Face à la pénurie, privilégier les industries « indispensables et payantes » ?

19 juin 2019

Dans sa chronique datée de ce mardi et publiée dans La Presse, le journaliste Francis Vailles estime qu’« au rythme où vont les choses, il faudra probablement choisir : on sauve les restos ou les hôpitaux ? On privilégie les barmans ou les menuisiers ? » Estimant que la pénurie de main-d’oeuvre, en plus de menacer des entreprises, met en péril « la santé de la population, notamment en région », l’auteur se demande s’il faudra « privilégier, d’une façon ou d’une autre, la formation de certains emplois plus stratégiques que d’autres pour notre société ? » Malgré des hausses de salaires, l’automatisation de différents procédés ou encore l’immigration, Francis Vailles note que « certaines organisations ne pourront pas se payer la main-d’oeuvre et fermeront leurs portes ».

« Le tourisme est un bon exemple, écrit-il. Les gouvernements subventionnent de très nombreux festivals et événements touristiques. Or, ces événements créent essentiellement des emplois saisonniers et peu payés, notamment dans des secteurs où il y a pénurie, comme la restauration et l’hébergement. Selon les données de Statistique Canada, il manque environ 10 000 serveurs, cuisiniers et barmans au Québec. En finançant grassement beaucoup d’événements touristiques, l’État empire la situation et incite des gens à travailler dans cette industrie plutôt que dans d’autres, plus indispensables et payantes. »

Les propos du chroniqueur et les termes qu’il a choisis n’ont, évidemment, pas manqué de faire bondir différents acteurs de l’industrie des HRI. Dans une lettre ouverte cosignée notamment par Liza Frulla (ITHQ), Xavier Gret (AHQ) ou encore Eve Paré (AHGM), Alain Mailhot, pdg de l’ARQ, « choqué », rejette l’idée selon laquelle il faudrait choisir de sauver certains emplois plutôt que d’autres.

« Permettez-nous de vous souligner l’importance de nos secteurs respectifs, tant pour l’économie québécoise et la création de richesse, que pour le rayonnement culturel du Québec, indique Alain Mailhot. L’industrie du tourisme représente plus de 2 % du PIB québécois dont 34,5 % des capitaux sont des intrants nets à la balance commerciale de la province. Peu d’industries peuvent se targuer de créer autant de valeur et encore moins peuvent affirmer être un vecteur de croissance pour d’autres industries par leur rayonnement à l’international et la convoitise qu’ils créent pour les produits, autant gourmands que culturels, faits au Québec. »

Soulignant que les postes en restauration, en hôtellerie ou en tourisme ne sont pas destinés à « des laissés-pour-compte qui préfèreraient assurément être ingénieurs ou mécaniciens de machinerie lourde » mais qu’ils constituent « des emplois enrichissants que plusieurs exercent par amour du métier », le patron de l’ARQ conclut sa lettre en martelant que « l’application aveugle de stratégies basées uniquement sur le concept d’emplois de qualité ou payants dévalorise le choix de carrière et les métiers de tous les Québécois et Québécoises ayant choisi de travailler dans nos industries respectives. Rappelons-nous une formule simple : il n’y a pas de sot métier ! »

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