Chef.fe.s de brousse : « À travers l’assiette, devenir un défenseur du territoire »

29 octobre 2019 - Par Marie-Ève Garon

Le réalisateur Nicolas Paquet lance ces jours-ci son plus récent film-documentaire sur les traces de trois chefs québécois : Colombe Saint-Pierre (Chez Saint-Pierre, Bic), Kim Côté (Côté Est, Kamouraska) et Pierre-Olivier Ferry (Estevan Lodge, Jardins de Métis), trois cuisiniers qui « sortent des sentiers battus et créent une cuisine identitaire inspirée du territoire ».

Chef.fe.s de brousse explore ainsi la mouvance, encore embryonnaire, d’une certaine révolution alimentaire québécoise portée à bout bras par les convictions d’hommes et de femmes qui croient en leur terroir bien au-delà de l’assiette. « Dans les films que j’ai réalisés précédemment, il y avait déjà une réflexion amorcée à propos de l’alimentation et du territoire, entre autres avec le court métrage Les sucriers qui se déroule dans deux petites cabanes à sucre traditionnelles, mentionne Nicolas Paquet. On parle beaucoup de manger local et des produits du terroir, mais j’avais le goût d’aller plus loin, de retrouver une fierté : à travers l’assiette, devenir une sorte de défenseur du territoire. »

S’approprier et raconter le terroir

Le documentariste souhaite partager dans l’espace public une réflexion à propos des produits qu’on consomme et de la place du chef en tant que défricheur et acteur de changements. « On a qu’à penser à l’organisme Manger notre Saint-Laurent, un regroupement de chercheurs et de chefs qui tentent de valoriser les produits du fleuve peu consommés, mais qui présentent un fort potentiel. Je voulais participer à ce mouvement-là puisque je suis conscient du travail investi pour créer des réseaux de producteurs et d’artisans afin de faire connaître les régions, tant aux visiteurs qu’à ceux qui y vivent. » À travers la vision de ces trois chefs, Nicolas Paquet a découvert un véritable laboratoire, notamment aux Jardins de Métis où on cueille et on teste les produits de la forêt afin d’en évaluer le potentiel et d’en dégager une panoplie de saveurs possibles.

Au-delà de certaines contraintes techniques, le réalisateur a constaté à quel point Colombe, Kim et Pierre-Olivier sont devenus des porte-paroles de leur région et des causes qu’ils ont à cœur. « Ils sont tous très sollicités : médias, organismes locaux, événements caritatifs… Je devais donc me faire discret pour leur permettre de faire ce qu’ils aiment le plus : cuisiner et apporter des nouveaux produits dans l’assiette. Ce côté très engagé m’a vraiment impressionné ! » Selon le cinéaste, les chefs doivent faire preuve d’ingéniosité pour être en mesure de se procurer certains produits. « Par exemple, Kim Côté, qui souhaitait avoir du chevreau de lait, a fait une entente directement avec un producteur et a aménagé son véhicule pour transporter lui-même les animaux à l’abattoir afin d’être en mesure d’en servir à sa table. Ça dépasse largement les tâches quotidiennes d’un chef. »

Nicolas Paquet se dit en outre comblé par la réception de son film. « Je suis surpris de constater à quel point le public a envie de participer à ce mouvement dans son coin de pays. Bien au-delà d’une simple mode, on passe maintenant à l’action pour créer une véritable révolution culinaire. »

(Photo affiche fournie par Communications Mingotwo et crédit photo principale : F. Gamache)

Renseignements : Chef.fe.s de brousse

À lire aussi !




PROPOSEZ UNE
NOUVELLE !


© HRI 2012-2019
Tous droits réservés.

HRImag est un média francophone (site Web et magazine papier) qui offre de l'information de pointe sur l'industrie des HRI (hôtels, restaurants et institutions.