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Collectif Récolte : quand les maraîchers se tournent vers les institutions

 
4 avril 2022 | Par Sophie Poisson
Crédit photo: Rene Asmussen / Pexels

Le Système alimentaire local et intégré à Montréal est un projet multiparties prenantes qui a commencé il y a deux ans et se terminera en 2024. Il est porté par l’entreprise sociale Collectif Récolte, dans le cadre de Montréal en commun, et a pour objectif d’accompagner et de soutenir des solutions structurantes et collectives dans le réseau d’approvisionnement alimentaire local et solidaire. L’un de ses projets est le pôle logistique alimentaire de l’Ouest-de-l’Île de Montréal, qui vise à faciliter les opérations post-récolte - comme le lavage des légumes - et la mise en marché – comme la distribution.

L’une des réflexions de l’entreprise sociale Collectif Récolte est de savoir comment continuer à développer le marché des maraîchers et comment aller davantage vers le semi-gros. « Travailler uniquement avec des détaillants alimentaires, c’est chronophage parce que ça peut être 18 points de service de livraison par jour, explique Julie Sage, agronome et chargée du projet de pôle logistique alimentaire de l’Ouest-de-l’Île de Montréal. Si on réfléchit à un autre segment, comme celui de l’institutionnel, ça peut représenter des volumes bien plus importants avec moins de points de service et plus de stabilité - un CPE ou un centre hospitalier a une stabilité et des habitudes en matière d’achat qui sont peut-être plus fidèles. »

Elle considère qu’il y a aussi un engouement du marché institutionnel envers le développement de l’approvisionnement local direct, notamment avec la Stratégie nationale d’approvisionnement d’achat d’aliments québécois. Lancée par le gouvernement québécois en septembre 2020, elle vise à doter d’ici 2025 l’ensemble des institutions publiques du Québec d’une cible d’achat d’aliments québécois.

L’agronome évoque également la création en 2020 de Commun’assiette, une communauté de pratique et un portail web dont l’objectif est de favoriser et d’accélérer la transition vers un approvisionnement alimentaire institutionnel sain, local et écoresponsable. « On siège sur cette communauté de pratique, ce qui nous permet de faire le pont entre les institutions qui ont déjà amorcé de bonnes pratiques, comme le CHU Sainte-Justine, et les maraîchers que l’on accompagne dans l’Ouest-de-l’Île de Montréal. »

Un prototype de mise en marché

Le Collectif Récolte siège sur cette communauté de pratique, ce qui lui permet de faire le pont entre les institutions qui ont déjà amorcé de bonnes pratiques et les maraîchers accompagnés dans l’Ouest-de-l’Île de Montréal. « Les premières discussions qu’on a eues avec les acheteurs institutionnels ont révélé que pour beaucoup, le prix n’est pas un facteur limitant. Le CHU Sainte-Justine, par exemple, s’est aperçu que sur tout le volume d’achat d’une année, faire la transition pour du biologique et local n’a pas fait de différence d’un point de vue budgétaire. Cependant, ça fait une grande différence au niveau de la satisfaction de leurs patients. C’est un pari qui a donc été relevé et qui montre que lorsque l’on fait preuve d’audace et de vision, c’est très payant ! », souligne Julie Sage.

Elle précise que la stabilité d’achat permet également d’avoir un prix stable, contrairement à un distributeur conventionnel soumis à un prix du marché. « Ce qui nous a agréablement surpris, c’est qu’il y a beaucoup d’institutions qui sont bien équipées et ont la main-d’œuvre nécessaire pour bien transformer les produits, parce qu’en août et septembre, il y a beaucoup de surplus. La démarche est d’autant plus intéressante pour eux que ça les stimule en cuisine. »

Un prototype de mise en marché collective est en train d’être mis en place, en partenariat avec Arrivage, avec une liste de prix qui rassemble tous les produits de trois maraîchers : Les Jardins Carya – qui dessert déjà quelques CPE -, la Ferme du Roulant et la ferme D-Trois-Pierres. Ils ont des produits complémentaires - par exemple un seul a de la rhubarbe ou des fraises - et pour la poignée de produits qu’ils produisent tous - comme le chou frisé, les tomates-cerises ou encore le céleri -, une entente a été conclue pour afficher le même prix et ne pas se faire concurrence. « Ça donne une diversité et des volumes suffisamment intéressants pour être considérés par les clients institutionnels, estime la chargée de projet. Il y a aussi une volonté de la part des maraîchers de s’adapter à la demande, donc si les institutions souhaitent des haricots verts en 2023, par exemple, l’ajout de ce produit sera considéré. »

Fin mars, environ six institutions montréalaises avaient été ciblées et de la place était encore disponible pour d’autres institutions. Des minimums de commandes et des exigences de livraison sont à l’étude. Les relations commerciales devraient commencer au début de la saison, en juin.

Pour suivre le Collectif Récolte :

Mots-clés: 06 Montréal
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