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Des restaurants et cafés embarquent dans le défi Zéro déchet

 
27 mai 2021 | Par Delphine Jung
Crédit photo: Véganation

Plusieurs restaurants et cafés de Rosemont-La Petite Patrie, à Montréal, ont décidé de relever le défi « Zéro déchet » soutenu par la mairie d’arrondissement. C’est le cas du restaurant Santa Barbara : « À la base, on n’est pas un restaurant qui fait de la vente à emporter. Mais depuis le début de la pandémie, j’ai été choqué par tout le gaspillage que ça générait », explique Steven Horwood, le copropriétaire du restaurant. Le café La brume dans mes lunettes et le restaurant-traiteur Véganation partagent cette conscience écologique. « On a toujours été sensibles à la gestion des déchets. Participer à ce défi était une bonne occasion d’aller plus loin », dit Thomas Segura, co-gérant du café.

Dans le cadre de cette deuxième édition du Défi Zéro déchet - Commerces, quelque 170 commerces rosepatriens de l’alimentation seront soutenus et outillés pour entreprendre ces prochains mois une démarche de réduction à la source de leurs matières résiduelles, afin de tendre vers le zéro déchet.

Parmi les établissements participants, jusqu’à 70 d’entre eux pourront bénéficier d’un accompagnement personnalisé du Jour de la Terre Canada en vue d’obtenir l’attestation Action Réduction, certifiant l’atteinte d’objectifs ciblés. Pour décrocher cette attestation, les commerces devront entre autres mettre en place au moins trois des 20 actions écoresponsables visant la réduction, la réutilisation, le recyclage et la valorisation (3R-V).

« Juste des habitudes à prendre »

Sur les conseils de l’organisme Jour de la Terre, le Santa Barbara utilise désormais des contenants consignés. Idem au café La brume dans mes lunettes et au Véganation, qui ont tous les deux décidé d’offrir des tasses réutilisables et consignées à leurs clients. « Nous proposons aussi des sacs en tissus réutilisables qui ont été confectionnés avec du tissu recyclé de friperie. La consigne est à 5 $. Les clients peuvent le garder ou nous le ramener », indique Juliette Faucher, gérante et directrice du Véganation.

Mais les restaurateurs ne cachent pas que se lancer dans le zéro déchet n’est pas sans défi. Selon Juliette Faucher, il n’est pas toujours facile pour les restaurateurs de trouver des fournisseurs qui limitent leur production de déchets. « Il faudrait peut-être opter pour des fournisseurs un peu plus chers, mais qui n’utilisent pas de styromousse par exemple », dit-elle. Steven Horwood fait face à un autre problème : celui de trouver des contenants écologiques pour livrer ses plats à emporter. « Il n’y a pas beaucoup de contenants faits pour notre type de commerce... »

Thomas Segura estime en tout cas que les restaurateurs et les cafés ont tout à gagner à introduire de meilleures pratiques de gestion des déchets dans leurs commerces. Selon lui, cela peut même leur permettre de sauver des coûts. « Le zéro déchet, ça fait plus de peur que de mal au début. Ce sont juste des habitudes à prendre. Le commerçant peut aussi économiser car il a moins besoin d’acheter de contenants à usage unique et récupère simplement les contenants consignés », explique-t-il.

Interpeller la population

De septembre 2020 à avril 2021, la première édition du Défi Zéro déchet - Commerces a mobilisé 127 commerces de l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie. Parmi eux, 40 ont obtenu l’attestation Action Réduction. Malgré le contexte de la pandémie, les établissements attestés ont déployé 120 actions écoresponsables contribuant non seulement à réduire leur empreinte écologique, mais aussi à la transition écologique. À titre d’exemple, certains commerces offrent désormais leurs produits en vrac ou dans des des contenants réutilisables consignés. D’autres ont même intégré à leurs pratiques les dons alimentaires à des organismes communautaires du quartier.

Les restaurateurs soulignent que la population doit elle aussi prendre conscience qu’une meilleure gestion des déchets est importante pour protéger l’environnement. « Je peux imaginer un monde différent, mais ça requiert un changement de mentalité de la part de la clientèle et des restaurants. Il fallait commencer quelque part, donc j’ai accepté de relever le défi », raconte Steven. « Ce ne sont pas tous les consommateurs qui font des efforts. Pour certains clients, la consigne ne fait pas leur affaire. Mais il faut continuer à encourager les gens », dit de son côté Juliette Faucher.

À La brume dans les lunettes, on espère aller encore plus loin et se lancer dans une opération de valorisation des déchets. « On produit beaucoup de marc de café, et c’est un très bon produit pour le compost. On doit trouver une entreprise qui pourrait le récupérer... »

Mots-clés: 06 Montréal
Développement durable
Restauration
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