CHU Ste-Justine : Personnaliser son plat de pâtes depuis son lit d’hôpital

12 février 2018 - Par Katherine Boisvert

Permettre à des enfants malades de manger le plat de leur choix, à l’heure qui leur convient : un virage effectué dès 2016 par le CHU Sainte-Justine qui évite le gaspillage et augmente le niveau de satisfaction des patients. Et qui, espérons-le, fera des petits.

« Ce que l’on offre, c’est un service comme au restaurant : le patient a son menu dans la chambre et tout se prépare de manière personnalisée. On a un bar à pâtes, un bar à pizza, à sandwich, à sauté... », décrit Josée Lavoie, chef de service diététique au CHU Sainte-Justine. Et même si le patient choisit ce qu’il veut, le service alimentaire aux chambres Délipapilles respecte la politique alimentaire de l’établissement et les restrictions des patients. « On ne peut pas faire une pizza toute garnie avec du pepperoni, il n’y en a pas ici », explique la chef de service. Elle précise que le rôle de la technicienne sera, notamment, de guider le patient dans ses choix de menus, tout en respectant sa diète.

Des rénovations… à Délipapilles

L’idée de Délipapilles remonte à 2012, alors que le CHU Sainte-Justine prévoyait des rénovations majeures, dont la refonte des cuisines qui dataient de 1954. Ces changements ont amené Sainte-Justine à revoir son offre de service alimentaire.

« On a fait des visites d’établissements partout au Canada et le service aux chambres nous a semblé l’avenue la plus intéressante, explique Josée Lavoie. Quand tu es hospitalisé, tu perds le contrôle de tout. Le service à la chambre amenait un certain contrôle au patient. Et c’était un souhait important, c’était un volet humaniste que la direction trouvait très intéressant pour l’établissement. »

Diminuer le gaspillage

Avant de développer Délipapilles, Josée Lavoie et son équipe ont fait des analyses de retour de plateaux et ont constaté que 25 % des assiettes revenaient en cuisine sans avoir été touchées. « Pour nous, c’était malheureux, car on devait nourrir des gens et ils ne mangeaient pas, souffle la chef de service. Maintenant, on a refait l’analyse et c’est 5 % de tout le plateau qui est jeté, c’est très peu. Et il est souvent question d’un fond d’assiette, ou d’un reste de lait. Ce 5 %, on va pouvoir l’améliorer le jour où tous nos patients vont pouvoir choisir. »

Les cuisiniers du CHU Sainte-Justine travaillent aujourd’hui comme leurs confrères du milieu de la restauration et de l’hôtellerie, plutôt qu’à la chaîne. « Est-ce que c’est plus difficile pour nous d’avoir tout le temps quatre types de sauces, trois types de pâtes, les protéines à part ? Non, ce n’est pas plus difficile, affirme Josée Lavoie. Au final, on a réalisé qu’un même aliment pouvait servir à plusieurs mets. Je crois que c’est à ce niveau-là qu’on est innovant. »

Le virage alimentaire entrepris par le CHU Sainte-Justine a eu l’effet d’un raz-de-marée pour l’équipe des services alimentaires. « Ça nous a amenés à restructurer le travail de nos équipes, les horaires de travail ont changé, les cuisiniers ont également dû s’adapter pour préparer des plats à la carte. Ça n’a pas été facile pour tout le monde, reconnaît Josée Lavoie. Mais ce que l’on souhaitait, c’était le bien-être des patients. »

Et cela semble être réellement le cas, puisque selon l’équipe de Délipapilles, 97 % des patients sont satisfaits des services alimentaires. « On est loin des 60 % d’avant », se félicite la chef du service diététique.

Gala DUX

Récompensée au Gala Dux dans la catégorie Institutions, l’initiative de Sainte-Justine a également été nommée Coup de cœur du jury — Catégorie Projets. En novembre dernier, Délipapilles avait aussi remporté le Prix Innovation 2017 de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec. « Ces prix-là font parler de nous et ça, c’est positif pour les patients. Ça peut amener les dirigeants d’autres établissements à instaurer un service semblable », se félicite Josée Lavoie.

(Sur la photo : l’équipe de Délipapilles, Amélie Boulet, Josée Lavoie, Jany Dumont, Janick Lapierre, Annie Dodier-Desroches, Lucie Poulin et Isabelle leblanc. Crédit photo : CHU Sainte Justine.)

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