« Cinéma et cuisine, bien plus proches qu’on ne le l’imagine »

 
2 novembre 2017 | Par Pierre-Alain Belpaire

Baie-Saint-Paul s’apprête à accueillir la première édition du festival Cuisine, Cinéma et Confidences qui se tiendra en Charlevoix du 3 au 5 novembre. Né dans les esprits curieux et gourmands de la productrice Lucie Tremblay et du chef Jean Soulard, l’événement offrira « une véritable occasion de voyager au pays des saveurs », grâce à une programmation de films des plus variées : l’indien The Lunchbox, le danois Festin de Babette et le japonais Les délices de Tokyo, le dessin animé Ratatouille ou encore Alexandre le Bienheureux, devenu un véritable classique. Plusieurs documentaires et conférences seront également présentés au public.

« Tout s’est construit assez rapidement, explique le co-fondateur, Jean Soulard. Lorsque Lucie et moi avons expliqué notre concept, les partenaires ont immédiatement embarqué, tout comme les responsables du Germain Charlevoix, anciennement La Ferme. Et le public semble également avoir été séduit par l’idée puisque deux semaines à peine après le lancement, toutes les places avaient déjà été réservées. »

Parrainé par l’épicurieux en chef Christian Bégin, le festival aura, bien évidemment, un important volet gastronomique. Les chefs Eric Lessard (Saint-Amour), Marie-Chantale Lepage (MNBAQ), Frédéric Laplante (La Tanière) et Thierry Ferré (Le Mouton Noir) s’inspireront des films projetés pour préparer des assiettes qu’on imagine artistiques.

« La cuisine et le cinéma, ce sont deux arts qui se complètent parfaitement et qui sont bien plus proches qu’on ne se l’imagine parfois, poursuit celui qui a dirigé durant 20 ans les cuisines du Château Frontenac. Les deux nous amènent généralement aux confidences, d’où le titre du festival. On ne se souvient pas toujours du contenu de l’assiette mais on se rappelle facilement les gens avec qui on a partagé un repas, le contexte dans lequel il s’est déroulé. Idem pour le cinéma : un film sur lequel vous n’avez rien à dire, qui ne suscite aucun commentaire ou dont vous ne vous souvenez pas, c’est généralement un navet. »

Le cuisinier, qui confie avoir désormais « plus de temps pour rêver », ne cache pas son amour pour le septième art et notamment pour les films d’auteurs. Le chef-d’œuvre Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant, « théâtral et déjanté », constitue à ses yeux l’une des meilleures productions traitant de cuisine. « Pour me plaire et me parler, un film qui parle de nourriture ou de gastronomie doit présenter une certaine dose de poésie et aborder les rapports humains, l’amour, l’amitié, ... C’est ça aussi, la cuisine. »

S’il précise « n’avoir jamais participé à la construction d’un film », Jean Soulard estime que la réalisation d’un plat et celle d’un film ont plus d’un point commun. « Ça part d’une idée, d’un coup de cœur, d’un rêve. Le cuisinier est inspiré par un aliment, un goût, une épice. L’auteur, par un décor ou un comédien. Et puis, c’est l’imagination et la créativité qui embarquent », souffle-t-il. Avant d’ajouter, après une rare interruption : « Ce n’est pas parce que le film coûte plusieurs millions qu’il sera excellent. En restauration, c’est la même chose ! »

(Crédit photo : Émilie Campbell)

Pour suivre le festival Cuisine, Cinéma et Confidences :

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