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Eve Paré : « On réalise l’importance d’une association quand on en a besoin »

 
12 juillet 2021 | Par Sophie Poisson
Crédit photo: Eve Paré

Économiste de formation, Eve Paré est devenue en 2012 la première personne à avoir accédé au poste de présidente-directrice générale de l’Association des hôtels du Grand Montréal (AHGM) sans avoir préalablement été hôtelière. Elle explique qu’elle n’avait pas à gouverner un hôtel, mais bien une organisation à but non lucratif. La PDG annonçait la semaine dernière son départ de cette association fondée en 1949, qui a pour mission de regrouper les leaders de l’industrie hôtelière montréalaise. Retour sur sa décennie à l’AHGM.

« "Poussiéreuse" est possiblement le terme qui décrivait le mieux l’association, rapporte Eve Paré. La volonté des administrateurs était alors de la moderniser. Elle était en bonne santé financière, mais il y avait bon nombre d’insatisfactions de la part des membres. Il y avait la perception que c’était un club très élitiste, des DG du centre-ville, donc les plus petits hôtels et ceux en périphérie s’y retrouvaient un peu moins. C’était très important pour moi de la rendre beaucoup plus inclusive, à l’image de son secteur d’activité. »

Parallèlement, en 2013, une vague de fermetures frappe les hôtels montréalais, dont l’hôtel Delta Centre-Ville, l’hôtel Quality Inn de l’avenue du Parc ou encore le Gouverneur de l’île Charron, qui ont été transformés en condominiums ou encore en résidences pour étudiants. Le mandat d’Eve Paré : positionner l’AHGM comme un acteur incontournable en hôtellerie, en faire un interlocuteur qui soit crédible et faire en sorte que les membres s’y sentent bien représentés.

Parmi les moments forts de son mandat, la PDG retient 2015 avec la mise en place de comités consultatifs sur les ressources humaines, les opérations ou encore les ventes et le marketing. Réunis par fonction, les groupes se rencontrent deux à trois fois par an pour faire le point sur la situation, échanger sur des enjeux et trouver des solutions. L’année a aussi lancé les Prix Hotelia, qui visent à promouvoir les meilleures pratiques et initiatives en matière de marketing, de gestion des ressources humaines, d’innovation, de responsabilité sociale et d’accueil.

2016 a été marquée par la planification stratégique. Le Conseil d’administration s’est donné comme mission d’aider les hôteliers en les outillant avec des données, des études, ou encore des analyses pour permettre à leurs membres de prendre des décisions d’affaires éclairées.

Un secteur bouleversé

2020 devait être l’année des records, et les trois années suivantes devaient être tout aussi extraordinaires. La pandémie en a voulu autrement et la pénurie de main-d’œuvre déjà présente a été exacerbée. Eve Paré parle aujourd’hui de valoriser les métiers et de convaincre les gens de venir travailler dans le secteur. Le second enjeu sera la reconstruction, tant des équipes où il y aura « une chute de compétences incroyable » que de la confiance et des opérations.

L’AHGM compte aujourd’hui 115 membres : « Une association, c’est comme une assurance : on réalise son importance quand on en a besoin. La pandémie aura permis de mettre en évidence la façon dont une association peut être un appui pour ses membres. On a notamment centralisé l’information et trié ce qui était pertinent de ce qui ne l’était pas. 2020 a été notre meilleure année de recrutement et l’on s’est rapproché encore plus de nos membres. »

La PDG considère que les rencontres en personne auront toujours leur place, notamment dans l’industrie des congrès et des affaires. « La pénurie de main-d’œuvre va accélérer encore plus l’adoption de certaines technologies, mais rappelons-nous qu’on est dans un secteur de services, donc le contact avec le client et l’expérience sont au cœur de ce que l’on fait. Avec les enregistrements sans contact, à la réception par exemple, on va voir des rôles qui sont moins transactionnels et plus de conseil, que ce soit sur des réservations ou des recommandations de visites », avance-t-elle.

Alors que beaucoup d’emballages individuels ont été utilisés lors de la pandémie, Eve Paré considère que la reconstruction économique présentera une occasion pour faire du secteur hôtelier montréalais un leader en matière d’écologie et d’écoresponsabilité, car la préoccupation environnementale sera encore plus au cœur des préoccupations des clients.

« Apporter un regard neuf »

En août, elle ira témoigner en commission parlementaire sur le projet de loi 100 qui a trait à l’hébergement touristique. « Ce sera l’occasion pour moi de réitérer l’importance de maintenir une classification obligatoire : il faut la moderniser, mais c’est un outil qui a une grande valeur », insiste la PDG, qui quittera son poste le 1er septembre prochain. Le conseil d’administration de l’AHGM procédera dans les prochaines semaines à un appel à candidatures pour trouver son successeur.

Quant à Eve Paré, elle deviendra vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ). Elle choisit donc un autre secteur fortement impacté lors de la pandémie : « C’est un peu ça qui m’a interpellé dans le défi, reconnaît l’intéressée. Il y a aussi beaucoup de parallèles que l’on peut tracer entre l’hôtellerie et la culture. Je pense entre autres à l’hébergement illégal et à la musique qui est consommée de manière illégale, ou encore aux plateformes de réservation qui grugent des parts de revenus aux hôteliers et aux plateformes de streaming qui s’accaparent aussi des parts importantes des revenus. Je pense pouvoir apporter un regard neuf ; un peu comme je l’ai fait quand je suis arrivée à l’AHGM... »

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Pour suivre l’AHGM :

Mots-clés: 06 Montréal
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