Calories au menu : la loi américaine, une première ?

15 mai 2018 - Par Alexandra Duchaine

Aux États-Unis, les grandes chaînes de restaurants qui comptent au moins 20 adresses devront afficher les calories sur leurs menus. La loi fédérale, proposée par l’administration Obama en 2010, est entrée en vigueur la semaine dernière. HRImag a discuté avec le vice-président des affaires fédérales et québécoises de l’association Restaurants Canada, David Lefevbre, au sujet de celle-ci.

HRImag : Est-elle une première en Amérique du Nord ?
Pas du tout. Certains Américains pouvaient déjà prendre des décisions éclairées au restaurant. Les New-Yorkais, par exemple, ont la possibilité de consulter les calories dans les établissements des grandes chaînes, et ce, depuis 2006. Les Ontariens peuvent le faire depuis le premier janvier 2017, date à laquelle le Making Healthier Choices Act a été mis en place.

La loi américaine est-elle semblable à la loi ontarienne ?
La loi américaine est à quelques détails près identique à celle de la province voisine : elle ne s’adresse qu’aux entreprises regroupant 20 établissements et plus, les McDonald’s et Tim Hortons de ce monde, et ne s’applique qu’aux items proposés dans leurs menus réguliers. Les consommateurs ignorent l’apport nutritionnel des plats du jour et des créations saisonnières.

Dans la province comme dans l’état voisin, l’apport énergétique doit être indiqué partout : sur les menus, les tableaux, les écrans, les buffets, mais aussi sur le site internet du commerçant, comme sur ses applications et ses dépliants.

En Ontario comme aux États-Unis, les plus petits propriétaires sont épargnés. Rendre disponible l’apport énergétique de leurs produits est coûteux et exigeant. Les forcer à le faire pourrait les mettre à risque, alors qu’ils manquent la plupart du temps de main-d’œuvre et génèrent peu de revenus.

Les entrepreneurs doivent déterminer combien de calories contiennent les items. Ils doivent ensuite modifier toutes leurs cartes et tous leurs affichages, même ceux placés à l’extérieur, au service à l’auto… Ça revient cher.

Comment compte-t-on les calories ?
Seulement deux manières sont approuvées par Santé Canada. Les restaurateurs ont le choix d’additionner l’apport énergétique de tous les ingrédients qu’ils incorporent à leurs recettes ou de réclamer une analyse chimique des plats passés au mélangeur. Peu de petits restaurateurs peuvent se tourner vers la seconde option, moins abordable.

Le but des lois américaines et ontariennes, c’est bien sûr de prévenir l’obésité ?
C’est d’éveiller les consciences et de favoriser l’adoption de saines habitudes de consommation, pour lutter contre l’obésité, le diabète et les maladies du cœur.

Sauf que rapidement les consommateurs se rendent compte que connaître les calories, ça ne veut pas forcément dire bien manger. Il faut mettre au jour le gras, le sucre, etc. Mais il faut aussi tracer une limite, un menu de deux pages peut finir par en faire 20.

Est-ce que d’autres provinces canadiennes ont légiféré comme l’Ontario ?
La Colombie-Britannique a son Informed Dining, un programme volontaire qui s’adresse aux restaurateurs. Les propriétaires ne sont pas contraints de mettre au jour l’apport énergétique, ils ont le choix de le faire ou non. Restaurants Canada à participer à sa mise en place et tentait de l’étendre à l’ensemble du pays, mais nous nous sommes cognés aux différentes volontés des provinces.

Restaurants Canada est un regroupement de restaurateurs qui rassemble plus de 80 000 adresses et plus d’un million de travailleurs à travers le pays.

(Crédit photo : Financial Post)

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