Chambres hypoallergéniques : La prochaine grande tendance ?

12 juin 2018 - Par Pierre-Alain Belpaire

Les beaux jours sont de retour, les allergies aussi !

Alors que les éternuements, démangeaisons et autres maux de tête frappent des milliers de Québécois, l’industrie hôtelière de la province semble avoir pris un léger retard dans les réponses offertes aux clients incommodés (par rapport, notamment, à ce que l’on observe depuis quelques années déjà chez nos voisins du Sud).

Bien sûr, un nombre croissant d’établissements investissent dans des purificateurs d’air, proposent des literies de coton ou remplacent les tapis par des parquets. Mais ces actions, si elles sont à saluer, sont encore peu nombreuses et souffrent surtout d’un manque de visibilité. On est loin, très loin, du mouvement observé dans l’industrie de la restauration pour contrer les allergies alimentaires. (voir notre dossier : Pour des menus pleins de bons "sans")

L’une des raisons de ce retard serait à rechercher dans l’absence de certifications en la matière. « Disposer d’une certification reconnue, cela implique disposer d’un cadre précis, de procédures clairement établies, de procédés fixes et connus de tous, explique Natacha Gaucher, enseignante à Mérici Collégial Privé. Avec un cadre plus clair viennent également des formations plus pointues pour les professionnels et des campagnes d’informations à destination du grand public. Bref, tout le monde serait gagnant. »

« Pas un hôpital ! »

En attendant cette certification qu’elle appelle de ses vœux, la spécialiste des questions d’hygiène, de salubrité et de contrôle des allergènes rappelle que les hôteliers québécois ont tout intérêt à se pencher, dès aujourd’hui, sur cet important dossier. « L’offre de chambres et de services à destination de clients allergiques pourrait bien être l’une des grandes tendances des prochaines années. Autant s’y prendre dès maintenant... », souffle Natacha Gaucher.

Les frais engendrés par l’aménagement de chambres hypoallergéniques pourraient freiner plus d’un propriétaire. Pourtant, les coûts des travaux pourraient s’avérer étonnamment bas, notamment dans le cas d’établissements récemment construits ou rénovés selon des normes modernes. « Rien ne vous oblige par ailleurs à adapter tout l’hôtel, poursuit Natacha Gaucher. Vous pouvez parfaitement cibler une aile ou un étage. Et n’oubliez pas que l’objectif n’est pas de se transformer en hôpital ! », souligne-t-elle, rappelant à maintes reprises que « le risque zéro n’existe pas et n’existera jamais ».

Chambres aménagées, tarifs adaptés ?

Aux Etats-Unis, les chambres hypoallergéniques se multiplient depuis une dizaine d’années. Et certains établissements n’hésitent pas à revoir à la hausse le prix exigé pour une nuit dans ces espaces spécifiquement aménagés.

« Un client diagnostiqué, qui connaît et subit ses allergies, sera sans doute prêt à payer un léger supplément. Mais est-ce justifié ? Est-ce justifiable ? », s’interroge Natacha Gaucher.

Le débat est lancé...
 
 
(Photo prétexte. Crédit photo : pixabay)

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