Colleen Thorpe (Equiterre) : « L’achat local, le gros bon sens ! »

 
5 octobre 2020 | Par Pierre-Alain Belpaire

Au lendemain d’une seconde édition réussie de l’événement Les institutions mangent local et de l’annonce du ministre Lamontagne de la mise en place d’une stratégie nationale d’achat local dans nos institutions publiques, Colleen Thorpe a le sourire. La directrice générale d’Equiterre a pleinement conscience qu’au Québec, les CPE, écoles, hôpitaux et autres établissements pour aînés sont sur la bonne voie. « On voit un certain emballement, on note une vraie motivation de la part des gestionnaires ou des cuisiniers à offrir du "local". Et la volonté de changement, c’est un point de départ énorme », souligne-t-elle.

Le plan présenté par le gouvernement Legault prévoit notamment que, sous peu, 60 % des aliments cuisinés dans l’institutionnel public soient cultivés ou préparés au Québec. Actuellement, ce taux serait de 45 %, selon les chiffres avancés par André Lamontagne, qui rêve donc d’une hausse spectaculaire et, surtout, rapide (La Presse évoquait un délai de cinq années à peine). Pourtant, de l’aveu-même des premiers concernés, dans ces milieux aux budgets serrés et aux règles nombreuses, chaque hausse d’un seul point de pourcentage relève déjà de l’exploit. « J’ai moi aussi bon espoir de voir des gains rapidement », assure Colleen Thorpe, qui confie avoir « très bien » accueilli l’annonce ministérielle : « Tout faire pour que nos institutions puissent acheter des produits d’ici, c’est le gros bon sens ! »

Rien n’est toutefois gagné, s’empresse-t-elle d’ajouter. Pour faire de notre province un leader sur le plan de l’alimentation locale en milieu institutionnel, les différents acteurs doivent – et devront – franchir encore nombre d’obstacles : difficultés opérationnelles, pénurie de main-d’œuvre, prix trop élevés… « Quand on se tourne vers une agriculture durable, de proximité, on doit repenser toute la question du coût des aliments. Mais il est toujours possible de faire des économies, en remplaçant par exemple les produits carnés par des légumineuses. » Il faudra également, poursuit la responsable, que les marchés s’adaptent et qu’on ose laisser davantage de place à l’innovation. « Je rêve, enfin, d’une meilleure adéquation entre les producteurs et l’institutionnel », indique Colleen Thorpe.

Pour poursuivre « sur la bonne voie » et pour donner aux acteurs institutionnels tous les outils nécessaires, il y aura très probablement d’autres journées Les institutions mangent local, glisse la directrice générale d’Equiterre. « L’engouement observé démontre qu’il y a un potentiel et qu’on pourrait notamment accroître le nombre d’institutions qui participeront à l’événement. Se fera-t-il sur trois jours ? Cinq ? Une semaine ? Je ne sais pas. Mais on devra encore profiter de ces journées pour faire de la sensibilisation. » Car malgré les bons résultats et les belles promesses, la route est encore (très) longue.

(Crédit photo : John Lambeth / Pexels)

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