Érick Demers : À la conquête du terroir gaspésien

28 juin 2019 - Par Marie-Ève Garon

L’an dernier, Érick Demers a décidé de suivre son cœur et de partir s’installer à Grande-Rivière, en Gaspésie. Alice cuisine et saveurs, la nouvelle enseigne dont il est copropriétaire, représente l’aboutissement d’un parcours jalonné d’expériences enrichissantes toutes liées par un point commun : le terroir québécois.

« Je crois que pour n’importe quel cuisinier ou pour tout chef en devenir, les premières années sont primordiales, note Érick Demers. Dans mon cas, je suis entré, quelques mois après ma sortie de l’école, au restaurant Panache alors mené par François Blais. Il mettait de l’avant les produits du terroir de manière gastronomique avec rigueur et discipline. » Le chef estime que cette expérience lui a donné les bases nécessaires afin de connaître et de respecter les produits d’ici. « Même si je suis Colombien d’origine, je n’ai jamais été attiré dans mon métier par une cuisine ethnique ou latine. Le Québec m’a adopté et moi, par le biais de ma passion, je veux mettre de l’avant ses richesses. »

Suite à un passage remarqué à l’émission Les Chefs ! en 2010, Érick Demers fait la rencontre de Jean-Luc Boulay et d’Arnaud Marchand avant que le projet du Bistro boréal ne se concrétise. « Lorsque j’ai entendu parler de la manière dont ils envisageaient mettre en valeur le terroir québécois, j’ai tout de suite été interpellé. Je suis allé les rencontrer et ce fut la naissance de ce qu’est aujourd’hui Chez Boulay. Nous avons bâti ça les trois ensemble, en étroite collaboration. » Cette rencontre déterminante devait également paver la voie au prochain chapitre de la vie professionnelle du chef Demers.

Le goût de la Gaspésie

Depuis le 13 mai 2018, le voici donc qui vit au rythme des marées gaspésiennes. Enseignant à l’École de la restauration et du tourisme de la Gaspésie et, depuis peu, à la tête de son propre restaurant, Alice cuisine et saveurs, il réalise avec satisfaction que les projets anticipés se concrétisent plus rapidement qu’il n’aurait pu l’espérer. Évidemment, un tel virage s’accompagne bien souvent de nombreux défis. « Les mentalités locales sont différentes et c’est un aspect qu’il faut savoir apprivoiser. Il y a énormément de richesses, tant du côté de la mer que de la terre, mais je crois qu’il faut faire attention à la manière dont on arrive en région. On ne peut pas penser que parce qu’on vient de la ville, on peut se permettre de tout changer. L’arrogance n’a pas sa place ! » Le cuisinier constate que l’ouverture de son restaurant connaît un accueil des plus chaleureux. « Le timing était bon », estime-t-il.

L’homme dans la mi-trentaine se considère d’abord et avant tout comme un artiste-créateur, un rassembleur, le leader d’une brigade plutôt que celui qui s’occupe des commandes et gère les cuisines. « Il me semble que le terme "chef" a été galvaudé dans les dernières années. Pour moi, être chef représente un ensemble de facteurs, au même titre qu’un père de famille. C’est valorisant de se voir accorder ce titre parce que ça confirme que les efforts fournis t’amènent à te distinguer, mais à la base, je demeure un cuisinier qui devient le mentor d’autres cuisiniers. »

Aujourd’hui, Érick Demers se dit fier d’avoir créé en région une table à son image, au premier étage de la maison gaspésienne qu’il habite. « Jamais je n’aurais ouvert mon propre restaurant à Québec ou à Montréal, compte tenu du ratio d’établissements qu’on y retrouve. J’ai préféré venir partager mon expertise avec les gens d’ici. À Grande-Rivière, l’ensemble de l’expérience Alice cuisine et saveurs apporte un vent de fraîcheur qui, selon notre clientèle, semble être vraiment le bienvenu. »

(Photo fournie par Érick Demers)

Pour suivre Alice cuisine et saveurs :




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