes proposent en effet d’alléchants menus qui font le bonheur de leur clientèle. Malgré les aléas de la situation, célébrer les mamans se veut encore très populaire cette année.

Réinventer son savoir-faire

« Habituellement, nous faisons maison comble à notre restaurant L’Orygine pour le brunch de la fête des Mères, mentionne Karen Therrien, associée dans le Groupe La Tanière. Étant donné le contexte, nous avons développé un menu prêt-à-emporter (aussi disponible en livraison) pour deux personnes, baptisé "3 soirées d’exception", qui fait présentement fureur. » Le concept déployé dans les dernières semaines par l’équipe de La Tanière a rapidement trouvé preneurs.

Pour des raisons d’effectifs, le produit est offert pour l’instant en quantité limitée, soit quelques centaines de kits gastronomiques. La logistique complexe mise en place pour assurer la sécurité du personnel et des clients fait en sorte que la production demeure restreinte. Comme l’équipe tient à maintenir ses standards élevés, le but n’est pas non plus de produire des quantités phénoménales, mais bien de miser sur la qualité. Selon Karen Therrien, la réponse se veut excellente. « À Pâques, nous avions une formule similaire (à laquelle un brunch était ajouté) et nous avons connu un véritable succès. » La gestionnaire estime que le besoin de réconfort de la population favorise ce type de propositions. « Comme les gens ne peuvent pas faire tellement d’activités à l’extérieur de la maison, ils semblent encore plus au rendez-vous cette année. »

Au Manoir Hovey, situé à North Hatley en Estrie, la fête des Mères représente également un moment fort prisé par la clientèle. Afin de souligner l’événement, malgré la fermeture des salles à manger, le chef Alexandre Vachon a élaboré un brunch livré à la maison. « Nous sommes un établissement haut de gamme, Relais & Châteaux, mais dans une situation imprévue comme celle que nous vivons actuellement, tout le monde doit s’adapter du mieux qu’il peut, note Jason Stafford, directeur général de l’entreprise familiale. C’est ce que nous avons fait ! » Comme le prêt-à-manger et la livraison ne font pas partie intégrante du modèle d’affaires de l’établissement, l’équipe fut agréablement surprise de l’engouement envers sa nouvelle proposition. Si bien que le principal défi réside maintenant dans le fait de répondre à la forte demande. « On ne savait vraiment pas dans quoi on s’embarquait, poursuit le dirigeant. Ça s’avère bien plus populaire que ce qu’on avait prévu au départ ! »

Conserver son identité

Tant du côté de l’enseigne estrienne que du Groupe La Tanière, plusieurs clients souhaiteraient voir ces offres se poursuivre au-delà de la période actuelle de confinement. Dans un cas comme dans l’autre, les options de prêt-à-manger et de livraison ont rallié une clientèle fidèle, mais ont également permis d’attirer un nouveau public. « De par la situation, j’ai été plus agressive sur les réseaux sociaux et j’ai également fait, pour une rare fois, des placements à la radio, explique Karen Therrien. On est donc allés chercher beaucoup de nouveaux clients. On s’est aussi fait connaître par le bouche-à-oreille bien davantage qu’avant la pandémie. » Étant donné que le secteur de la restauration ne pourra guère compter sur le tourisme au cours des prochaines semaines, voire des prochains mois, le fait d’atteindre une clientèle-cible plus large semble essentiel en ce moment.

En ce qui concerne Le Manoir Hovey, Jason Stafford estime qu’environ 50 % de la clientèle actuelle ne faisait pas partie des habitués de l’endroit. Le directeur général croit que l’idée de rejoindre un nouveau public se veut effectivement une bonne chose. « Il faut dire que nos prix ont été revus à la baisse. Bien que ça demeure gastronomique, on ne peut pas se permettre de proposer le même menu en livraison qu’en salle à manger. » Pour la fête des Mères, l’établissement offrait habituellement le brunch en formule buffet. « Au-delà de générer des profits, l’idée cette année s’avère surtout de garder des employés actifs et de servir notre communauté puisque les options sont très limitées en ce moment. »

Les deux gestionnaires s’entendent pour dire qu’il est important de retrouver dans l’assiette, l’identité de l’établissement. Chaque enseigne a ainsi misé sur la créativité et le talent de ses chefs pour travailler des produits de qualité qui conviennent à des plats destinés à être réchauffés à la maison. « Il est essentiel de conserver "l’effet wow" », glisse Jason Stafford. Le Groupe La Tanière a, pour sa part, priorisé les produits locaux et raffinés qui font partie de l’ADN de la marque. « Nous avons choisi des fournisseurs qui pouvaient nous assurer la quantité nécessaire pour élaborer nos boîtes, conclut Karen Therrien. Même si l’expérience en salle à manger n’y est pas cette année, l’amalgame de saveurs qui nous caractérise se veut toujours au rendez-vous. »

(Crédit photo : Elly Fairytale / Pexels)

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Mots-clés: Québec (province)
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