LE COMMERCE DE LA RESTAURATION ALIMENTAIRE

Concernant les parties prenantes dans un projet d’affaires... ce qu’il faut absolument savoir

8 juillet 2019 - Par Christian Latour

LA THÉORIE DES PARTIES PRENANTES

Selon la théorie des parties prenantes : « L’entreprise évolue dans un environnement composé d’individus ou groupes d’individus avec lesquels elle entretient des relations pour en faire de véritables partenaires, c’est-à-dire prenant partie dans son évolution. » — Verstraete et Jouison (2007, p. 5)

Les principaux acteurs qui sont d’ordinaire partie prenante d’un projet d’affaires sont : les promoteurs du projet, les actionnaires, les financiers, les clients, les fournisseurs, les salariées, et, etc. Les promoteurs se servent donc du modèle d’affaires pour montrer aux parties prenantes concernées avec lesquelles ils veulent faire des affaires comment ils envisagent de créer, délivrer de la valeur, comment par la suite ils entendent capturer cette valeur sous forme de rémunération et finalement comment ils entendent distribuer cette rémunération entre les différentes parties prenantes concernées.

Une partie prenante dans un projet peut être associée à plusieurs groupes de parties prenantes. Un salarié par exemple peut être en même temps client et actionnaire d’une entreprise et, etc.

Chacune des parties prenantes peut influencer la réalisation des buts et objectifs de l’entreprise. Les intérêts des parties prenantes peuvent évoluer avec le passage du temps, être contradictoires ou converger selon les périodes, les contextes et les circonstances.

STAKEHOLDER ET SHAREHOLDER

« La terminologie anglo-saxonne “stakeholder “ est dédié à l’ensemble de ces partenaires “shareholder” plus spécifiquement pour les actionnaires. » — Jouison et Verstraete (2006, p. 4)

« La firme se démocratise en justifiant la nécessité de passer d’une conception actionnariale à une conception partenariale de la firme. » — Jouison et Verstraete (2006, p. 4)

IL FAUT ÉTABLIR DES RELATIONS PROFESSIONNELLES DURABLES AVEC LES PARTENAIRES / PARTIES PRENANTES DE L’ENTREPRISE

Les capacités [compétences] de négociation deviennent essentielles et les cadres exécutifs des [...] entreprises doivent être en mesure d’interagir avec un nombre de plus en plus important de parties prenantes. — Jouison et Verstraete (2006, p. 4)

IL FAUT RÉMUNÉRER ADÉQUATEMENT LES PARTENAIRES / PARTIES PRENANTES DE L’ENTREPRISE

« Les possesseurs de ressources et plus encore les parties prenantes, influencent l’offre donc le Business Model. Pour utiliser une métaphore, ils participent à la [méta] recette du gâteau (l’entreprise) qu’ils perçoivent comme appétissante et copieuse, en souhaitant le voir grossir, et, contre ce qu’ils apportent, ils négocient une part (du gâteau…). » — Jouison et Verstraete (2006, p. 13).

« Pour étendre le réseau de ses partenaires (et les garder), l’entrepreneur va devoir partager sa réussite, c’est-à-dire établir une relation gagnant gagnant avec chacun d’entre eux en appréciant, aussi, la valeur effectivement tirée de chaque relation. » — Verstraete et al. (2012, p. 12)

LES ORIGINES DE LA THÉORIE DES PARTIES PRENANTES

« Selon Preston et Sapienza (1990), la théorie des parties prenantes date des années 30, lorsque la Général Electric Company identifie quatre catégories d’acteurs majeurs à son business : les actionnaires, les employés, les clients et la communauté (au sens sociétal du terme). Aujourd’hui, cette conception s’élargit et toutes les parties contribuant au développement de l’entreprise sont considérées. » — Verstraete et Jouison (2007, p. 5)

« L’origine du terme partie prenante (stakeholder en anglais) remonte aux travaux de Dood (1932) et Barnard (1938) qui considèrent que l’entreprise doit équilibrer les intérêts concurrents des différents participants dans le but de maintenir leur coopération nécessaire. » — Berthelot et al. (2012)

« La définition référence a été donnée par Freeman (1984) pour lequel une partie prenante peut se définir par tout groupe ou individu [pouvant] affecter ou être affecté par la réalisation des objectifs de l’entreprise ». — Berthelot et al. (2012)

LES DIFFÉRENTES CATÉGORIES DE PARTIES PRENANTES

« Clarkson (1995) distingue deux catégories : les parties prenantes primaires et les parties prenantes secondaires. La première englobe les groupes indispensables à la survie de l’entreprise (les actionnaires, les investisseurs, les employés, les clients, les fournisseurs…). Une firme est alors vue comme un ensemble de parties prenantes primaires. Ceux-ci possèdent des intérêts singuliers en termes de règles, d’objectifs, de responsabilités, mais sont aussi servis par les relations, directes ou indirectes, que la firme établit entre eux. L’ensemble tient par la valeur que l’entreprise sait apporter durablement à chaque groupe. Si l’un des groupes n’est plus satisfait, le système ne tient plus. La seconde catégorie définit les groupes influençant ou influencés par les décisions de la firme, mais n’étant pas inscrit dans une transaction essentielle à la survie de l’entité (groupe de pression, médias, assurance…). » — Verstraete et Jouison (2007, p. 6)

« Tiras, Ruf et Brown (1997) classifient quant a eux les parties prenantes comme volontaires (clients, fournisseurs, salariés, investisseurs…) ou involontaires (la société, la communauté…). » — Verstraete et Jouison (2007, p. 6)

LE MODÈLE D’AFFAIRES... POUR COMPRENDRE ET FAIRE COMPRENDRE LE PROJET D’AFFAIRES AUX PARTENAIRES / PARTIES PRENANTES DANS L’ENTREPRISE

« Le Business Model, qui constitue le socle de la vision stratégique du créateur, est une cristallisation des relations avec les stakeholders. Il pose aussi la question de la gouvernance de l’organisation naissante puisque la pérennité dépend de l’adhésion durable de ces stakeholders, donc de la valeur qui leur est tout aussi durablement apportée. Pour cela, le créateur doit montrer aux possesseurs de ressources qu’ils souhaitent “embarquer” dans ses affaires, ce qui constitue le cœur de son business, c’est-à-dire le modèle avec lequel il compte apporter de la valeur qu’il saura se faire rémunérer par le marché. Ce modèle doit être suffisamment clair pour que chacun s’accorde à reconnaître que, effectivement, c’est là une bonne façon de générer de la valeur qu’un chiffre d’affaires récompensera. Les mêmes parties prenantes seront mieux. À l’issue de cette démonstration, expliciter ce qu’est le véritable business de l’entreprise (même si le seul acteur à en posséder une représentation complète est le créateur). En échange des ressources apportées au créateur, leurs possesseurs, alors devenus stakeholders, attendent eux-mêmes une rémunération. Le Business Model est ici vu comme une conceptualisation des affaires, un ensemble montrant, à la fois, de façon concrète comment l’argent va entrer et, de façon plus abstraite, comment vont se dérouler les relations d’échanges avec les parties prenantes. » — Verstraete et Jouison (2007, p. 7)

LE MODÈLE D’AFFAIRES EST LA PREMIÈRE CONVENTION QUI RÉUNIT LES PARTENAIRES / PARTIES PRENANTES DANS UN PROJET

« La première partie prenante d’un projet est son porteur qui, au fur et à mesure des interactions avec les acteurs de l’environnement, porte la convention naissante et la forge en intégrant les différentes attentes pour que l’affaire ait du sens pour les partenaires. » — Verstraete et all. (2011, p. 12)

« Ce que les actionnaires et les partenaires potentiels veulent savoir c’est : comment créerez-vous de la valeur pour les clients ? Comment gagnerez-vous de l’argent en créant de la valeur pour les clients ? » — Osterwalder et Pigneur (2011, p. 173)

« Le Business Model est une convention, car la réussite d’une affaire appelle un collectif, c’est-à-dire un ensemble de partenaires adhérant au Business Model proposé par un entrepreneur. » — Servantie et Verstraete (2012, p. 61).

« Cette convention est indissociable de la notion de valeur, car les partenaires attendent quelque chose en retour de ce qu’ils apportent et plus cette chose a de la valeur pour eux, plus leur souhait d’adhérer est grand. » — Servantie et Verstraete (2012, p. 61).

« Le Business Model se construit par la multiplication des méthodes pour identifier et accéder aux meilleures parties prenantes : en première instance, le réseau naturel, puis, en deuxième instance, un réseau stratégique développé via internet et la participation à des salons. » — Servantie et Verstraete (2012, p. 72)

IL FAUT (CHERCHER - TROUVER - CONVAINCRE) LES MEILLEURS PARTENAIRES / PARTIES PRENANTES D’ADHÉRER AU PROJET

« La sélection des parties prenantes est rigoureuse. Pour les ressources humaines, les critères de compétences sont privilégiés sur le moindre coût. Les principales compétences recherchées relèvent de la gestion, de la connaissance du secteur, de l’expérience internationale et de la maîtrise des langues. » — Servantie et Verstraete, (2012, p. 72)

« En général, une activité sera internalisée ou confiée à l’extérieur en fonction de critères tels que les ressources et compétences actuelles de l’entreprise, sa capacité à développer de nouvelles ressources et compétences dans la réalisation des opérations, ou encore les coûts et les avantages du recours à un prestataire. » — Demil et al. (2013, p. 123)

LES PARTENAIRES / PARTIES PRENANTES EXTERNES

Selon Demil et al. (2013, p. 124), il y a 3 types de relations avec des partenaires :

  • La relation de type « marché » suppose des relations de type fournisseur-client sans engagement et sans intuitu personae entre les acteurs (c’est-à-dire sans considération de la personnalité du fournisseur). La relation de type « marché » consiste à faire faire.
  • La relation de type « réseau » suppose la confiance et des relations interpersonnelles garantissant une sollicitude et une réciprocité entre les entreprises. Les partenaires assurent ensemble les opérations conjointement ou en se répartissant les rôles. L’engagement est à long terme. La relation de type « réseau » consiste à faire avec.
  • La relation de type « bazar » suppose que les opérations qui ne sont pas internalisées peuvent être confiées à qui le souhaite, l’entreprise abandonnant éventuellement une partie de sa propriété sur certains actifs afin de permettre à des individus motivés de s’engager pour contribuer à la réalisation de l’opération. La relation de type « bazar » consiste à faire faire par qui le veut bien.

Le choix entre marché, réseau ou bazar pour une transaction donnée réalisée à l’extérieur de l’entreprise définit bien le type de relation entretenu avec les entreprises présentent dans l’environnement.

Pour organiser une activité, l’entreprise peut choisir de faire certaines opérations à la fois en interne et en externe (plutôt que de choisir de manière exclusive de faire ou de faire faire), ou de confier une opération à plusieurs partenaires, ou encore de multiplier, pour une même opération, les formes d’organisation des transactions avec les prestataires ou partenaires.

À écouter attentivement [1]

À lire attentivement

MÉDIAGRAPHIE

Manuel de gestion-réflexion / Christian Latour ☺

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La première version de ce texte a été mise en ligne le 12 août 2015.

Notes

[1L’attention est déterminante dans la façon dont nous exécutons n’importe quelle tâche.




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