Cruchons à emporter : La belle victoire des brasseurs artisanaux

3 mars 2017 - Par Pierre-Alain Belpaire

Adopté en mai dernier par l’Assemblée nationale, le projet de loi 88 est entré en vigueur à la fin de l’année 2016. Cette « loi sur le développement de l’industrie des boissons alcooliques artisanales » autorise désormais les brasseurs artisanaux (ou brouepubs) à vendre, sur les lieux de leur production, des cruchons remplis de leurs précieux nectars.

Cette décision a évidemment ravi les brouepubs, qui attendaient, depuis plusieurs années déjà, ce geste gouvernemental. « Dans toutes les régions voisines du Québec, en Ontario, au Maine, au Vermont, …, les brasseurs artisanaux avaient le droit, depuis un certain temps, de vendre ainsi une partie de leur production, indique Hugues Gagnon, propriétaire du Benelux. Et même au Québec, nos amis qui détenaient un permis de « production industrielle » - et non de « production artisanale » - avaient également cette liberté. On nous avait oubliés. Il était temps de rééquilibrer la balance ! »

Les brouepubs, qui représentent environ un tiers des microbrasseries de la province, doivent toutefois respecter certains critères et règles précises. Ils doivent, par exemple, sélectionner des cruchons (ou growlers) pouvant contenir entre 950 ml et deux litres. Ni plus ni moins. Une précision qui ne satisfait pas l’ensemble des producteurs artisanaux. Dans un récent article du quotidien Le Soleil, Catherine Dionne-Foster, propriétaire de La Korrigane, faisait part de son regret de ne pouvoir proposer des bouteilles de moins de 950 ml. « Moi, ça me convient, je pense que ces volumes font assez bien la job », pense, pour sa part, Hugues Gagnon.

Restait, enfin, aux brouepubs à décider s’ils rempliraient les fameux cruchons directement au robinet (« avec un simple équipement anti-mousse ») ou au moyen d’une machine à contre-pression. « Les deux systèmes ont leurs avantages, réagit le patron du Benelux. Le premier permet de conserver la bière durant environ 72 heures tandis que le second offre une durée de vie bien plus longue, semblable à celle des bières embouteillées. Mais ce deuxième procédé coûte plusieurs milliers de dollars. C’est un pensez-y bien ! Nous, on va probablement offrir les deux formules. »

Depuis l’entrée en vigueur du projet de loi 88, les amateurs de bière, qu’ils soient voisins du brouepub ou touristes de passage, peuvent donc profiter plus longtemps et différemment de ces bières artisanales. Si certains analystes craignaient que cette décision ne provoque, en contrepartie, une diminution du taux de fréquentation des brasseries, les premiers constats devraient rapidement les rassurer. « Les clients qui venaient consommer dans notre établissement viennent toujours. Et ils consomment peut-être un peu plus puisqu’ils repartent fréquemment avec un cruchon sous le bras, sourit Hugues Gagnon. Les clients qu’on a gagnés, ce sont des gens qui apprécient la bière mais qui ne fréquentaient pas les bars. On est donc gagnants sur toute la ligne. »

Pour suivre la microbrasserie Benelux :

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