CFP Jacques-Rousseau : Une nouvelle école hôtelière sort de terre

24 octobre 2018 - Par Pierre-Alain Belpaire

Créé voici 44 ans, le CFP Jacques-Rousseau s’apprête à vivre des semaines particulièrement exaltantes. Cet hiver, l’établissement de Longueuil quittera en effet les murs qui l’hébergent depuis plusieurs décennies, entre le chemin de Chambly et les rues Saint-André et Saint-Laurent-Est, pour atterrir quelque six kilomètres plus au sud, entre le marché public et l’aéroport de Saint-Hubert. Le Centre de formation professionnelle s’y installera au cœur d’un bâtiment flambant neuf dans lequel 15,5 millions de dollars ont été investis.

« Il était temps, souffle Nancy Brisson, directrice du CFP. Nos locaux actuels nous ont rendu bien des services mais ils ne correspondaient plus à nos besoins. Ils devenaient vétustes. Le fait de partager le bâtiment avec une école secondaire ne facilitait pas vraiment les choses. Nos réalités étaient différentes, voire opposées. Grâce à ce projet développé en tenant compte des spécificités des secteurs de l’hôtellerie et de la restauration, j’ai bon espoir que bien des choses seront simplifiées, comme l’approvisionnement par exemple. »

En plus d’un nouvel écrin et d’une nouvelle identité visuelle, le CFP changera également de nom début 2019 pour être officiellement rebaptisé École Hôtelière de la Montérégie. « Avec ce titre, on insiste sur nos forces et on s’offre un ancrage local », analyse la directrice, cachant difficilement sa joie… et une certaine nervosité.

Contemporain, lumineux, industriel

Un tel déménagement ne s’improvise évidemment pas. Voici bientôt 15 ans que le projet a vu le jour. L’idée d’agrandir et de rénover les locaux actuels fut rapidement écartée, en raison, une fois encore, de la cohabitation avec l’école secondaire. Le transfert dans d’autres lieux apparut plus simple. Et largement plus avantageux.

Les équipes du CFP ont visité plusieurs autres établissements scolaires de la province, de Jonquière à Québec, de Sainte-Adèle à Chicoutimi. Grâce à la collaboration passionnée de plusieurs enseignants, la liste des priorités a rapidement été dressée. « Le sujet le plus bouillant, le plus complexe, c’était sans doute l’aménagement des cuisines, se souvient Andrée Castegnier, architecte et chargée de projet pour la Commission scolaire Marie-Victorin. Il y eut rapidement un consensus autour de l’idée d’un restaurant qui soit ouvert sur l’extérieur et dans lequel élèves et professeurs pourraient pratiquer. Nous avons évidemment dû tenir compte de divers aspects pratiques, comme la réception et le stock des denrées ou le respect de la chaîne du froid. Cette première étape fut très pragmatique, mais indispensable. »

La première pierre de la nouvelle école hôtelière fut posée en août 2017. Sur ce terrain légèrement excentré et dans un quartier encore épargné par les imposantes et denses constructions, les architectes ont imaginé un bâtiment contemporain, fait principalement de verre et de métal et construit autour de deux axes qui se croisent. L’espace public est particulièrement lumineux et coloré, tandis que les cuisines sont dotées d’un caractère plus industriel. « L’un des principaux défis, ce fut la proximité de l’aéroport, note Andrée Castegnier. Il a notamment fallu concevoir un bâtiment relativement plat, assez discret, et intégrer les salles mécaniques à l’intérieur des murs et non sur le toit. »

Nouveaux locaux, mêmes programmes

Si la première ébauche du projet prévoyait une capacité de 800 à 900 étudiants, celle-ci dut finalement être revue à la baisse pour tourner autour des 600 places, soit le nombre d’élèves qu’accueille déjà aujourd’hui le CFP Jacques-Rousseau. « On aurait aimé davantage, c’est sûr, mais il a fallu être raisonnable, souligne Nancy Brisson. Avec une telle capacité, nous allons offrir les mêmes programmes. La seule grande différence concernera la boulangerie, qui sera désormais offerte en cours de jour et qui disposera de ses propres locaux et ne devra plus s’inviter dans ceux de la pâtisserie. »

Le 15 décembre prochain, les élèves et le personnel de l’établissement (environ 70 employés, dont 40 professeurs) diront donc adieu au CFP et reprendront les cours, fin janvier, dans la pimpante École Hôtelière de la Montérégie. Entre temps, le contenu des bureaux aura été transféré, tout comme bon nombre d’équipements. « Certains nouveaux outils ont été achetés mais nous n’avions pas le budget pour repartir entièrement à neuf, intervient Andrée Castegnier. Nous aurons à peine un petit mois pour effectuer le déménagement. Ce sera toute une aventure. »

« Les premières journées permettront à tout le monde de découvrir ce nouvel environnement, rebondit la directrice. Cette école, on l’a imaginée principalement pour nos élèves, pour leur offrir un environnement adéquat et favoriser leur réussite. Je pense qu’ils ont hâte. Mais sans doute pas autant que nos enseignants... »
 
 
Les chiffres révélés récemment par le HRImag sur la diminution du nombre d’étudiants dans les écoles hôtelières de la province ne semblent guère inquiéter la directrice de la future École Hôtelière de la Montérégie. « Ce sont des cycles, ce n’est pas la première fois que cela arrive, estime-t-elle. Je suis par exemple convaincue que notre nouvelle école va attirer l’attention d’étudiants potentiels, nous aider en termes d’inscriptions. » Pour juguler la pénurie d’étudiants, Nancy Brisson souligne, comme bien d’autres avant elle, qu’il faudra convaincre les employeurs de l’importance du diplôme. « Peut-être que nous, les écoles, devrions également en faire plus, en proposant plus de formations courtes ou en travaillant davantage sur le terrain, aux côtés de l’industrie. On doit se serrer les coudes pour remonter la pente. »

(Crédit photo : Photos fournies par la Commission scolaire Marie-Victorin)

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