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Exploitation sexuelle : les hôtels à l’affût toute l’année

 
6 juin 2024 | Par Bastien Durand
Crédit photo: Hôtel Mariott Château Champlain

À l’approche des grands événements comme le Grand Prix de Formule 1, qui se tiendra cette fin de semaine à Montréal, la prévention contre l’exploitation sexuelle est remise à l’ordre du jour. Mais pour les établissements hôteliers, qui forment leur personnel à identifier des situations suspectes, la vigilance est de mise toute l’année.

« Dire que ça se passe plus dans les hôtels pendant le Grand Prix, c’est plus un mythe qu’autre chose. Je n’ai pas constaté de signaux plus forts, en tout cas. » Eric Hamel, directeur général par intérim de l’Association des hôteliers du Grand Montréal (AGHM), en première ligne médiatique, ne veut pas se focaliser spécifiquement sur l’événement.

« Il ne faut pas se tromper, le risque d’exploitation sexuelle se vit en tout temps, aussi bien dans des régions éloignées que des centres urbains, et en lien ou pas avec un quelconque événement », soutient également la directrice de l’Association Hôtellerie Québec (AHQ), Véronyque Tremblay.

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Difficiles à percevoir, informations complexes à collecter : il n’existe pas de statistiques sur des faits d’exploitation sexuelle dans les hôtels de la province, et en particulier à Montréal. Toujours est-il que pendant le Grand Prix, des équipes policières visitent quelque 80 établissements hôteliers en amont des festivités entourant la course. « Les agents rencontrent des employés, le tout dans un objectif de prévention et de sensibilisation », souligne le Service de police de la ville de Montréal (SPVM).

Formation dédiée

« Bien que le Grand Prix soit un événement majeur, il faut être vigilant toute l’année ; mais rien n’empêche une piqûre de rappel à ce moment-là », tempère la directrice de l’AHQ. Par l’intermédiaire de l’organisme le Phare des AffranchiEs, soutenu par le Secrétariat à la condition féminine du gouvernement québécois, l’AHQ propose à ses membres une formation dédiée pour sensibiliser les travailleurs hôteliers à l’exploitation sexuelle à l’approche de la compétition automobile.

Intitulé « Lueur », le programme vise à outiller le personnel pour « Agir sans nuire ». « Nous ne sommes ni des policiers ni des travailleurs sociaux, ce n’est pas notre rôle. Par contre, on peut apprendre à détecter des signaux pour offrir une aide de façon subtile », explique Véronyque Tremblay. La police prend le relais si le danger identifié est imminent pour la sécurité ou la vie d’une personne.

Observer l’attitude des personnes, identifier des signes, entamer une discussion non confrontante avec la personne susceptible d’être en danger… « La formation, gratuite, d’une durée de cinq heures, a été montée avec des professionnels du milieu et prend en compte les besoins et les contraintes spécifiques des différents hôtels », assure Nathalie Khlat, directrice du Phare des AffranchiEs, qui prospecte pour sensibiliser de nouveaux établissements depuis la création du programme il y a quatre ans.

Implication sociale

L’objectif est de former le plus grand nombre de personnes, indépendamment de leur rôle dans l’entreprise. Depuis un an, l’organisme constate une augmentation de 25% du nombre d’hôtels participants au programme Lueur.

Pour Véronyque Tremblay, la prise en compte du volet social, qui fait partie des objectifs de développement durable de l’association, prend de l’ampleur. « Il y a une implication de plus en plus forte de nos employés, c’est indéniable. » Selon l’AHQ, une cinquantaine d’hôtels membres et un peu plus de 1000 employés ont déjà suivi la formation au Québec.

Dans les chaînes d’hôtels, des formations dispensées en interne sont aussi effectuées auprès des employés. « On essaie de préparer au mieux les équipes pour faire face à des situations… », souligne Sébastien Gagné, directeur général de l’hôtel Marriott Château Champlain à Montréal.

Des capsules vidéos, des données sur le trafic humain et des principes clés sont mis en avant dans les modules de l’entreprise. « Un individu qui va payer en comptant avec à ses côtés une personne accompagnante qui n’a pas accès à la chambre peut-être considéré comme un signal, par exemple », indique l’hôtelier. Plus généralistes, les modules internes aux groupes d’hôtels sont souvent complémentaires avec le programme Lueur, qui met en perspective les enjeux et la législation au Québec.

« Pendant le Grand Prix, la clientèle de l’hôtel est plutôt masculine, même si les choses évoluent un peu », note Sébastien Gagné. Les réservations sont presque complètes pour la fin de semaine. « Chez nous, ce sont souvent les entreprises qui paient l’événement pour leurs employés, ce qui fait que des blocs de chambres sont réservés. Ça permet aussi d’une certaine façon de réduire le risque… » Cette année, trois équipes de techniciens d’écuries séjourneront à l’hôtel Marriott Château Champlain. « Ça fait 80% de l’occupation de l’hôtel. »

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Mots-clés: Québec (province)
Hôtellerie

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